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« Chaleurs et nonchalances {Clotho} »
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Morygann & Clotho
Chaleurs et nonchalances
Une journée de plus, à la taverne la plus bondée du marché. Morygann passait son temps dans ces endroits, et ce depuis l’adolescence. Si dans un premier temps elle y cherchait la reconnaissance, aujourd’hui, tous les taverniers d’Helios étaient capables de la reconnaître, et savaient à quoi s’en tenir. La jeune femme passait souvent ses journées de repos dans ces endroits, à profiter de la vie Kireïdienne, entre chaleur étouffante et boissons fraîches. Morygann avait ses petites techniques à présent, et les habitués prévoyaient le coup. Après quelques années à jouer des coudes pour obtenir la meilleure place de chaque établissement, celui qui était traversé par un courant d’air salvateur tout en maintenant une vision globale sur l’assistance, elle l’obtenait systématiquement. Dès le matin, elle se posait là, voyait défiler les têtes connues, encaissait quelques commentaires sur la désuétude de sa forge en son absence, et repérait quelques clients potentiels, tous domaines confondus.

Alors qu’elle terminait sa seconde tournée de boisson fraîche, elle entreprit de s’occuper de son épée. La nettoyer, observer les éventuelles éraflures ... Morygann y prêtait autant d’attention qu’elle l’aurait fait envers une petite soeur, ou son propre enfant. Les enfants ... Elle avait l’âge d’en avoir, mais certainement pas le projet.

Le soleil tapait fort, la chaleur semblait étouffer les clients, et l’épervier souriait. Des années de travail pour cette félicité, ce courant d’air agréable, et des boissons à moitié prix. Le paradis. Elle allongea ses jambes sur la banquette de bois qu’elle occupait sans gêne, nonchalante. Un vieux marchand lui jeta un regard mauvais, auquel elle répondit par un haussement de sourcil, ce qui provoqua chez lui un grognement, avant qu’il détourne son attention sur autre chose. La jeune femme sourit, satisfaite, et reprit son observation de la salle, tout en essuyant son épée. Elle avait déjà deux futurs clients de gagnés depuis ce matin là. Et heureusement : quitte à rester chez elle, autant que sa forge tourne, elle voulait tester de nouvelles choses. Lors de ses missions, elle avait le temps de gamberger et découvrir de nouvelles choses, des armes inconnues, des méthodes nouvelles. Si elle pouvait être payée pour tester tout ça, elle aimait autant que ce soit le cas.

Sa félicité sembla se manifester en la personne d’une jeune femme qui n’avait pas l’air d’être du coin. Oh elle n’était pas si remarquable, seulement ... différente. Un peu comme elle même d’ailleurs, mais moins intégrée. Les étrangers étaient une chance pour elle, ils étaient souvent séduits par les différences des autres cultures, et trop intimidés pour dire non quand une Kireïdienne sans gêne les interpellait et leur vantait les mérites de ses alliages. Comme pour présenter la marchandise en avance, Morygann posa son épée bien en évidence sur sa table, et interpella le tavernier. En une suite de signes qu’il connaissait bien, elle lui indiqua de servir deux boissons à sa table, et d’informer la personne qu’elle avait en vue de l’offre qui l’attendait. Il répondit par l’affirmative, et l’épervier fit mine de rien. Sa nonchalance faisait partie de sa marque de fabrique, et de sa méthode commerciale.
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L'homme n'a pas d'âme mais il peut s'en forger une — Georges Gurdjieff­­

www — La belle n'était pas vraiment une femme à aimer les tavernes. Loin de là, elle appréciait l'air libre, les espaces agréables et surtout, pouvoir se sentir en dehors des regards intrusifs de certains hommes. Clotho était loin d'être féministe mais se sentir reluquée de la sorte ne lui plaisait et cela et peu dire. Mais aujourd'hui, oui en cette belle journée ensoleillée la jeune femme avait décidé après une longue lutte interne avec elle même, de se rendre dans ce genre d'endroit qu'elle exécrait tant. Elle avait quitté la cité Sainte depuis quelques semaines et elle ne pouvait plus supporter la vision de cette lame. Cette épée aussi belle et utile qu'elle était ne lui ressemblait guère et surtout elle lui remémorait bien trop son passé.

Clotho poussait pour cette raison la porte afin de pénétrer à l'intérieur, observant les lieux d'un simple coup d’œil tout en dévisageant quiconque oserait baisser bien trop son champs de vision sur certains de ses avantages féminins. L'air renfrogné elle trouvait le courage et surtout l'effort d'atteindre le bar. Posant ses coudes sans aucune gêne sur le comptoir, la belle appuyait son joli visage sur ses mains, telle une élève bien mal assise face à un professeur cherchant tant bien que mal d'enseigner quelque chose à ce faciès bien renfermé. « Bonjour l'ami. J'aurais besoin d'un renseignement ? » Elle reste las, à le regarder quand soudain la réponse que ce dernier lui offrit sortie quelque peu de l'ordinaire. « Je vous demande pardon ? »

L'homme dans sa grande bonté lui désigna une table non loin autour de laquelle trônait une jeune femme ainsi qu'une épée de bien belle manufacture. Bien qu'intriguée, elle haussait un sourcil un brin perplexe par ce qui se profilait face à elle pour les prochaines minutes de la journée. « Je... vois. » balbutiait-elle tout en avançant dans la direction de la forgeronne. « Je m'attendais à voir plutôt l'un des gros lourds posés là bas. » Elle désignait avec nonchalance plus loin, prenant place malgré toutes ses interrogations autour de la table. Sans même demander l'autorisation, elle buvait une mince gorgée. « Que me vaut l'invitation ? » Elle jetait même un œil sur l'épée de l'inconnue, pour son allure et ses matériaux bien singuliers.



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Morygann & Clotho
Chaleurs et nonchalances
Le comportement audacieux de la forgeronne pouvait être lisible comme celui d’une prédatrice, et pourtant, c’est un sourire chaleureux et un regard sincère qui éclaira son visage lorsque son invitée s’installa à sa table. Audacieuse, mais pas si intimidante, en tout cas ce n’était pas son but. Morygann avala une lampée de sa boisson, et leva les yeux vers son interlocutrice en s’essuyant les lèvres d’un revers de poignet. Heureusement pour elle qu’elle ne tablait pas sur son élégance et ses manières. Si elle n’était pas n’était pas l’un de ces gros lourds que la jeune femme désignait, elle avait manifestement évolué dans le même milieu. A la mention de ces gars là, Morygann laissa échapper un rire.

“ Oh, ils ne sont pas la fierté du pays mais pour être franche, ils sont bien représentatifs du quartier. ”

Il n’y avait pas vraiment de jugement dans le ton de sa voix. C’était un constat, comme de l’autodérision. Enfin, elle avait toujours fait avec et se retrouvait un peu là dedans. Une nouvelle gorgée, plus petite. Il fallait profiter, laisser les choses traîner en longueur, au risque d’enchaîner boisson sur boisson pour mériter son emplacement. Elle savait comme cela pouvait agacer le tenancier mais elle n’en avait cure : contrairement à d’autre, elle ne le laissait jamais lui faire crédit de la moindre de ses consommations.

“ Quand à savoir ce qui vous vaut l’invitation … Eh bien vous êtes différente. Vous n’êtes certainement pas d’ici, et je m’en voudrais de vous laisser à la merci des lourdauds quand nous avons certainement tant de choses à nous dire. ”

Morygann se fit la réflexion que parfois, ses méthodes commerciales ressemblaient à de la drague bien lourde, et qu’à la place de son interlocutrice, elle se poserait elle-même de sérieuses questions. Enfin, l’épervier aurait probablement joué la provocation pour choquer l’assaillant. Aussi, elle prit le parti de se montrer plus directe quant au sujet réel de la discussion. Inutile de donner l’impression à cette potentielle future cliente la sensation qu’elle n’était qu’un morceau de viande à la merci de la première Kireïdienne aux moeurs un peu trop libres. Morygann désigna la lame que baladait la jeune femme d’un mouvement de la tête, et reprit d’un ton moins narquois.

“ C’est une bien belle lame que vous avez là mademoiselle. Mademoiselle … ? ”
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L'homme n'a pas d'âme mais il peut s'en forger une — Georges Gurdjieff­­

Elle posait ainsi son fessier sur la chaise en face de la jeune femme. Son regard était comme incontrôlable mais que ce dernier tâchait de garder son calme afin du mieux possible de ne pas attirer l'attention de l'inconnue. Non pas que la belle était apeurée ou autre sentiment négatif mais elle avait une fierté parfois si démesurée qu'il était préférable pour elle comme pour les autres qu'elle se préserve au mieux. La très potentielle forgeronne semblait plutôt jeune et aucun réel détail ne faisait tiquer Clotho qui se contentait de boire une gorgée de sa boisson si gracieusement offert par cette dernière. Elle avait été élevée ainsi ; refuser était impoli.

Instinctivement elle se mettait à se balancer sur sa chaise, poussant de son pied avec lenteur et légèreté afin de ne pas finir la tête la première contre le sol. Ses bras, eux se croisaient dans un léger frottement de tissu, sa main droite commençant à s'agiter un peu, la belle frottant le bout de ses doigts, là aussi simple habitude que la donzelle avait beaucoup de mal à perdre. Elle esquissait ensuite un sourire succinct. « Ah ils représentent le quartier ? Arrêtez je vais finir par me demander où j'ai mis les pieds aujourd'hui ; le pire dans ses propos était que Clotho le pensait vraiment au fond mais l'épéiste se contentait de jouer l'ironie.

Elle buvait à nouveau une gorgée, commençant à vraiment se demander ce que cette femme pouvait bien lui vouloir. Oui, la belle était intriguée, un peu trop d'ailleurs mais pas de là à accepter un quelconque traquenard. Menant sa main à sa chevelure platine, elle commençait à enrouler une mèche autour d'un doigt. « Presque juste. Je ne viens pas d'ici du moins, bien longtemps que je ne me considère plus comme de la nation des volcans. Et pourtant... ; une épaule se haussait, faisant glisser un peu le tissus de ton haut, dévoilant le haut de son buste sans vulgarité. « Mais vous me sauvez sans doute. Je ne suis pas patiente avec ces hommes.

Puis elle cessait son manège. Se redressant elle venait même masser un peu sa nuque, replaçant par la même occasion sa tenue afin d'avoir l'air plus distinguée. « Mais j'imagine que vous ne m'aidez pas sans arrière pensée ? ; Elle était aimable, elle acceptait un verre mais pas de là à devenir naïve. « Une belle lame... ; Son regard se baissait vers son épée qu'elle allait même jusqu'à dégainer et mettre sur la table en parallèle avec celle de son vis à vis. « Vous vous méprenez je le crains. Elle n'est qu'une lame donnée aux prêtres guerriers de Sollvaec. Une parmi tant d'autres vous pouvez me croire ; un soupir las se faisait alors entendre.

Quel triste constat que de voir que la belle n'avait jamais ressenti le moindre honneur à user d'une arme portant l'effigie de la sainte cité. « Clotho, vous pouvez m'appeler Clotho ma chère ; elle penchait la tête sur le côté droit par la suite, son visage barré par une mèche de cheveux. « Et vous, un sobriquet ? ; elle souriait à nouveau, le conservant plus longtemps que plus tôt. « Le hasard fait bien les choses, je cherchais justement un moyen de lui donner un coup de... jeune. Non pas que je sois vieille hein ; elle se désignait de la main un brin amusée par ses propres dires. « Je suis jalouse de votre lame si je puis me permettre, d'ailleurs.



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Morygann & Clotho
Chaleurs et nonchalances
Morygann acquiesçait à tout ce que disait son interlocutrice. Inutile d’insister pour faire son numéro, elle se devait de garder une certaine contenance qui lui donnait cet air professionnel. Après tout, elle était à l’aise, dans son élément, comme chez elle. Un sourire se dessina lorsque Clotho fit référence à son absence de patience vis à vis des hommes. Elle même avait appris à s’imposer face à eux, tant la vie dans le quartier l’avait endurcie.
“Oh, je me dois de rester modeste, et admettre le talent même dans les ouvrages les plus simples. Vous aurez sans doute de quoi tenir un bon bout de temps avec une telle arme. Quelle malhonnête artisane je serais si je vous mentais sur la question. En revanche …”

Morygann fit une pause, en jetant un coup d’oeil entendu à sa propre arme. En ce qui la concernait, l’épervier n’avait pas la moindre modestie : elle accueillait l’orgueil à bras ouverts, même. Et sans scrupules.
“ Une lame comme la mienne vous apporterait bien plus qu’une robustesse suffisante. Voyez-vous, c’est un alliage de ma création, le genre d’originalités que mes confrères ne s’autorisent pas vraiment. Ils préfèrent les valeurs sûres … l’ennui. “

Elle fit une autre pause, opposant à son interlocutrice un regard plein d’assurance. Et elle reprit avec emphase.
“ Mais moi je pourrais vous forger quelque chose d’un peu plus original, et de plus efficace. De quoi vous rendre unique, et inoubliable.”

Ne jamais oublier le charme et la flatterie : si Morygann avait très envie de tester de nouvelles méthodes, elle devait bien admettre que son orginalité lui fermait plus de porte qu’elle n’en ouvrait. Une lampée de bière plus tard, et elle réalisa son impolitesse, et se rattrapa avec finalement bien plus de finesse qu’elle n’aurait cru.
“ Je suis Morygann, et je suis forgeronne. Les gens du coin ne vous auraient probablement pas orientée vers moi si vous cherchiez un artisan, ils sont réticents à m’envoyer du monde, ils ont peur que l’excentricité apparente de mes productions ternisse la réputation des armes robustes du pays.”

La jeune femme se convainquait depuis des mois que cet argument était le seul pour expliquer la désertion de ses clients potentiels. Prête à tout pour éviter d’admettre que passer la moitié de l’année à vendre ses services de mercenaire à travers les territoires n’aidait pas à se constituer une clientèle fidèle. Forcément, ils finissaient par aller voir ailleurs. Un sourire se dessina sur le visage de l’épervier.
“Qu’est-ce que vous en dites ?”

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L'homme n'a pas d'âme mais il peut s'en forger une — Georges Gurdjieff­­

La belle n'aurait jamais imaginé avoir la chance de pouvoir rencontrer exactement ce qu'elle cherchait depuis une poignée de semaines maintenant. Clotho détestait la chaleur et ce malgré que son lieu de naissance n'était autre que le désert de Kireïde, au sein de la si bien connue Ambrosia. Une petite pointe de satisfaction se faisait alors ressentir dans son esprit à la vision de cette inconnue semblable à une main salvatrice. Cette traversée des étendues brûlantes de ce pays qu'elle n'avait pas foulé depuis longtemps n'aura point été inutile. A présent il lui fallait bien mener sa barque pour atteindre son objectif.

Assise sur sa chaise elle appuyait son corps sur le dossier de cette dernière, gardant les jambes croisées et cette allure nonchalante. Elle qui aimait se montrer sous son plus beau jour avait bien du mal à garder la tête haute, la température avait vaincu cette facette de sa personnalité pour le moment, tel du plomb sur ses épaules l'épéiste avait besoin de reprendre des forces. Le faciès neutre, cette expression figée se voyait brisée par ses sourcils qui osaient se froncer à l'écoute du brouhaha présent dans cette taverne qui avait au moins le mérite de servir de bonnes boissons, se disait-elle. Clotho venait d'ailleurs se délecter d'une gorgée de sa pinte.

Avec lenteur et délicatesse elle essuyait les coins de sa bouche des doigts tout en prenant la parole ensuite vers son vis à vis. « Oh, je ne pensais pas entendre des compliments au sujet de l'arme d'un potentiel concurrent. Sans vouloir vous vexer les forgerons ont tendance à avoir une image revêche ; elle s'amusait de son propre commentaire, esquissant un rictus taquin vers l'inconnue. « Vous êtes aussi très douée pour dénicher des éloges au sujet de vos propres créations. C'est amusant ; à présent un rire se faisait entendre, se mélangeant avec le reste des sons de l'endroit. Elle ne pût le retenir au risque peut-être de paraître grossière.

Mais loin de là était son souhait. Clotho était à présent étonnée à l'écoute des dires de cette femme aussi intrigante qu'intéressante. Le hasard ne s'était pas moqué d'elle pour une fois et la belle n'allait pas se gêner de sauter sur l'occasion. « Je vais finir par croire que vous lisez dans mes pensées ; la jeune femme s'avançait alors vers la table, poussant du doigts sa propre arme en mimant le dégoût sur son visage. « La banalité de cette arme me ferait presque tourner de l’œil. Elle me rend semblable aux autres et cela je ne peux plus le supporter ; un soupir las s'échappait de ses lèvres fines tandis qu'elle se laissait tomber sans délicatesse contre son dossier.

Un nom se faisait enfin entendre ensuite sur lequel la belle ne pouvait s'empêcher de rétorquer sans attendre. « Morygann, je prends note. Je suis enchantée de vous avoir rencontré pour ne pas dire que vous me retirer une grande épine du pied. Moi qui pensais que j'allais passer des jours à dénicher l'artisan parfait ; cette unique pensée la faisait lever les yeux au ciel mais elle reprenait vite son attitude posée. « Et ne vous inquiétez pas, j'aime ce qui sort de l'ordinaire, je suis partante pour me lancer avec vous. Et dites-moi, avez vous une idée adéquate pour cette... horreur ? ; lançait-elle en désignant de la main sa lame.



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Morygann & Clotho
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Le courant d’air frais qui caressa la nuque de Morygann fit l’effet d’un miracle pour la jeune femme. En voyageant, elle avait découvert des contrées aux climats plus accueillants et devait admettre que si elle avait l’habitude de son pays natal, il pouvait être épuisant. Et cela se voyait chez les autres, son interlocutrice se donnait des airs nonchalant mais il ne faisait aucun doute dans l’esprit de l’épervier qu’elle devait en souffrir, tout comme elle. Les lourdauds de la taverne se traînaient laborieusement des tables au comptoir et les serveuses faisaient le minimum syndical. Quelle idée aussi, de s’entasser les uns sur les autres, même à l’ombre ? Pour autant, Morygann avait appris à prendre sur elle. Elle avait grandi dans une forge, après tout, gérer la chaleur c’était ni plus ni moins que sa nature.

Elle souriait, avec un air qui ne laissait transparaître que de la sincérité, là où elle le faisait de façon presque mécanique. La jeune femme aurait apprécié un peu de musique en cet instant. La remarque de Clotho quant à ses méthodes de communication la firent rire également. Elle ne se cachait absolument pas de cela, bien au contraire, et il aurait été malvenu de le faire. Morygann préférait cela à la publicité rustre et désagréable de ses confrères. Et qui sait, cela pouvait présenter un avantage considérable pour qui n’est pas habitué aux manières des Kireïdiens.

Vinrent les questions plus techniques. Que faire de cette lame, si elle était amenée à expérimenter dessus ? Les idées se bousculaient dans la tête de Morygann. Elle avait vu tant de choses, essayé tant d’armes, avec ou sans l’accord de leurs propriétaires d’ailleurs. Les mercenaires étaient sans commune mesure lorsqu’il était question d’originalité dans les techniques de combat. Elle même se sentait parfois tristement banale avec son arme faite maison. Les souvenirs se mêlant les uns aux autres, elle commençait à sentir qu’un projet se dessinait dans son esprit. La jeune femme avait toujours regretté que les armes les plus répandues soient adaptées à une méthode de combat très simpliste : le bout pointu doit rentrer dans l’ennemi. Ou bien il faut trancher des morceaux. Un coup, droit, direct. Sans élégance ni originalité. Cela se sentait même dans la façon d’équilibrer les armes. Avec une rapidité qui pourrait pour beaucoup passer pour de la brusquerie, Morygann saisit la lame de son interlocutrice et entreprit de l’analyser avec attention. Après quelques secondes, elle s’enquit de la réaction de Clotho, et s’adressa à elle.

“ Elle est un peu épaisse et déséquilibrée pour vous n’est-ce pas ? Je suis sûre que vous aspirez à une technique de combat plus … élégante ? Chorégraphique ? Certainement plus légère en tout cas …”


Une nouveau coup d’oeil à la lame, et elle reprit.

“ Je pourais affiner la lame, elle sera plus tranchante, mais surtout plus perçante et effilée. Quant au manche … Oui, je pourrais l’allonger, pour équilibrer le tout avec un poids sur le pommeau. Vous pourrez la faire tourner plus rapidement sans forcer sur le poignet.”


Un sourire se dessina une nouvelle fois sur les lèvres de l’épervier. Elle visualisait déjà l’objet et était presque jalouse de ce qu’elle proposait. Mais cette pensée se dispersa bien vite dans son esprit : ce n’était pas dans sa nature de combattre de la sorte, et son arme lui convenait mieux que toute autre. Quoique, cette idée pour le pommeau pourrait lui être bénéfique également. C’était une idée à creuse.

“ Et puis, avec cet ajout sur le pommeau, vous pourrez y sertir quelque chose, maintenant, ou plus tard. On est pas pressées.” Elle fit une pause, puis reprit, terminant par un clin d’oeil taquin.“ Si cela vous convient, je ne serai pas difficile en terme de prix. Je prendrai ce que vous pourrez m’offrir, en toute honnêteté marchande, cela va sans dire, et la promesse que vous me ferez de la promotion ?”



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Maudit

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Clotho n'avait pas cette fâcheuse habitude de donner sa confiance au premier venu. Pire, elle était de ceux qui restaient sur ses gardes dans toutes les occasions, qui ne se laissait guère manipuler par un sourire aussi charmeur ce dernier pouvait-il être. Les apparences sont une brume insaisissable qu'il fallait apprendre à traverser et pour cela la belle n'avait trouver une autre solution que de toujours garder un pied en retrait afin de s'assurer la fuite. Ne jamais se laisser aller pleinement et faire le nécessaire afin de rendre sa confiance aussi précieuse qu'un bijou serti de pierres étincelante, ainsi était son credo de vie depuis toujours.

Pourtant la jeune femme éprouvait une sensation difficile à définir à la vision de son vis à vis. Son allure, sa manière d'être et même les mots qu'elle choisissait faisait presque naître en elle de la sympathie malgré toute la part d'ombre encerclant encore cette personnalité. Pourquoi ? Cette simple idée la faisait se questionner et surtout se méfier. La belle était contradictoire mais c'est en l'étant qu'elle avait réussi à bien mener sa barque. Avec brio Clotho était parvenu à se sortir d'une vie qui ne lui insufflait que tristesse et effroi. La sainte cité de Sollvaec n'avait rien de divine à ses yeux, bien au contraire et elle ne s'en cachait pas.

Son regard bleuté dans le vide, elle figeait à nouveau son attention sur son interlocutrice à ses nouveaux propos. Il fallait donc discuter des changements précis qu'elle pouvait espérer ? Soit. « Je vais finir par croire que vous me connaissez mais que ma mémoire me fait défaut sur l'instant ; elle esquissait un sourire bien que la surprise était bien là enfoncée dans ses pensées. « Mais pour être plus sérieuse, c'est exactement cela, je ne veux plus arborer cette manière de la brandir tel un chevalier en armure. Je veux prouver que la féminité et l'élégance sont une arme ; elle offrait alors une pichenette sur son arme posée face à elle.

La chaleur de la pièce se voulait plus intense, sûrement par le monde au mouvement autour d'elles. Cette odeur acre de sueur la faisait rejeter un bref soupir tandis qu'elle venait se masser la nuque, la pinçant un peu du bout des doigts. « Oh je n'avais pas pensé à cela ; elle observait cette épée et imaginait alors les potentiels changements proposés par la forgeronne. L'envie de pouvoir admirer ce travail la submergeait au point qu'elle esquissa un sourire du bout des lèvres. « J'adhère à votre idée, je suis même partante. Pour le sertissage nous aviserons, j'accepte également, en revanche... ; elle allait devoir aborder le sujet, forcément.

La belle détachait son dos de son dossier tournant l'épée posée dans l'autre sens. Cette dernière se dévoilant alors d'avantage, cette nouvelle position laissant apparaître le sceau officiel de Sollvaec. Il était gravé sur le pommeau juste avant la lame. « J'aimerais que vous effaciez totalement cette chose. Je ne veux plus que cette arme puisse être assimilée à la nation religieuse. Est-ce possible ? ; son regard la questionnait avec appui puis elle reprit un léger rictus sur son faciès afin de dédramatiser. « Oh vous n'êtes pas exigeante sur les tarifs en plus, j'apprécie. Mais j'ai de quoi vous payer grassement je dois être franche. Et promotion offerte !



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