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« La forme noire ▬ Caym »
Bell ;

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Le blond s'étira. D'un rapide mouvement, il plaça sa main perpendiculairement au niveau du front pour épargner ses yeux des rayons de soleil. Il se pencha légèrement, le sourire aux lèvres, puis tourna les talons pour faire face à ses deux compagnons.

«Soldats, votre malheur prend fin. Nous ne sommes plus qu'à une vingtaine de minutes de Manel, si ce n'est moins. Une fois sur place, nous n'aurons qu'à rencontrer l'échevin, ou n'importe quel bougre s'occupant des affaires du village. Evi, tu m'accompagneras pour régler nos affaires tandis que toi, Olof, tu iras déposer nos affaires à l'auberge.»

Leurs bottes claquèrent à l'unisson.

«Bien, mon général.»

Il frappa dans ses mains. Même si le temps s'était rafraîchi depuis plusieurs semaines, les faisceaux de lumières, eux, se réfléchissaient tout autant sur la panoplie dorée que sur une neige d'été.

«Tant de fougue à l'approche du crépuscule. Vous m'impressionnez.»

Leur position ne changea pas. Les deux Algiz, une fine femme aux cheveux roux et un grand barbu de deux mètres, restèrent droits dans leur salut. Le général fit signe de rompre et, maintenant tourné vers le hameau côtier, entama la tête de file.

♦    ♦    ♦

«Tavernier, une autre !»

Bell lâcha un petit rire amusé.

«Ivre, mon brave Olof, tu perds toute crédibilité, mais sache que j'aime cette honnêteté qui est la tienne. Maintenant, prend ta pinte et dresse tes oreilles, je vais te conter le résultat de notre discussion avec l'échevin.»

Evi, toujours courtoise, versa un peu d'alcool dans la coupe du général. Portant le breuvage à ses lèvres, l'homme fit glisser une petite carte jusqu'à la place du géant, et posa son index sur une petite marque rouge.

«C'est ici que le premier fermier a disparu. Comme je le soupçonnais, ce n'est ni le travail de voleurs de bétail, ni l'oeuvre d'animaux sauvages. Le village a affaire à une nouvelle engeance de La Malice, dite la forme noire, comme on l'appelle dans les environs. Ces gens s'en remettent à un châtiment divin, quand nous, personnes éduquées, savons la réalité des choses : une créature s'est installée dans les parages et se repaît des malheureux qui se perdent près de sa tanière.»

Le grand gaillard fronça les sourcils un moment, puis leva fébrilement la main.

«Parle.»

«Ce n'est qu'un monstre, mon général. Je pourrais fort bien m'en occuper moi-même pour que vous n’ayez à lever le petit doigt.»

«Oh ?» Le blond esquissa un sourire carnassier. «J'apprécie l'attention, mon brave Olof, mais sache que ta place n'est pas celle d'un agent, mais celle d'un Algiz combattant à mes côtés. Et puis, pense-donc à Evi : que ressentirait-elle si tu raflais tous les honneurs ? Point d'égoïsme dans ma troupe, mon cher. Nous nous occuperons de cette menace les mains jointes.»

Il tourna la tête vers la jeune femme qui, jusqu'ici, demeurait silencieuse.

«Evi ?»

«Oui, mon général. Pour ta gouverne, Olof, la créature en est à sa douzième victime. Nous n'avons aucune information sur ce monstre, et d'après les évaluations du général, il serait même plus prudent d'engager une quatrième personne pour s'occuper du problème.»

Le géant déglutit.

«Pardonnez mon impolitesse. Si le général le dit, alors je n'ai rien à ajouter.»

«Lève la tête, mon garçon. Tu n'as rien à te reprocher, si ce n'est toute cette énergie que tu as à revendre. Tavernier ? Servez-donc une autre pinte à notre courageux soldat.»

Le blond laissa vagabonder un moment son regard dans la salle. Même si le village côtier était, par définition, assez éloigné de la civilisation Algiz, il n'en demeurait pas moins peuplé de nombre de voyageurs.

«Evi, ma belle. Comme convenu, trouve-moi un mercenaire à l'allure fiable.»

La jeune Algiz décolla de sa chaise et, sans se faire prier, se faufila entre les tables jusqu'à la porte de l'auberge. Bell croisa les jambes, la joue affalée contre sa paume : la recherche n'allait pas se faire en une heure, mais il trouverait bien de quoi s'occuper pendant ce temps.
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Caym ;

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La forme noire

Tout en observant les lieux, Caym se faisait le plus discret possible. Une mission qui normalement aurait dû le conduire au désert de Kiréïde pour neutraliser un dangereux criminel l’avait amené jusque sur les terres d’Ilmyde. A vrai dire, le mercenaire avait beaucoup hésité avant de poursuivre son travail qu’il considérait comme perdu à l’instant même où l’assassin avait fui mais bien vite il pensait aux nombreux Algiz qui pourrait croiser son chemin, aux problèmes que ce bandit pourrait causer et surtout aux blessés que tout cela aurait pu impliquer. Il prit donc la seule décision qui lui semblait juste et décida de poursuivre son ennemi, en faisant particulièrement attention de ne pas se faire repérer par les nombreuses patrouilles qui surveillaient les frontières. Bien que Caym n’avait aucune hostilité envers les habitants d’Ilmyde, la situation entre les deux pays étaient assez tendu pour qu’une simple intrusion se termine en exécution pure et simple, surtout lorsque l’on connaissait la puissance de combat de ce peuple guerrier. Le mercenaire était assez admiratif de la force de ces gens et il les enviait même par moment. Lui qui était un bâtard des deux races, rien pourtant ne le rapprochait de la puissance des Loups d’Ilmyde, la nature de son père qu’il perdit en lui donnant la vie.

Rapide et furtif, Caym mis une petite heure avant de retrouver sa cible et de l’achever, un choix qui bien que douloureux était plus que raisonnable vu qu’il était en territoire ennemi. Il ne pouvait se permettre de le capturer et de le ramener avec lui en toute discrétion. Il était toujours plus simple de voyager seul qu’accompagné. C’est alors qu’il retira sa lance du cadavre encore chaud que le Kiréïdien comprit qu’il avait été repéré. Le soleil commençait à se coucher mais un grand oiseau était encore visible dans le ciel crépusculaire. Il n’en fallait pas plus au guerrier pour comprendre qu’un Algiz volait au-dessus de lui. Très mauvais pour lui, il avait fallu qu’un céleste le trouve. Un terrestre aurait au moins été plus simple à gérer pour lui. La situation était tendue, bien qu’il ne se trouvait pas loin de la frontière de son pays, il n’aurait jamais le temps de la traverser à temps et si l’Algiz désirait rameuter d’autres soldats, ils arriveraient bien assez vite pour le dépecer avant même qu’il n’ait parcouru la moitié du chemin. Le soldat ennemi, toutefois, semblait vouloir se battre car il semblait se rapprocher de plus en plus avant de plonger purement et simplement vers lui. Caym n’avait pas beaucoup d’options et il aurait préféré éviter se battre inutilement dans un territoire dans lequel il n’avait absolument rien à faire. Il se prépara donc, avec sa lance, à parer ses serres ou son bec, peu importe ce que l’ennemi avait décidé d’utiliser pour attaquer. S’il s’en sortait assez bien, il pouvait mettre son ennemi au sol et l’assommer pour fuir. Si les choses se passaient plus mal… Du sang aurait coulé. Quant à savoir lequel, seul le talent aurait pu décider. Toutefois, l’oiseau géant se posa an sol et se métamorphosa en humain juste devant lui. La jeune femme était à une distance raisonnable de lui, autant pour ne pas se prendre un coup que pour prouver que ses intentions n’étaient pas hostile. Le mercenaire préféra ne pas bouger et attendre, espérant pouvoir s’en tirer avec une simple explication. "Que faites-vous ici, Humain ?" Un ton de voix qui ne montrait aucune animosité. Peut-être un peu de méfiance, tout au plus. Ce qui était totalement normal."Pardonnez mon intrusion sur vos terres, je suis un mercenaire et j'étais en chasse d'un assassin qui voulait se réfugier en Ilmyde. Ne désirant pas qu'il puisse tuer d'Algiz, j'ai jugé préférable de le poursuivre jusqu'ici pour régler le problème avant de partir." Il montra de la main le cadavre qui gisait un peu plus loin comme preuve à ses dires. Les vêtements du tueur en série montrait clairement qu'il venait de Kiréïde, il n'y avait donc que peu de chance pour qu'elle puisse le prendre pour un Algiz. Maintenant, il fallait attendre le verdict.


La nuit était tombée lorsque Caym et sa nouvelle camarade de route atteignirent le village dont cette dernière parlait. Jamais le Kiréïdien ne se serait attendu à cela. Evi cherchait, de la part d'un général de l'armée d'Ilmyde, un mercenaire pour participer à une chasse au monstre. Une offre que le jeune homme n'avait pas refusé, autant pour le travail que pour l'occasion de voir les terres où son père avait grandi sans souci. Bien sûr, le guerrier avait dû dissimuler au mieux ses armes pour ne pas trop attirer l'attention. Ainsi, il avait, avec l'aide de l'Algiz, entouré sa lance et son épée d'un épais tissu pour leur donner l'aspect de lourds bagages, rien de plus. C'était sans doute le camouflage le plus plausible, bien qu'il n'était pas réellement des plus discrets. L'improbable duo arriva devant une auberge lorsque la céleste se tourna pour observer Caym. "Je vais prévenir le général. Vous, essayez de vous faire le plus discret possible et attendez simplement que l'un de nous viennent vous voir." Alors qu'elle entrait dans l'établissement, Caym alla se poster contre un puits se trouva vers l'arrière du bâtiment, puis fit son possible pour attirer le moins l'attention possible. Toutefois, il ne pouvait s'empêcher d'observer les environs avec un certain plaisir qui se traduisit par un sourire sur ses lèvres, un fait particulièrement rare et dont il n'était même pas réellement conscient. Il était sur les terres de son père. Peut-être qu'un jour, Humain et Algiz pourraient finalement finir par se côtoyer sans difficulté.



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«Eh bien, eh bien.»

L'homme s'approcha à pas feutrés sans guère plus d'introduction. Il se plaça à un mètre du mercenaire, ni plus ni moins, et fit signe à Olof de surveiller les environs. Les bras croisés, l'Algiz céleste le talonnant, il se racla la gorge.

«Vous, mon garçon, êtes un individu fort téméraire. Vous traversez la frontière, abattez un homme de Kireïde sur nos terres, et acceptez un contrat à mon service pour Grayling sait quelle raison. Voyez-vous, j'ai songé à de l'espionnage, mais qu'on se le dise, il n'y a à observer en ces lieux que champs et chaumières, et si votre mission avait pour intérêt de recenser les fermiers des environs, alors je n'aurai rien à craindre de vous. J'en déduis donc que vous êtes un simple mercenaire, pour qui la fin justifie les moyens, avec moult motivations concrètes et personnelles, sans vraiment vous soucier des rixes entre royaumes. C'est parfait, car je me sens davantage d'humeur protectrice qu'inquisitive, ces temps-ci, et Evi vous l'aura probablement expliqué : il y a une place vacante dans mon groupe de chasseurs de monstres.»

Le général plissa les yeux.

«Discutons tarifs. Votre mission, si tenté que vous l'acceptiez, sera d'assister mon groupe dans l'extermination d'une engeance de la Malice, et n'ayant point le temps de vérifier vos aptitudes, je vous laisse le bénéfice du doute quant à celles-ci. Soit, dites-moi votre prix, fusse-t-il déraisonnable, et nous nous arrangerons : prenez toutefois en compte le fait que, autant par bonté que par nécessité, je tolère votre présence sur ces terres ; et que ce privilège, pour un humain, vaut tout l'or du monde.»

Deux secondes passèrent, et Olof fit irruption avant même que le mercenaire puisse répondre.

«Mon général ! Les villageois ont remarqué de l'agitation, à une lieue de l'endroit du dernier meurtre. Le bétail a peur, les enfants sont agités. Ils pensent à la forme noire. Que faisons-nous ?»

Le blond haussa un sourcil. Il s'attendait bien à ce que les attaques reprennent, mais pas aussi rapidement. Il s'était cependant préparé à toute éventualité et, comme toujours, avait déjà un plan en tête.

Il tourna la tête vers le jeune homme.

«Il semblerait que nous n’ayons point de temps à perdre. Réglons-ça rapidement : dites-moi ce que vous voulez, et j'aviserais. Si j'accepte, vous serez directement placé sous mon commandement et répondrez à mes ordres. Nous partirons alors immédiatement chasser la créature.»

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La forme noire

L’attente fut de courte durée. Le fameux général fit son apparition et se planta devant lui, le regard inquisiteur. L’Algiz était assez grand et imposant, tout ce que l’on pouvait imaginer d’un grand guerrier. Quelle pouvait bien être sa transformation animale ? Tigre, ours, faucon ? Caym n’en avait aucune idée, mais la curiosité s’empara de lui. Pour les quelques rares affrontement qu’il avait eu avec les représentants de la race Algiz, il savait que ces fiers combattants étaient de grands guerriers, capable de véritables prouesses. Mais le temps n’était pas à l’observation, loin de là. Le haut placé de l’armée exposa la situation. C’est en l’écoutant que Caym comprit à quel point il n’était pas passé loin d’un véritable drame, à s’aventurer sans aucune autorisation sur les terres d’Ilmyde. Il était très difficile de pénétrer sur les terres Algiz, hormis sur invitation d’un de ces derniers ou sur autorisation spéciale du clan Ravus. La question de la rémunération semblait étrangement libre aux yeux du mercenaire, habitué à être payé bien moins qu’il ne le méritait et à se battre continuellement pour gagner quelques pièces supplémentaire. Etait-il si désireux de trouver un dernier membre pour sa chasse, ou la mission était-elle plus dure que ce qu’aurait pensé le jeune homme ? Alors qu’il allait répondre, le deuxième soldat les avertit de la menace imminente qui s’annonçait. Ils devaient agir vite, Caym n’aurait sans doute pas l’opportunité de négocier comme il le souhaitait sa rémunération. Des vies étaient en jeu, il n’acceptait pas l’idée de causer des morts à cause d’une question si futile que l’argent. "L’heure n’est pas réellement à la négociation. Laissez-moi affronter la créature à vos côtés, le paiement se fera selon l’usure de ma lame." Une réponse simple, honnête. Un peu trop, diraient certains. Mais il était ainsi, à penser aux autres plutôt qu’à lui. Car après tout, la situation différait d’un conflit armé entre deux nations. Non, c’était l’œuvre de la malice, cette entité immonde qui s’en prenait à tous sans distinction par le biais de ces horribles créatures. "Bien que cela ne vous parle peut-être pas, je manie la lance et l’épée. Je me débrouillerais au corps à corps sans problème." Un soldat brave et loyal. Il se saisit de son grand paquetage renfermant ses deux armes, prêt à suivre ses nouveaux camarades de mission dans ces terres encore inconnu à ses yeux.



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«Fort bien.»

La question réglée, Bell s'adressa directement à Evi qui, fidèle à elle-même, était restée silencieuse jusqu'ici. Elle se positionna quasi-instantanément, prête à recevoir les ordres de son supérieur. Olof, quant à lui, vint se dresser aux côtés de sa camarade, le visage sérieux.

«Rien ne change. Evi, décolle immédiatement pour voir ce qu'il en est. Il va sans dire que si tu es en mesure de sauver un civil, ne t'en prive pas, mais ne tente rien d'inconsidéré pour autant : nous aurons besoin de toi pour la suite des opérations. Je laisse ta marge de manœuvre à ton appréciation, mais ton principal objectif reste, avant tout, de nous communiquer la localisation de cette créature, si tenté qu'elle soit apparue.»

«Bien, mon général. J'y vais de suite.»

Et elle prit sa forme de faucon, battant fougueusement des ailes pour rejoindre le ciel assombri. Olof, lui, restait stoïque, et le général n'attendit pas une seule seconde de plus pour dispenser ses ordres. Il se frotta les mains, le regard empreint d'ardeur, et s'exclama.

«Soit ! Olof, humain, vous me suivrez à pied. A trois, nous pourrons établir notre périmètre de recherche sans trop nous éloigner les uns des autres. Tu disais à une lieue, c'est bien cela ? A l'ouest, donc. Nous sommes au sud, et les autres directions sont inhabitées : la créature compte probablement s'attaquer aux résidents de cette plantation. Vois-tu, Olof ? Celle que nous avions marqué sur la carte, plus tôt dans la soirée.»

«Oui, mon général. Assez réduite en taille, une seule chaumière, et plutôt isolée de Manel ?»

«Exact. Si c'est clair, alors mettons-nous en marche.»

♦    ♦    ♦

Le blond leva le poing, faisant signe de s'arrêter. Il plaça sa main au niveau de son front et, plissant les yeux, tenta de déceler la moindre anomalie dans le paysage. Malheureusement, il faisait bien trop sombre pour voir quoi que ce soit à plus de vingt mètres, et finalement, seules les lanternes grinçantes de la plantation semblaient apparentes dans l'obscurité.

«Je ne vois pas Evi, mon général.»

«Tant pis. Nous ferons sans elle. Olof, tu vas prendre la direction à ta droite et contourner les barrières, tandis que toi, l'humain, tu vas emprunter le chemin de gauche pour t'approcher du muret. Je vais me diriger, quant à moi, en direction de la cabane, là où la créature serait la plus susceptible d'être apparue. J'ose espérer que les nouvelles sont allées assez vite pour que les fermiers aient eu le temps de déguerpir, mais si ce n'est point le cas, parez-vous à toute éventualité. Prenez bien garde à rester à distance de vue, afin que l'un de nous puisse intervenir au cas où vous seriez attaqué : nous ne connaissons pas la nature du monstre auquel nous avons affaire, si ce n'est qu'elle pourrait être l'oeuvre de la Malice, alors ne tentez rien d'héroïque.»

Il frappa dans ses mains.

«En avant.»

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La forme noire

Le général d'Ilmyde était ce que Caym pouvait nommer un bon employeur. Il était concis, clair et ne se perdait nullement en informations stériles d'intérêts. C'était la différence entre les demandeurs de mercenaires particuliers et les militaires, ces derniers connaissaient bien assez l'art de la guerre et de la tenue de troupes pour savoir aller à l'essentiel. Le Kiréïdien se contenta d'acquiescer avant de suivre ses nouveaux compagnons, bagages sur l'épaule. Il attendrait que la nuit tombe avant de récupérer ses deux armes, afin d'éviter tout quiproquos avec quelconques passants, bien qu'il aurait été étonnant de croiser quiconque à une heure si avancée. L'épais manteau sombre s'était étendu à perte de vue lorsqu'ils arrivèrent à destination et en levant les yeux au ciel, Caym comprit qu'il s'était bien éloignée de chez lui. Les constellations en Ilmyde ne présentaient plus les mêmes repères qu'en Kiréïde, preuve même de l'avancée du mercenaire dans les terres Algiz. Il tenta ensuite de distinguer quelque chose dans la nuit sans réel succès, ce qui ne le rassura pas réellement. Affronter un monstre issu de la malice n'était jamais une chose aisée, mais de nuit, c'était presque encore pire. Est-ce que ses compagnons éprouvaient les mêmes inquiétudes ? A moins que leurs transformations animales ne puissent les aider à se repérer grâce à leurs autres sens, peut-être ? C'était un point qui était totalement inconnu du jeune soldat qui n'avait que trop peu fréquenté d'Algiz jusque là.

A la demande du général, Caym se dirigea sur la gauche, épée à la taille et lance à la main. Il arriva rapidement au muret désigné plus tôt et longea ce dernier, déposant son regard aussi loin que la nuit lui permettait. Il se devait d'être vigilant, il n'avait aucune idée d'où la menace pouvait survenir, si c'était lui qui allait devoir se défendre ou s'il lui faudrait rejoindre les guerriers Algiz au plus vite pour apporter son aide. Il se doutait bien qu'en cas de souci, sa condition d'humain ferait de lui le rempart permettant aux autres de fuir mais il était paré à cette éventualité et préparait déjà plusieurs possibilités de sorties au cas où les choses tourneraient mal. Il avait déjà dépassé la cabane lorsqu'un bruissement, léger, presque inaudible, lui parvint aux oreilles. Il se tourna alors et observa le mur du bâtiment, déjà trop loin pour qu'il puisse le distinguer nettement. Le général avait-il eu raison de penser que l'ennemi serait à l'intérieur ? Ou alors... Le jeune humain se rapprocha de l'origine du bruissement, prêt à se battre, lorsqu'il l'entendit à nouveau, plus distinctement cette fois-ci. La créature était là, enfin. Elle avait attendu que le groupe se soit dispersé pour se placer à l'entrée de la cabane. Elle désirait piéger la personne à l'intérieur. Caym allait devoir agir vite, et avant toute chose, avertir du danger, un danger que le général avait peut-être remarqué. "La forme noire est devant le cabanon ! Attention !" Un avertissement simple, hurlé assez fort pour que les deux soldats l'entendent. Quant à lui, il se précipita pour retourner à son point de départ et se battre, lui aussi.



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Déesse

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La malice apparaît


La malice est perfide, elle se cache, se déplace puis elle arbore la forme d'un être infâme. L'entité noirâtre a cette fois-ci emprunté l'allure d'un loup vif, d'une créature pourtant bien plus humanoïde que l'animal que tous peuvent se targuer de connaître. Il peut faire des bonds de quelques mètres, il possède la vision dans la pénombre la plus profonde mais aussi et surtout un odorat développé auquel vous devrez faire attention. La chair fraîche est son unique envie, le pourquoi de sa présence devant vous. Tenez-vous à distance de sa mâchoire acérée et de ses griffes métalliques... Informations ; Libre à vous de faire se déplacer le monstre comme vous l'entendez, aventuriers. Malgré tout, vous ne devez pas oublier une chose, vous aurez besoin de trois posts minimums pour espérer le voir vaincu. 


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Bell restait sur ses gardes. Il posa sa main sur la large porte en bois, patienta quelques secondes en pressant sa paume, et poussa lentement l'entrée pour se frayer un chemin. Il n'avait, jusqu'ici, pas perçu la moindre respiration, ni le moindre bruit qui pourrait l'alerter, mais demeurait, comme d'habitude, alerte et attentif. Il s'avança d'un pas, puis d'un deuxième, jusqu'à ce qu'il se retrouve au centre de la pièce, avec pour seul éclairage les rayons de lune qui traversaient la fenêtre.

«Général ?»

Il se retourna d'un coup, prêt à se transformer. Une forte odeur de sang se faisait sentir.

«Eh bien, ce n'est que toi, Evi. J'ai bien cru que j'allais te dévorer, toi, un de mes meilleurs subordonnés, car tu ne t'étais pas annoncée à temps. Une bien triste perte, si tu veux mon avis. Quoi qu'il en soit, que fais-tu ici ? Tu as des comptes à me rendre, que je sache.»

Il plaisait, s'était détendu, mais ses sens étaient en alerte. Il avait, tout comme son soldat, entendu les bruits de pas qui faisaient le tour de la cabane, et s'était instinctivement reculé pour faire face à la porte d'entrée. L'Algiz, elle, se posa droit devant son supérieur en guise de protection.

«Je pensais investiguer sur les lieux, mon général, mais la créature attendait en embuscade pour me piéger. Mon instinct m'a dit de ne pas sortir du cabanon, sous peine de me faire dévorer, alors j'ai patienté. Je savais que vous viendriez avec Olof, c'était, selon moi, la stratégie la plus adéquate.»

«Bien pensé, ma douce. Où sont les paysans ? Et quid des caractéristiques du monstre ?»

«Les misérables sont entassés près de la cheminée, ici même. Les deux n'ont pas eu le temps de fuir ; ils ont été lacérés et à moitié dévorés, un travail de barbare. Je n'ai pu, quant à moi, qu’apercevoir la forme de notre coupable, et il n'avait rien d'un Algiz. Son grognement, pourtant, s'apparente à celui d'un loup.»

«Fort bien, nous ferons av-..»

On gratta à la porte, de plus en plus frénétiquement. Si le général avait pris la peine de la refermer, il constata cependant très vite que la plaque en bois ne serait d'aucun secours contre le gabarit de la chose.

«Passe en arrière, Evi, je m'en occupe.»

«Bien, mon général.»

Bell se transforma. En quelques secondes, il prit la forme d'un énorme lion à la fourrure épaisse, les yeux n'ayant, pendant ce court laps de temps, pas une seule fois quitté la porte d'entrée. De son côté, la créature ne se fit pas prier. Elle enfonça littéralement la porte en bois et chargea jusqu'au duo de soldats.

Le croc de Valtac esquiva un premier coup de griffe, et constata avec surprise la stature du monstre. Il n'avait rien à envier au plus imposant des soldats Algiz, et sa vitesse, elle également, n'était pas à plaindre. Le général, doué de son expérience, parvint à faire s'échouer plusieurs coups mortels avant de lui-même refermer sa mâchoire autour du bras de l'imprudent.

Le monstre lui asséna une griffure, puis une deuxième, deux geste désespérés dans l'optique de lui faire lâcher son membre rongé jusqu'à l'os. A bout de souffle, le lion libéra enfin sa proie, qui, alertée par l'arrivée des deux autres soldats, considéra que sa position était bien trop désavantagée pour continuer le combat. Toutefois, à la surprise du comité, elle ne prit pas la fuite par une fenêtre ou la porte d'entrée, mais sauta plutôt de toute sa masse vers une trappe qui, bien cachée dans un coin de la salle, donnait tout son sens au meurtre incognito des paysans.

Bell profita du moment de répit pour reprendre forme humaine.

«Vous n'êtes pas blessé, général ?»

«Seulement des égratignures. Tu as bien fais de ne pas intervenir, ses crocs étaient aiguisés, et ses coups ; puissants comme jamais. Voilà un honorable adversaire que cette engeance de la Malice, et si je ne me trompe pas, elle compte profiter de son avantage dans les galeries pour nous faire tomber.»

L'humain et Olof arrivèrent finalement, l'un après l'autre. L'affrontement avait été court et intense, ils n'avaient pas pu arriver à temps pour se joindre au combat.

«Vous tombez à pic. J'ai mis en déroute le monstre, qui a pris la fuite par cette trappe. Il y a beaucoup de tunnels dans cette région, or ça ne m'étonnerait pas que sa tanière soit connectée à cette galerie. La créature est dangereuse, hors de question qu'elle commette plus de meurtres. Humain, étant muni de tes objets tranchants, tu es tout indiqué pour cette mission. Tu vas prendre la tête de file dans les souterrains, et si tu ne parviens pas toi-même à l'abattre, alors tu le feras suffisamment reculer pour que nous puissions l'affronter à plusieurs. Ces galeries ne sont point large, je le crains.»

Il tendit le bras, faisant signe au Kireïdien d'ouvrir la marche.

«Evi, tu resteras dans le ciel pour guetter les environs. Tu seras inutile, en bas. Quant à toi, Olof, tu fermeras la file pour que nous ne soyons pas pris au dépourvu.»

Les soldats saluèrent à l'unisson.
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Caym ;

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Pacifiste

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La forme noire

Le tumulte que l'on pouvait entendre à l'intérieur de la cahute laissait présager du pire. Comme de juste, la créature s'était introduite à l'intérieur pour tenter de se défaire des soldats dans une embuscade, un assaut éclair minimisant les risques. C'était sans compter la force du général Bell. Au travers d'une fenêtre, Caym aperçut sa transformation, un lion aussi dangereux que majestueux. Dans la précipitation, il ne prit pas le temps de plus le détailler et se rendit directement à la porte. Lorsqu'il arriva, tout était déjà fini, le calme assourdissant régnait en maître. Le lion, lui, avait repris forme humaine. Il n'avait à déplorer que quelques blessures qu'il nommait lui-même superficielle. Alors qu'il donnait ses instructions, Caym attendait, lance en main, que son rôle lui soit donné. Car en sa qualité de mercenaire, il n'était pas là pour penser, pour diriger, mais pour agir, conformément à ce qui lui était demandé. Et la demande n'était pas des plus évidente. Il devait ouvrir la marche dans un tunnel inconnu et sans doute étroit pour accueillir la créature et la faire reculer si besoin est. Presque une mission suicide. "Entendu. Ne vous serrez pas contre moi dans ce tunnel. Vous pourriez prendre un coup perdu." Il comptait utiliser sa lance pour asséner de nombreux coup d'estoc et faire reculer sa cible, il ne pouvait se permettre d'avoir une gêne derrière. La disposition des lieux lui empêcherait sûrement d'utiliser son épée tant qu'il n'aurait pas trouvé un espace assez large pour se faire.

Il s'engouffra à l'intérieur du tunnel dans lequel la température semblait être inférieur qu'à l'extérieur. L'humidité ambiante était presque lourde et l'air malsain. Caym ne pouvait voir à plus de quelques mètres devant lui, ce qui était largement insuffisant pour voir arriver l'ennemi de loin. Il se déplaça donc avec sa lance pointée vers l'avant, la large lame occupant une bonne partie de l'espace. Ainsi, il pourrait se débattre comme il le souhaitait. Ils marchèrent durant une bonne dizaine de minute lorsqu'un bruit se fit entendre. Un léger bruissement, suivi d'un cliquetis métallique. D'abord sporadique, ce martèlement devint soudain de plus en plus important. La forme noire arrivait pour finir son œuvre. Ce ne fut que l'affaire de quelques secondes, un court instant durant lequel la vision du mercenaire se voila. Il était juste devant lui, et ses griffes métalliques lui assurait assez de portée pour ne pas se mettre en danger contre l'arme du Kiréïdien. Ce dernier asséna un violent coup d'estoc vers l'avant et sentis le frottement si familier du fer contre la chair. Il l'avait touché, sans doute peu profondément, mais au moins il l'avait atteint. Cela ne découragea pas la créature qui tenta de le frapper de plus belle. Caym retira la lance avant de la charger de nouveau, touchant une nouvelle fois l'enfant de la Malice. Il sentit que cette fois-ci, sa lame était ancrée plus profondément, c'était juste ce qu'il lui fallait. S'il chargeait de toutes ses forces, il pourrait le faire reculer comme cela le lui avait été demandé. Avec un peu de chance, ils déboucheraient sur un espace plus grand, ou mieux encore, contre une des parois qui l'aiderait à achever le monstre. Avec de la malchance, sa lance n'était pas assez fermement planté dans la chair de son ennemi et il risquerait de s'exposer à une violente blessure. Quitte ou double. "Préparez-vous à me suivre en vitesse." Prenant un ferme appui sur ses jambes, il attendit patiemment que le monstre se débatte violemment, assez pour qu'il en perde l'équilibre. C'est lorsqu'il sentit une des griffes d'acier lui frôler la joue que Caym comprit qu'il pouvait agir. Agrippant son arme des deux mains, il poussa de toutes ses forces, profitant de inattention de la créature pour le faire reculer avec la lance. Il sentit que son arme bougeait entre ses poings, sans doute l'étrange loup qui tentait de se défaire de l'emprise du fer. Après une dizaine de secondes qui parurent comme une éternité, le soldat et le monstre débouchèrent dans une cavité assez grande pour permettre à dix hommes de se tenir dedans à l'intérieur sans être trop serré. Parfait. La visibilité était également bien meilleur, grâce à la présence d'une étrange mousse qui reflétait la lumière de la lune s'infiltrant par un large trou dans le plafond. C'est donc là qu'il vit parfaitement bien son adversaire pour la première fois. Et qu'il lui parut si affreux. Il lâcha la lance et se recula tout en dégainant son épée pendant que la créature parvenait à ôter l'arme qui était empalé dans sa patte antérieure depuis tout ce temps. Dommage que ce n'était pas sur un flanc, la blessure aurait été plus importante.



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«Beau travail.»

Le général balaya la cavité rocheuse du regard. Il n'y avait qu'une seule échappatoire, à gauche, sinon quelques crevasses trop petites pour laisser entrer un monstre de cette envergure. Sûrement un cadeau de Grayling, l'étrange végétation de la galerie réfléchissait assez la lumière pour qu'ils n'aient pas à s'inquiéter d'une embuscade.

Bell jeta un regard à Olof, qui ne perdit pas de temps. Celui-ci alla se placer à gauche du mercenaire, pas très loin de l'unique porte de sortie, tandis que le blond, longea le côté droit.

«Il est pris au piège. Encerclons-le et mettons un terme à ses méfaits.»

Sur ces mots, les deux Algiz reprirent leur forme originelle et vinrent se placer quelques pas en avant, de façon à ne laisser aucun itinéraire à la créature. Celle-ci semblait sur ses gardes, bien plus féroce que précédemment, et lâcha un puissant hurlement qui résonna dans le souterrain. Olof, alors devenu un énorme ours brun, grogna à son tour pour intimider l'ennemi.

Le simulacre de loup se mit en position d'attaque. Il se préparait à bondir quand, dans tout ce tumulte, un nouveau son se fit entendre. Un son beaucoup plus doux, moins agressif pour les oreilles, et surtout, un son d'humain. Des pleurs. Quand le général tourna ses grands yeux de fauve vers la crevasse la plus proche, il remarqua une petite fille, chétive et sale, logée entre deux pierres et à moitié cachée par l'obscurité.

Et un nouveau hurlement fit vibrer les parois.

Cette fois, ce n'était pas une sommation. La créature profita du manque d'attention du général pour se jeter dessus, prêt à l'éventrer. Olof eut peu de temps pour réagir, et tenta tant bien que mal d'asséner un coup de patte pour ralentir l'assaillant : le loup se fit déchirer la cuisse et tomba en avant, on entendit, dans un long grincement, ses énormes griffes métalliques racler la roche. Bell en profita pour se placer droit devant la crevasse, de façon à protéger l'enfant : si le son, en lui-même, était humain, tout indiquait que la petite était une Algiz apeurée, peut-être même la progéniture des victimes de la forme noire.

Le général gronda, et gardant ses distances, s'affaira toutefois à lacérer le visage de la créature. Il voulait avoir son attention. Celle-ci commença à se relever, la gueule écumante de rage, et fit claquer sa mâchoire, comme prête à dévorer l'impertinent qui osait l'humilier. C'est à ce moment que le lion, qui gardait un œil sur ses camarades, fit un petit bond en arrière et se rapprocha de la crevasse ; assez d'espace pour laisser une occasion au mercenaire de pourfendre le monstre.

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La forme noire

L'affrontement entre la forme noire et les Agliz laissa le mercenaire admiratif. Bien qu'il ait déjà vu des transformations d'Algiz, il avait rarement vu des ours, et encore moins un lion. Tout en restant attentif à la scène, le Kiréïdien détailla autant qu'il le pouvait Olof et Bell, ce dernier s'étant placé en tant que bouclier devant l'enfant qui gémissait. Comment cette dernière avait-elle pu se trouver là ? Était-elle la survivante d'un ancien assaut ? L'enfant d'un des couples disparus qui aurait réussi à survivre dans les tunnels ? La créature semblait être capable d'utiliser tous ses sens, comment la petite fille aurait-elle pu échapper à l'odorat de l'engeance de la Malice, à sa vue et à son ouïe ? Était-elle gardée par cette dernière en tant que repas de fortune ? Tant de questions qui n'avaient aucun sens dans l'esprit de Caym. Elles n'auraient, de toutes façons, jamais de réponses claire et précise. Car le grand lion avait réussi à occuper l'attention de l'étrange loup, mieux encore, il avait réussi à gagner assez de place pour lui permettre d'agir. Un rapide coup d'oeil au monstre fit comprendre à Caym que son endurance était impressionnante. Malgré ses nombreuses blessures, elle continuait de se mouvoir sans éprouver trop de difficulté et elle n'avait même pas l'air d'éprouver trop de fatigue. Il faudrait donc lui porter un coup fatal, radical. De quoi tuer tout être vivant.

Le soldat fit un arc de cercle sur le côté afin de se situer légèrement à l'arrière du monstre, pour garder sa nuque dans l'axe de son arme. Il comptait frapper vite et fort, mettre toute son énergie dans cette seule botte. L'humain empoigna un peu plus son épée, pris un meilleur appui, attendit un court instant que le monstre tente de porter une attaque au général et il s'élança. Deux pas d'élan avant de se projeter dans les airs, profitant ainsi de la puissance générée pour frapper plus fort encore. Il sentit au travers de ses doigts la lame trancher le pelage et s'enfoncer dans la chair, provoquant une réaction de friction qui fit frissonner le guerrier. Il n'avait pas assez enfoncé sa lame, provoquant ainsi un hurlement de douleur chez le monstre qui tenta de se retourner tant bien que mal. Sa peau était trop épaisse pour qu'il espère l'achever de cette façon, il ne lui restait donc qu'une solution. Retirant la lame de la chair, le guerrier pivota sur le côté pour laisser à la créature la place de se tourner vers lui. Puis, alors qu'elle hurla de rage, il enfonça son épée dans sa gueule ouverte, la plantant assez violemment pour la faire ressortir de l'autre extrémité du crâne. C'était enfin fini, le cadavre s'agitait de quelques spasmes post mortem avant de cesser de se mouvoir définitivement. Il ôta l'arme du fourreau naturel que lui offrait l'étrange loup et fixa le général et l'enfant derrière lui, sans aucune émotion sur son visage. Il venait de finir son travail et attendait désormais les ordres de son employeur, curieux de savoir quelles seraient ses réactions face à l'enfant en si piteux état.



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Le général reprit forme humaine. Il décrocha un bref regard au monstre vaincu dont la chair s'amenuisait à même le sol, comme si il s'évaporait dans un panache de brume noire propre à la Malice. Il se tourna finalement vers la cachette de la petite fille, une sorte de sourire réconfortant sur son visage.

«Comme tu le vois, c'est terminé. La créature a été vaincu. Tu n'as plus rien à craindre ; il n'y aura plus de meurtres, et tu peux revenir au village sans te soucier d'être attaquée.»

«C'est trop tard, Papa et Maman ont été mangés.»

Son expression était dure, résolue, mais quelques petites larmes trahirent sa douleur au coin de ses yeux. L'enfant s'extirpa toutefois de sa cachette, poisseuse à cause de l'atmosphère humide de la caverne. Elle se releva, frottant ses guenilles, et leva la tête pour croiser le regard du général.

«Tes parents habitaient là-haut ?»

«Oui. C'est grâce à eux que je n'ai pas été dévorée, ils m'ont permis de fuir dans la grotte et m'ont dis que quelqu'un viendrait me sauver..»

«Vraisemblablement, ils avaient raison. Je regrette toutefois de n'avoir pas pu porter secours à ton père et ta mère. Cependant, tu as été courageuse de te cacher jusqu'ici, et tu peux être fière de toi d'avoir survécu à cette épreuve. Comme je l'ai dis, nous te ramènerons au village, et nous trouverons quelqu'un pour s'occuper de toi. Si il n'y a personne, alors c'est l'armée d'Ilmyde qui s'en chargera, mais quoi qu'il en soit, tu ne seras plus jamais laissée seule.»

Le général manquait de tact, mais ses paroles étaient emplies d'honnêteté. Il attrapa la main de la petite fille entre ses doigts, et lui sourit de nouveau. Si son chagrin n'avait absolument pas disparu, elle semblait se sentir un peu plus en sécurité. Il regarda finalement le mercenaire, qui attendait toujours sa réaction.

«Du bon travail, humain. Si le premier coup, lui, manquait d'entrain, tu as su te reprendre et cueillir la vie de cette créature sans perdre de temps. J'ai bien fais de compter sur tes aptitudes. Le loup n'était pas si robuste, mais constatant sa vélocité et la puissance de ses coups, je peux comprendre qu'il ait fais couler le sang sur ces terres. Olof, va rejoindre Evi et patrouille afin de déterminer si il pourrait y avoir un deuxième loup de cet acabit qui terrorise les environs. J'attendrai votre rapport à Manel.»

Il plissa les yeux. L'Algiz Ours, hochant la tête, se dirigea d'un pas nonchalant vers la sortie.

«Toi, humain, j'aimerais savoir ton nom. Et qui plus est, tu m'accompagneras à Manel où nous discuterons de ton contrat. Il se pourrait qu'une deuxième cible apparaisse, donc je préférerais que tu ne t'éclipses pas pour le moment.»

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La forme noire

Caym observait en silence, notant la douleur parfaitement dissimulée de la petite Algiz, cette étrange forme d'abandon qu'il pouvait voir dans son regard. Il avait presque l'impression qu'elle n'était qu'une poupée, vide de tout et juste capable de se maintenir en vie. Rien que le fait qu'elle puisse tenir une conversation sans fondre en larme devait être particulièrement éprouvant pour elle. Et en continuant de la regarder, le Kiréïdien eut l'impression de la voir en surimpression, l'imaginant, heureuse, jouant dans le village, sous le regard bienveillant de ses parents. Des joies qu'elle ne connaitrait plus jamais. Et c'est alors que Bell prit la parole, des paroles que jamais Caym n'aurait imaginé entendre de sa part. Il la rassurait, tant bien que mal. Il lui faisait comprendre que même si les choses allaient au plus mal, elle trouverait un lieu où se réfugier, même s'il ne s'agissait pas de réconfort. Cela surpris le jeune homme qui avait l'habitude d'une réalité plus morbide et cruelle que celle-ci. Des enfants laissés orphelins, il en avait croisé une quantité que personne n'aurait envie d'énumérer. Mais lui les avaient tous retenu. Il en avait vu, au cours de sa courte vie, trente-deux. Trente-deux enfants dont les affres de la guerre ou de la vie avaient changé leurs vies à tout jamais. Des êtres vides, inexpressifs. De nombreux enfants s'étaient plongés dans un profond mutisme, d'autres pleuraient jusqu'à en tomber d'évanouissement. Certains, voulant montrer une certaine résolution, tentaient de faire comprendre que tout allait bien, alors que leurs visages même prouvaient l'inverse. Un s'était même tué, une fois. Et pour tous ces enfants, trop souvent la solution était la même.

Personne dans les environs ne pouvaient s'occuper d'eux, l'armée ne désiraient pas s'encombrer de futurs soldats psychologiquement détruits aussi jeune. Aussi l'acte de "charité" fréquent était de se débarrasser de ces derniers. Selon la personne qui s'en occupait, la méthode changeait. A l'époque où Caym était encore militaire, son supérieur demandait à ce qu'on tue les enfants pour leur éviter des souffrances inutiles. Ils étaient achevés rapidement, dans les pleurs et le sang. Les civils, eux, possédaient des méthodes moins radicales mais dont l'horreur n'avait rien à envier. Entre les abandonner dans des lieux désertiques et inconnus, les noyer où les laisser crever à même le sol, le choix était immense. Perdu dans ses pensées, le mercenaire tourna le regarrd vers le général lorsque ce dernier lui adressa la parole. Il chassa bien vite ces terribles images qu'il avait encore en tête, préférant largement se souvenir de cette trente-troisième enfant qu'un général Algiz sauva lui-même pour lui offrir une vie nouvelle. "Je suis Caym, Général Ilmydien. Juste Caym. Et c'est sans problème que j'accepte votre demande." Au vu de la situation, il serait resté de toutes façons un certain temps, malgré les risques encourus, pour s'assurer que tout danger était passé. Il récupéra sa lance sur le sol et se mit en marche derrière Bell et la jeune fille, heureux de pouvoir être le témoin d'une scène qu'il pensait si improbable. Il était tellement absorbé par ce qu'il voyait qu'il n'avait pas remarqué que son armure avait été abîmé par la créature. Il ne se doutait pas qu'il son secret, sa damnation était à deux doigts d'être à la vue de ce lion si puissant et sauvage. Comment réagirait-il face à un Marqué ?



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Le général haussa un sourcil. Il fit silence un moment, les yeux dans la vague, mais récupéra toute de même le regard de l'humain après quelques secondes. Ci-fait, il hocha la tête en guise d'acquiescement et tourna les talons.

«Très bien. Allons-y, alors.»

♦    ♦    ♦

Bell s'installa. Contrairement à la fois précédente, il avait, cette fois, décidé de s'installer dans la pièce principale de l’hôtel de ville, là où Evi et lui s'étaient entretenus à leur arrivée avec l'échevin du village. Manel n'étant qu'une bourgade, le bâtiment n'était, en réalité, qu'à une trentaine de mètres de l'auberge, et Bell savait fort bien que ses deux subordonnés n'auraient aucun mal à le retrouver ici.

La pièce était vide, d'une part à cause de l'heure qui, malgré tout, était assez tardive, et de l'autre parce que le général avait intimé au fonctionnaire de faire débarrasser les lieux pour son compte-rendu. En effet, suite au tumulte de la ferme, le blond n'avait plus aucune envie de s'encombrer de voix superflues et d'oreilles ou de regards indiscrets, et c'était d'autant plus agréable pour lui que de savourer le calme après une courte mais violente bataille.

Il croisa les jambes. La jeune fille, calmée par le voyage, n'avait pas trouvé preneur auprès des villageois. Trop occupés, trop superstitieux, aucun n'avait su répondre à la demande de Bell : il n'avait pas insisté pour autant, jugeant que si ces rustres se donnaient la peine de trouver des excuses, ils ne feraient pas bon ménage avec la malheureuse.

«Je peux lire ça ?»

Le général hocha la tête.

«Bien évidemment. Fais ce que tu souhaites, mais ne t'éloigne pas trop.»

Elle attrapa un livre et se cala entre deux étagères de la bibliothèque. Ses vêtements, empruntés à la famille de l'échevin, lui donnaient l'air moins misérable. Mais Bell savait pertinemment que, malgré ses airs sereins, la blessure demeurait vivace et douloureuse ; elle mettrait du temps à cicatriser. Il s'autorisa toutefois à détourner son attention de la petite pour la diriger vers son mercenaire.

«Sache, Caym, que j'ai l’œil observateur. Toi, tu ne l'as probablement point remarqué, mais tu n'as pas su masquer ta singularité. N'aie crainte, cependant, car j'ai fais débarrasser les environs des gêneurs en gage de ma bienveillance : la plupart des bougres, ici bas, s'offusqueraient de constater ce qu'ils nomment «malédiction», mais moi, j'ai un avis assez différent sur le sujet.»

Il dévoila un sourire.

«J'ai davantage de sympathie pour ton espèce que pour les simples humains, vois-tu. Ayant une part de Grayling en vous, je vous considère dignes d'être sauvés, si tenté que votre cœur, lui, ne soit corrompu par d'odieux préceptes. En réalité, j'ai eu, il y a de ça quelques années, l'envie soudaine de rallier les Marqués à la cause d'Ilmyde, mais ce projet étant ambitieux de par les mœurs, je n'ai pas encore su le concrétiser. Vous ne courez pas les rues non plus, si je puis dire.»

Bell s'enfonça dans son fauteuil.

«Mais quoi qu'il en soit, discutons affaire. Quel est ton prix ? A moins que tu aies quelque chose à ajouter vis-à-vis de mon point de vue. Je t'en prie, mets-toi à l'aise. Il est fort rare de pouvoir parler à cœur ouvert avec un général Algiz, après tout.»

HRP:
 

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Caym ;

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La forme noire

Le doute et l'anxiété étaient tombé sur Caym tout d'un coup. Pourtant, le trajet jusqu'à la bourgade s'était déroulé le plus normalement du monde, un trajet dans les steppes d'Ilmyde qui avait permis au Kiréïdien de voir un peu plus la géographie du pays, une contrée sauvage et pourtant magnifique. L'arrivée dans Manel n'avait rien de perturbante non plus, encore moins l'installation dans l'hôtel de ville. Le mercenaire s'était installé sur un fauteuil, ses fines pièces d'armures ne le gênant pas le moins du monde. Il avait même jeté plusieurs regard à l'enfant Algiz de temps à autre, observant son état, ses réactions. Le choc n'avait d'ailleurs pas encore eu le temps de lui monter à la tête. Et il y a eu Bell. Ses paroles. Ses mots, qui eurent l'effet d'une véritable destruction. La première réaction du jeune homme fut d'observer sa main. Un aveu plus qu'autre chose. Mais le Lion semblait si sûr de lui que tenter d'affirmer le contraire n'aurait été que vaine perte de temps. Alors il ne pouvait que vérifier si son secret avait effectivement été dévoilé. C'était léger. Minime. Mais pourtant, l'entaille de son gantelet laissait apparaitre le stigmate. Un morceau seulement, une infime portion. Juste assez pour qu'un homme attentif et précautionneux puisse comprendre la véritable nature de Caym. Tandis qu'un nœud se formait dans sa gorge, il conserva son habituel air neutre tandis que Bell continuait son explication. Puis, enfin, c'est à son tour de prendre la parole. Une prise de parole risquée. Jusqu'à quel point pouvait-il croire un général Algiz ? Il restait tout de même en territoire ennemi.

"Votre réaction est bien singulière, général. Non pas que je remette en doute vos propos, mais si les Marqués ne sont que rarement acceptés pour des raisons purement religieuse ou spirituelle, il faut reconnaître que ce sont les Algiz qui ont le plus légitimement le droit de nous haïr. Nous représentons la perte de l'honneur de votre race, la preuve même que Grayling désapprouve ces relations. Sans parler du nombre de viols qui se sont produits tout au long de l'histoire, proférés par les humains afin de priver les Algiz de leurs pouvoirs, de les marquer du sceau de la honte." Caym profita de ce court instant de répit pour inspirer et expirer. Il avait l'impression que durant tout le monologue de Bell, il avait omis de respirer. "C'est pour toutes ces raisons, et bien d'autres encore, que nous ne courrons pas les rues. Mais ne vous méprenez pas, vous ne m'avez pas manqué de respect ou frustré, rien de tout cela. Je suis réellement... Surpris. J'en deviens même curieux. Pourriez-vous m'expliquer plus en détail ce que vous attendez de moi ? Et ce que vous entendiez par rallier les Marqués ?" Il passa sa main sur son menton, intrigué par les paroles de Bell. "Cela ne signifie pas que j'accepte de travailler pour vous. Je désire juste avoir toutes les informations possible. L'habitude de me méfier de tout."



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Le général mima un haussement de sourcil.

«Soit. Tu as raison, Caym, sur toute la ligne : la part religieuse n'est que minime, et c'est bien sur ce principe d'honneur que les Algiz vous réprouvent. Nombre des tiens ne sont pas nés de l'amour originel ; ils ont été le fruit d'une pseudo-souillure qui devait les suivre jusqu'au bout de leur misérable vie. Mais laisse-moi me répéter ; je ne considère pas cela comme une malédiction. J'ai, tu l'as sans doute remarqué, beaucoup de respect pour ma déesse, mais également beaucoup de foi : je crois en sa bonté autant qu'en son courroux, et je sais par-dessus tout qu'une entité si belle ne saurait être dépourvue de jugeote. Tu parles d'une perte de pouvoir, jusqu'ici observée et à ne point remettre en doute, mais est-ce bien vrai ? A t-on l'indéniable preuve que les Marqués ne pourront jamais reprendre la forme de leur âme ? Je me demande, Caym. Cette question m'a longtemps taraudé l'esprit, et tout comme les rumeurs qui pèsent sur les hérons, j'ai beaucoup de curiosité pour ce mystère.»

Il glissa sa main sur la table, tapotant subtilement ses doigts.

«Je suis un homme pragmatique, vois-tu. Je ne laisse rien au hasard, et même si ce phénomène m'intéresse, je ne saurais le faire passer avant mes obligations ; il est bien entendu hors de question que je fasse mourir mon peuple sur des principes infondés. Mais quand bien même je m'impose cette limite, l'idée reste et continue de germer dans mon esprit ; pourquoi ne pas prouver à Ilmyde que les Marqués méritent d'être accueillis, qu'ils peuvent être utiles au pays tout autant qu'ils ont le droit de vivre d'y vivre ? Pourquoi ne pas retourner l'insulte des humains contre eux, pour qu'ils s'en mordent les doigts ?»

Bell sourit.

«Cette perspective me plait, et si j'avais des Marqués prêts à agir en l'honneur de mon pays, à s'abandonner à leurs origines et à répondre à mon roi, je serais en mesure de faire changer le consensus. Je pourrais établir et donner des terres, créer un endroit où il fait bon vivre ; mettre un terme à cette malédiction nomade qui vous accable. Ce n'est pas si difficile pour un général, et encore moins pour le Premier d'Ilmyde : je suis quelqu'un d'assez persuasif, et je sais donner aux individus ce qu'ils souhaitent par-dessus tout. Mais je n'ai pas le temps de rallier les Marqués uns à uns à ma cause, et je ne peux pas non plus envoyer mes subordonnés pour s'occuper de cette besogne. J'ai besoin d'un émissaire, un homme de confiance, puissant et perspicace, qui pourrait s'occuper de tâche à ma place, pour son propre intérêt. Pour cette quête, mon cher Caym, tu m'as l'air tout indiqué.»

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La forme noire

L'idée était alléchante, la proposition juteuse. Car ce que proposait le lion, c'était tout ce qu'avait un jour désiré Caym, une terre promise pour les Marqués, qui pourraient avoir un lieu de vie sans contrainte, sans peur d'être rejeté du jour au lendemain. Un endroit fait par les Marqués, pour les Marqués. Seulement, une ombre venait planer au dessus de cet idyllique tableau, un détail gênant. Cette terre promise serait accordé par un pays, donc ferait obligatoirement parti d'un des états de Meinarest. Cela signifierait encore devoir rendre des comptes. Pire encore, l'échange demandé pour ce rêve serait de s'offrir à Ilmyde, agir pour eux, participer à leurs guerres, leurs conquêtes. Une liberté feinte, une idylle controversée. Canaan n'était pas encore à porté de main. "Votre optimiste fait plaisir à voir, Général. Je dois reconnaitre que j'apprécierais que plus d'Algiz puisse penser comme vous. Toutefois, je doute réellement qu'il soit possible pour un Marqué d'obtenir une quelconque forme animale, pour une raison relativement simple..."

Il décrocha l'épée de sa ceinture et la posa sur la table entre eux deux. Les humains sont capables de manier ces outils de combat à l'instar des Algiz qui en sont totalement incapable. Il observa ensuite Bell, penchant sa tête légèrement sur le côté. "Malgré le sang d'Algiz en moi, je suis capable d'user des armes humaines. Qu'en est-il de vous ? Et je ne parle même pas des Marqués capable d'utiliser la magie, un cas encore plus improbable pour les Algiz. Ensuite, votre proposition est... Incroyable, je n'ai pas d'autre mots. Mais je crains que vous ne puissiez recruter beaucoup de Marqués, hélas. Des connaissances que j'ai de mes... Compatriotes, disons que rare sont ceux qui aiment offrir leurs services à une nation, à cause de nos vies passées. Nous n'accordons que rarement notre confiance et n'aimons guère l'idée de dépendre d'un pays, justement à cause de la haine qu'on nous porte."

Il expira lentement et observa les réactions du Lion en face de lui. Il était toujours difficile d'expliquer à un potentiel employeur que sa proposition ne pouvait être retenue. Encore plus si l'employeur était un général influent d'un pays en guerre et en besoin de toutes les sources militaires possible. "Je dois reconnaître que je désire ardemment créer un lieu de paix pour les Marqués, c'est une chimère à laquelle j'ai souvent songé. Vous me proposez d'atteindre ce rêve, mais à un prix que je crains d'être trop élevé. Personnellement, je désire pouvoir vivre une vie tranquille, sans avoir à dépendre des luttes de pouvoir de Meinarest, où les nôtres pourraient vivre sans contrainte ni peur de subir le courroux d'une populace croyante." C'était une autre possibilité d'une vie accordé par Ilmyde, aussi. Une attaque d'Algiz ne supportant pas l'idée de Marqués aidant leur pays. "J'espère ne pas vous avoir manqué de respect, je tenais simplement à vous faire part de l'état actuel des quelques rares marqués que je connais. Après, je pourrais effectivement, comme vous me le proposez, tenter de récolter les avis et opinions de ces enfants maudits, mais ne vous attendez pas à un miracle."



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