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« Et le sang coule... { Mars »

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Pacifiste

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Loin de cette plateforme en hauteur, l’air est beaucoup plus pesant et cela même avant qu’ils ne commencent à se trouver en plein milieu des blessés. Shawn est à ses côtés et elle reste près de lui, autant que possible. Non pas seulement parce qu’elle se sent en sécurité avec son frère, mais également parce qu’ils sont complémentaires et qu’ils fonctionnent bien mieux ensemble que séparément. Conformément aux ordres, ils soignent les blessés, ne prenant pas un instant en compte leur patrie d’origine. Tous les blessés, quels qu’ils soient. Ils ne sont pas là pour avoir un avis, ni même y penser. Ils sont là pour exécuter. C’est tout.

Le temps s’écoule d’une manière indescriptible. Elle ne saurait dire depuis combien de temps elle est là, à panser des plaies, lorsque cette tempête leur tombe dessus. Comme s’il avait été décidé que cette guerre devrait prendre fin. Sauf que ce ne fut pas le cas. Les hurlements continuaient de toute part, ce qui ne l’incita qu’à continuer –que pouvait-elle faire d’autre ? La tâche s’avéra bien plus difficile ainsi, entre le sable qui volait dans tous les sens, et sa vision qui en était réduite. A tel point qu’elle perdit son frère de vue.

Un instant elle paniqua, inquiète, et se mis en tête de le retrouver. Mais ça, c’était avant que la raison ne la gagne, comment pourrait-elle le retrouver au milieu de cette tempête ? Il était bien capable de prendre soin de lui-même, du moins elle l’espérait. Elle soupira finalement et se remis à la tâche. S’agenouillant à côté d’un homme elle s’appliqua à s’occuper de sa plaie au bras, ne se doutant pas un seul instant qu’elle pourrait être en danger. Ne se doutant pas un seul instant qu’elle avait été pris pour cible, et qu’un prédateur se trouvait dans son dos…
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Mars ;

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Nouvel aventurier

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« Héhéhé »

Un ricanement. Une lame invisible pour celle qui en était la destinataire. Dans les griffes hurlantes de la fureur du vent et de la terre, les meurtres étaient dissimulés de la vue des Dieux. Et il n’y avait de plus meurtrier que le jeu des rois, ceux dont la légende ne pouvait naître que du sang de ceux qui les suivaient. Ce jeu, ce n’était autre la guerre… Et la guerre ne se nourrissait que de deux choses. De sang et de haine. Et le sang de ceux qui voulaient panser les blessures dont la guerre se nourrissait telle le charognard qu’elle était une offrande plus grande encore la faim insatiable de la guerre. Car des tragédies naissant de la mort des bienfaiteurs, s’écoulaient les saignements de cœurs des innocents, qui ne tarderaient pas à eux-mêmes vouloir nourrir le conflit…

Cette pulsion était en chacun d’eux. Déformées par ces émotions, les habitants de ce monde semblaient alors devenir les monstres esclaves du sang qu’ils versaient. La sensation enivrante de la domination. L’exaltation de succomber à la tentation… Comme un hurlement plus strident et sourd que celui du souffle divin, l’être se jette sur l’innocence, elle qui tentait d’endiguer l’effusion et l’hémorragie. Esclaves de la tragédie, ses yeux se posent sur elle. Elle n’est plus humaine. Elle n’est que proie. Dans ce tableau sablonneux, un cauchemar se dépeint.

Fleur immaculée, ange aux cheveux bleu turquoise, cet émissaire sanglant souhaite profiter du chaos ambiant pour profaner ton innocence. S’échapper. Tu es devenue, bien malgré toi, la proie, héroïne d’une histoire où tu porteras en toi les stigmates du conflit. De tes cris inaudibles, tu seras le reflet infini et intemporel des tragédies qui t’ont précédée et qui te suivront. Sur cette antichambre de l’horreur improvisé, le sable semble se faire soie d’un matelas beaucoup trop malléable. Les dieux t’auraient-ils abandonnés ?

Son souffle te raidit.

Ses doigts te révulsent.

Sa faim veut te dévorer.

Où réside ton salut, toi qui n’a fait qu’obéir qu’à la noble mission de soigner ceux qui se mourraient, victimes avant toi de l’horreur ? Peut-être est-ce finalement l’un de ceux que tu as sauvé ?

Chaque seconde qui s’écoule n’est qu’un grain de sable dans la tempête et alors que l’impitoyable monde se fait le spectateur de cette horreur, cette conscience se fane sous l’incompréhension, sous la peur qui, plutôt que de faire face, préférerait sombrer dans une profonde torpeur. S’échapper. Ton monde n’est plus qu’un lancinant et froid spectacle de terreur d’un désespoir incolore. Tu peux fermer les yeux. Ce n’est peut-être que la dernière chose que tu peux encore préserver : ton âme.

Un bruit sourd. Grotesque.

Comme un grain de sable dans la tempête, l’homme qui te dominait de toute sa stature s’est envolé. Il n’a pas laissé une goutte de sang sur toi. Il tombe lourdement au sol, après avoir été rejeté comme par l’effet d’une vague. La faucheuse est venue la sauver. Une faucheuse armée d’un morceau de métal beaucoup trop long pour être une faux. Armée de sa lourde épée, cette incarnation de la pulsion de mort que tu as vu de près, s’avance. La bête s’est relevée. Elle était prête à te dévorer. Désormais, elle dresse difficilement ses griffes. Elle hurle déjà. L’arc est net. Propre. Le sang qui en témoigne sur le sable en est la preuve. Son visage défiguré s’éteint dans la paix évanescente d’un esprit qui s’éteint. Le mercenaire chute sur genoux, avant de tomber dans les bras d’un être immuable qui l’acceptera, peu importe ses crimes.

Mars lève la jeune femme. Elle est une fillette, face à son sauveur. Avare de peu de mots, sa voix grave tonne alors : « Un champ de bataille… N’est pas un endroit digne de vous, mademoiselle. »
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Pacifiste

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Le peu d’équipement qu’elle avait servait seulement à soigner les blessures superficielles, elle ne pouvait pas s’occuper de ce qui était mortel. Elle n’en aurait pas eu les compétences, même si elle en avait eu l’équipement de toute façon. Elle est une mage de glace, elle n’a rien d’une soigneuse, et elle reconnait même que pas un seul instant elle songe qu’elle aurait aimé l’être. Pour l’heure elle se concentre sur sa tâche, parce qu’après tout ce sont les ordres. Elle désinfecte le bras de l’homme blesser, dépose une compresse sur la blessure, et la fait tenir en place à l’aide d’un bandage. Elle s’adonne à sa tâche, tant et si bien qu’elle ne fait plus attention à elle. A quel moment aurait-elle pu penser que l’on s’en prendrait à elle ?

Et pourtant. Lorsqu’elle se retourne pour se redresser, elle est une cible. Comme si elle était l’ennemie de l’un de deux camps. Pourtant elle n’est ici l’ennemie de personne, et un peu l’alliée de tout le monde. Elle est ici pour éviter les pertes. Et pourtant, l’espace d’un instant elle s’imagine qu’elle sera peut-être, finalement, partie des pertes. Est-ce possible ? Elle a déjà échappé à la mort une fois...La chance peut-elle lui sourire une seconde fois ? Son Dieu est-il toujours à ses coté, à la préserver de ce genre de mal ?

L’assaillant est projeté loin d’ici, il vacille, il tombe. Le sang a coulé, une nouvelle fois. Un mort de plus dans la balance, quand est-ce que cette folie prendra fin ? Avec la mort d’un dirigeant ? Elle voudrait le savoir. Elle voudrait que cela s’arrête tout de suite. Elle devrait retourner soigner les blessés, tant que cela dure. Mais pour l’heure elle ne le peut pas. Elle est relevée par un homme impressionnant. Elle ne peut juste s’en aller sans un mot. « Je vous remercie… Pour m’avoir sauvée. » Elle reprend. Elle ne lui doit aucune justification, mais elle précise tout de même. « Je ne suis pas ici pour me battre, je soigne les blessés. Ce sont mes ordres. »
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Mars ;

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Nouvel aventurier

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Mars
De jure belli ac pacis
Honor - Un silence s'installe. Gêné. Troublé uniquement par le sifflement des vents, venant faire voleter la chevelure de la demoiselle et la voilure de la cape qui le dissimule lors de ses voyages. La main de la demoiselle, éprise dans celle de Mars, renvoie à l'image d'une oxymore. Deux opposés se font face. L'un est un guerrier et s'élance dans la bataille pour y faire prospérer les offices mortuaires de la guerre. L'autre est une envoyée de Solvaec, qui, derrière le passage des deux armées, tente de panser l'hémorragie que la guerre a provoqué des mains de ceux qu'elle a enivré de son appel sanglant.

Elle le remercie. Tente de clarifier son rôle, dans ce éphémère vision de ce que pourrait être l'enfer et la fin du monde connu. Mars la contemple. Sa réaction le laisse songeur, mais il ne laisse rien présager de ses pensées. Pourtant, il peut le ressentir même à travers les mots maladroits qu'elle semble presque lui rétorquer. Elle est innocente. Elle ne sait pas qu'on l'a envoyé aux portes de ce qui, par la force des choses, pourrait s'apparenter au royaume des morts. Elle ne réalise sûrement pas ce qu'elle représente, pour l'un des soldats des deux armées. Elle soigne les deux parties. Les deux parties veulent la victoire. De ses pures intentions, elle alimente aussi les spasmes de la guerre, qui vomit le sang de ceux qu'elle broie.  « C'est bien parce que vous soignez ceux qui seraient susceptible de faire pencher la balance pour l'une des deux armées que vous êtes une proie pour les griffes ensanglantées de la guerre. » Il ne cherche pas à faire du lyrisme ou à la ménager. Il relate juste ce qu'il sait de la situation de ceux qui portent secours aux autres en période de conflit.

Il ne la blessera pas. Il n'est pas ce genre d'homme. Ce n'est pas une question qu'elle fut une femme, ou une enfant, par rapport à lui. Bien qu'antithèse dans leurs deux rôles, il ne méprisait pas ce qu'elle faisait. Elle aspirait à la fin du conflit. Lui aussi. Elle essayait de ramener la paix. Lui, payé pour cela, il tenterait de ramener la paix en imposant la victoire de Kireïde sur les Algiz, qui, de toute manière, n'étaient qu'à ses yeux, que des bouchers ne méritait que le salut qu'il saurait leur procurer sous le poids de ses armes. L'argent était une raison... La vengeance, à elle seule, était une motivation qui continuait de faire tourner le monde. Et il n'avait aucune pitié pour les soldats d'Ilmydes. Ils se battaient eux aussi pour la domination et n'avaient aucun remords à écraser les Hommes depuis des siècles... « N'étiez-vous pas escorté ? » Ajoute-t-il alors, sur un ton monocorde. Il précise alors sa pensée : « Si tel est le cas, je ferais un détour pour vous escorter près de ceux qui sauront vous protéger. »

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