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« Help me [PV Aelin] »
Louvia ;

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Nouvel aventurier

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Le pendule, constamment en mouvement, inexorablement, s'arrête l'espace d'un instant. Il retourne en arrière, traverse les flots du temps et dévoile un pan de l'histoire qui appartient au passé.

Amerys est perdue dans le flot continuel de la foule qui se déverse dans tout Manest. Elle tient sa capuche baissée sur son visage, préférant éviter d'être vue par quiconque, connu ou inconnu. Elle sent la pluie tomber sur ses épaules, sur son dos, elle la voit déferler sur les pavés, provoquer le ruissellement sur les toits. Elle passe rapidement dans les rues et les avenues avant de descendre dans les ruelles un peu plus sombre. On l'attends, plus bas. Le dernier service que la pègre local peut rendre à une ancienne Algiz comme elle. Le départ d'une nouvelle vie, aussi horrible soit-elle sans ses ailes. Elle a vécu vingt-trois années de sa vie capable de se mouvoir librement dans les cieux, fier de ce don de Grayling. Elle s'en est servi à de nombreuses fins, légales comme illégales, mais toujours elle a respecté un certain sens de l'honneur, une morale qui l'aidait à tenir tête à cet univers dur. Une éthique qui l'a conduit à sa situation actuelle. Si seulement elle avait été plus dure, plus immorale, peut-être que tout se serait déroulé différemment. Elle entre discrètement dans un grand bâtiment ressemblant plus à un entrepôt qu'autre chose. C'est ici que la "tête pensante" de l'ombre de Manest a demandé à son ancienne collaboratrice de se rendre. Moyennant finance, et par égard pour tous les accords et contrat qu'ils ont passés ensemble autrefois, il a accepté de la faire fuir le pays avant que les choses ne se gâtent pour elle. Car malgré toute sa morale, elle reste une criminelle et les larcins qu'elle a commis risque bien de se retourner contre elle depuis qu'elle est devenu si fragile, aussi faible qu'une nouvelle née. Dans le bâtiment, un grand nombre de chariots, prêt à prendre la route pour la forteresse de Saras à la lisière du désert. De là, Amerys devrait être à même de quitter Ilmyde pour Kiréïde. Le reste ne dépendra plus que d'elle et de ses choix.

Personne parmi les différents hommes et femmes affairer à charger les chariots ne remarque la demoiselle, qui se veut le plus discrète possible. Elle ne veut pas parler plus que nécessaire, elle n'a pas l'humeur pour cela. De plus, elle cherche une personne. La femme en charge de cette livraison presque légale, recommandé par Marcus lui-même, grand ponte du marché noir de Manest. Une femme qu'Amerys n'avait jamais rencontré alors que son nom venait de plus en plus à ses oreilles. Aelin. La nouvelle humaine n'a qu'une seule indication pour la retrouver, ses cheveux. Et jamais elle n'aurait imaginé qu'avec cette seule information, la retrouver aurait été si évident. Elle ôte la capuche de sa tête et laisse son imposante chevelure reprendre place tandis qu'elle s'avance vers la jeune femme occupée à diriger les différents travailleurs. De loin, elle semble jeune, très jeune... La vingtaine, tout au plus. Alors qu'Amerys a toujours fait plus que son âge, Aelin, elle, semble être bien jeune. Mais la femme aux cheveux noirs n'est pas du genre à juger sur l'apparence. Elle arrive au niveau d'Aelin et de sa voix suave, grave et féminine à la fois, elle l'interpelle. « Excusez-moi... » Elle n'a pas parlé à un inconnu depuis son accident, depuis sa déchéance. Rien que cette petite épreuve lui semble insurmontable, la honte qu'elle éprouve l'emporte presque sur toutes ses autres émotions. Elle voudrait juste s'effondrer, là, et pleurer délicatement. Car les pleurs, elle n'a pas eu le temps de les laisser s'exprimer. Alors même qu'elle quittait ce qu'elle avait toujours connu. « Je suis la passagère supplémentaire envoyé par Marcus. C'est à vous que je dois m'adresser, c'est cela ? » Elle ravale sa honte qui reste en travers de sa gorge, son estomac se noue. Mais elle fait son possible pour le masquer et affiche un regard froid, vide. Sans aucune volonté.
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Aelin ;

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Le monde change, il est en constante évolution. Les gens changent également, ils s’adaptent, ils domptent les changements et deviennent plus forts. Aelin s’est adaptée, il y a fort longtemps déjà. Aelin a changé, petit à petit. Et, il lui arrive, nostalgique, de repenser au passé, comme tout un chacun.

D’aussi longtemps qu’elle s’en souvienne, Orias a toujours fait partie de de sa vie. Voisins, amis, compagnons de bonne et de mauvaise fortune…jusqu’à ce qu’elle rencontre Marcus. Les premiers temps elle ne lui faisait pas confiance, elle se méfiait de lui comme de la peste. Elle avait l’habitude de voir des gens lui tourner autour diverses raisons, et avait appris à se méfier de tout le monde. L’éducation et les vécus forgent un caractère qu’on ne comprend pas toujours. Marcus cherchait à « employer » des gens, pour diverses taches, et elle n’avait pas vraiment envie de se foutre dans la merde pour quelques pièces. Elle a pourtant céder, un jour, pour qu’il lui foute la paix, avait-elle annoncé. Quelques mois plus tard elle délaissait de plus en plus son meilleur ami pour s’adonner à des activités pas toujours très légales, et elle commençait doucement à faire parler d’elle dans le milieu. C’est, sans l’ombre d’un doute, ainsi qu’elle a fini par devenir ce qu’elle actuellement.

C’est comme ça qu’elle a rencontré Amerys, alors qu’elle s’occupait une nouvelle fois affaires. Un convoi à faire passer en toute sécurité jusqu’à une destination bien définie, cela n’avait rien d’exceptionnel, c’était loin d’être la première fois qu’elle le ferait. Pourtant, cette fois Marcus était venue la trouver au dernier moment pour l’informer d’une passagère supplémentaire. Elle avait haussé un sourcil, et il n’en avait pas dit davantage. Alors elle avait simplement haussé les épaules et elle avait continué à s’occuper des préparatifs. C’était un milieu où, parfois, il valait mieux savoir ne pas poser trop de questions. Elle finirait par savoir de toute façon. C’était une fouine, elle finissait toujours par savoir ce qu’elle voulait savoir. Finalement, elle était peut-être destinée à un commerce d’informations davantage que de biens rares.

C’est une fois féminine qui la tire de la tâche à laquelle elle s’occupe. Une jeune femme aux cheveux noirs se tient face à elle. Elle lui semble vide, mais après tout ce n’est pas son problème, pas vrai ? Malgré tout elle lui adresse un sourire. Sa simple présence, avec ses cheveux roses bonbon, est tout ce qui semble redonner un peu de gaieté à ce lieu. « Amerys, c’est ça ? » A défaut de ne lui donner aucune autre information, Marcus lui avait au moins donné son nom. « Je suis Aelin. Nous avons encore quelques derniers détails à régler avant de partir, mais le départ devrait être pour bientôt. Tu es déjà prête ? » Une fois partis, pas de retour en arrière suite à un oubli n’est toléré. Une fois partis, on ne fait pas demi tour. Il fait être sûr d’être prêts à partir.
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Louvia ;

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Nouvel aventurier

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« Pas Amerys, non ! » Elle prononce ces mots rapidement, presque agressivement. Ce nom, son simple nom, lui semble impossible à prononcer, à porter. A sa simple entente, elle a senti que ce patronyme ne lui appartenait plus. Et sa prononciation était si lourde, chaque syllabe reste entre ses lèvres, comme si elle ne pouvait se résoudre à prononcer ces lettres. Elle répète une dernière fois son prénom, à voix basse, pour elle, avant de relever les yeux vers la femme aux cheveux roses. « Je suis désolé, juste… Ne m’appelez plus comme cela, s’il vous plait. » Elle est docile, fragile, n’osant même pas se faire entendre. Elle n’est pas naïve et se doute bien que si elle ne confirme pas son prénom, rien n’obligerait cette femme à la prendre dans sa cargaison. Elle doit prouver qu’elle est bien Amerys, mais sans reconnaitre être cette personne. Elle est perturbée, perdue. Elle a perdu son identité ce jour-là, ainsi que tous ses moyens. « Je suis bien envoyée par Marcus, si c’est ce que vous voulez savoir. Je pense que ma connaissance de son nom suffit comme passe-droit ? » Elle pose son regard sur la jeune femme, l’Algiz. Une Algiz. Elle représente tout ce qu’elle n’est plus. Et rien que pour cela, la demoiselle aux cheveux d’ébène a envie de la détester, de la haïr au plus haut point, même si cela n’a ni intérêt, ni raison. Elle doit se ressaisir, devenir plus forte que cette malveillance qui la ronge. Même si cela doit lui prendre des années. « Je suis prête à partir. Dites-moi juste où dois-je prendre place. » Elle ne sait pas si elle sera dans un des chariots, à pied ou si elle devra aider avec la cargaison. Tout lui ira, tant qu’elle peut quitter cet endroit au plus vite.
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Elle aurait presque pu sursauter face à la réaction presque agressive de la jeune femme face à elle. Elle s’interroge sur la jeune femme face à elle, mais elle ne dit rien. Elle a très certainement ses raisons, et Marcus l’a bien prévenue de ne pas poser trop de questions. Après tout ça ne la regarde pas. Les affaires de chacun ne regardent qu’eux. Elle hausse les épaules et hoche la tête, pour montrer son accord. D’accord, elle ne l’appellera plus comme ça. De toute façon, elle a raison. La simple mention de Marcus suffit à lui prouver qu’elle est bien la passagère supplémentaire qu’il lui a envoyé, de toute façon. « Comment dois-je t’appeler alors ? » Elle ne se formalise pas avec le vouvoiement. Peut-être devrait-elle ? Ce n’est pas un milieu dans lequel cette convention sociale est de mise.

Elle voit en elle une fragilité qu’elle n’arrive pas vraiment à expliquer. Une fois encore, ça ne la regarde pas de toute façon, bien que cela l’’interpelle. Elle a parfois de l’empathie pour les autres, et elle ne saurait vraiment l’expliquer. « Oui. Ne t'en fait pas, tu feras bien parti du voyage. » Répond t-elle finalement. Elle jète un coup d’œil à sa liste, pose quelques questions à un homme qui s’active à tout mettre en place, et se tourne vers elle une nouvelle fois. « Il y a de la place dans ce chariot. » dit-elle en désignant l’objet. « Je te laisse t’installer, nous allons partir dans quelques minutes. » Elle, pour sa part, restera à pied, au moins dans un premier temps. Pour s’assurer de la bonne synchronisation et du manque de danger. Elle laisse la jeune femme aller prendre place, et tout ce beau monde commence finalement sa route, en file indienne avec les chariots. Ils quittent bien assez vite les frontières de la ville et le long voyage commence.
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Comment doit-elle l'appeler ? Elle-même l'ignore, hélas. Elle a perdu le droit de porter son nom d'Algiz, elle qui n'en est plus une désormais. Mais elle n'a même pas songé à en prendre un autre, son estime ne va pas aussi loin que cela. Elle n'a pas encore la tête à penser à cela, pas aujourd'hui, ni demain, ni tous les autres jours à venir. Car la jeune femme est perdue, seule dans un monde dangereux, à l'arrêt dans une réalité qui avance et laisse derrière quiconque ne sait suivre le courant, impitoyablement, inexorablement. « De nom, je n'en ai plus aucun... » Ses mots sont faibles, à peine perceptible à travers ses lèvres. C'est dur, trop dur de reconnaître que l'on n'est personne. Elle le sait et ne parvient pas à l'assumer, à voir cette vérité en face. Trop tôt, songe-t-elle, trop tôt pour penser au lendemain. Elle se cache, refuse d'affronter les autres, d'affronter cet univers tout entier.

Sans aucune autre mot, elle observe l'Algiz, attends sa réponse. Elle ne s'est pas trompé de lieu. Bien sûr. Amerys est si souvent venu dans ces bas quartiers, si souvent négocié des articles pour Marcus. Lui qui, aussi fourbe et monstrueux soit-il, lui a accordé une aide, la seule qu'elle ait pu trouver parmi ses contacts. Jamais elle n'aurait pensé cela de lui et cela l'étonne encore un peu. Que compte-il lui demander en retour ? Elle adresse un signe de tête à la femme aux cheveux roses et part se placer dans le chariot qu'elle lui a désigné. A l'intérieur, beaucoup de caisses, de tonneaux et d'autres. Que peut-elle bien transporter ? La question n'effleure même pas l'ancienne Amerys, elle si connue pour son insatiable curiosité. Elle est vide, sans vie, à l'image même de tous ces objets. Mais eux, au moins, ont un sens, pas comme elle. Elle s’assoit à même le bois de la charrette, protégée du regard du monde par cet épais tissu blanc. Elle recroqueville les jambes, passe ses bras autour de ses genoux et pose son menton sur ces derniers.

Très vite, le chariot se met en marche, tout d'abord dans des mouvements imprécis, brusque. Quelques tonneaux tombent à la renverse, trop mal positionné pour rester stable dans ces conditions. Puis, petit à petit, le mouvement se veut plus régulier, interrompu sporadiquement par une secousse plus forte que les autres. Ils sont partis, elle est en route pour cette nouvelle vie dont elle ne connait rien, dont elle imagine les tenants et aboutissants d'une façon si horrible, si vide de sens. Et là, bercé par les secousses, une question vient à l'esprit de la demoiselle, sans doute provoqué par l'imminence de son nouveau départ. Que va-t-elle faire désormais ? Elle va traverser la frontière, passer par kiréïde sans s'arrêter -jamais elle ne vivra chez ces chiens- et continuera, soit pour Sollvaec, soit pour Asmosa. Quelle contrée choisir, quelle vie adopter ? Le voyage sera long, alors elle observe à l'extérieur les hommes et femmes qui accompagnent le convoi. Il y a même cette demoiselle qui gère les opérations, jeune et déjà dans ce milieu sombre. Comme Amerys, avant. Elle l'observe longuement, intensivement, sans gêne. Elle ne se rend même pas compte que son regard est insistant, qu'il risque d'interpeller la jeune fille. Car elle ne réfléchi pas à cela, elle se remémore sa vie. En fixant cette Algiz diriger, contrôler et gérer les affaires des ombres d'Ilmyde, elle se voit elle-même en surimpression. La nostalgie l'emporte finalement sur le désespoir, au moins un instant.
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