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« Just Once [Kerist] »
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Et il court. Tout jeune enfant au sourire doux et à la frimousse croquante. Animé par ses jeunes années, il déambule comme à l’accoutumé dans la basse ville. C’est ici qu’il vit, parmi la misère et les cris. Au milieu des gens, du peuple. De ses âmes qui chaque jour luttent et vivent dans les quartiers résidentiels.

Bien sûr, il y a pire endroit au monde. La plupart des personnes ne sont ni foncièrement bonnes ou plus mauvaises qu’ailleurs. Toutefois, ici la hiérarchie n’est pas quelque chose d’abstrait ou de lointain. Non, la différence se vit tous les jours et se ressent. Oui, du bas tout le monde fixe le ciel, tout le monde tourne son regard vers le haut, vers le lointain.

Vers cette tour d’ivoire, blanche et majestueuse et surtout ô combien inaccessible. Le dieu Vaec accorde sa bénédiction à tous ses fidèles, sans distinction. Alors pourquoi sommes-nous si différent ? Cette question le hantait.

Chaque jour ses petits pieds battaient le pavé où les eaux usées côtoyaient les détritus sur le sol. Quand il n’étudiait pas au temple, il fouinait de partout pour tenter de trouver un trésor. Il n’était pas question ici d’or ou d’argent, non, simplement de trouvaille. Cela pouvait être un pichet de bois en bon état ou bien encore un plateau ou même un outil. Tout était bon pour venir grossir son petit étalage qu’il tenait les jours de marché.

Son étalage, il en était fier et pourtant il n’y avait pas réellement matière à l’être. Cependant, on devait bien lui reconnaitre un certain don pour rafistoler, réparer ou remettre en état toutes ces choses usés, utiles et délaissés qu’il trouvait. Il faisait des pieds et des mains pour attirer les clients potentiels.

Comme il était tout petit, il devait redoubler d’effort pour subsister. Aussi, il avait le verbe pour conter l’histoire de tout son bric-à-brac.  Une théière avait les propriétés pour rendre encore meilleur les feuilles de thé qui viendraient s’y infuser, car elle avait été bénit. Sauf qu’il omettait généreusement de dire que lui seul l’avait béni, et que par conséquent elle n’avait rien de spécial.

Le soleil avait terminé de jouer à cache-cache avec les nuages. La nuit n’allait plus tarder et avec elle, les promesses d’une soirée de rêve dans les quartiers-moyen. Une affiche avait filé, emportée par le vent pour finir entre ses frêles petites mains. Elle décrivait la venue de magicien et d’un spectacle unique. Dès lors, Sorrente ne pensait plus qu’à ça. Quelques pièces en poche, il s’en retournait au temple et il était bien trop pris par cette soirée qu’il en oubliait de voir devant lui. Soudain, il heurta quelqu’un. Il ne s’était pas encore rendue compte qu’il s’agissait de Kerist.

Il grimaçait à présent. Son affiche était tombée au sol et elle avait les yeux rivés vers celle-ci. A n’en pas douter, la jeune prêtresse de Vaec interdirait à ce petit bout d’homme de s’approcher des quartiers-moyens. Les gens de la basse-ville n’avaient pas le droit de s’y aventurer, c’était injuste, mais c’était ainsi et il le savait. Alors, dans un silence de cathédrale, il attendait en espérant qu’elle ne serait pas trop dur avec lui…

J'ai envie d'aller au spectacle dans les quartiers moyen prêtresse Kerist, je peux?

Ses grands yeux se posaient sur elle à présent. Oui il connaissait la réponse, mais il s'en remettait toutefois souvent à elle au moins aussi aveuglément que la cécité qui l'a frappait.


Dernière édition par Sorrente le Mar 21 Fév - 20:06, édité 1 fois
Kerist ;

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Just Once



Le temps défilait toujours telle une capricieuse, ne laissant le loisir de profiter de celle-ci à bon escient, sauf si on réussissait à la dompter malgré ses aléas. Bien qu’elle ait perdue le don de la vue, Kerist avait su combattre cette fatalité temporelle, préférant servir auprès du culte que de passer les heures de sa personne à pleurer sur cette perte. Elle s’était donc réconfortée dans les études et l’histoire de Sollvaec, appris la bonne parole pour se créer son propre jugement et se donner un objectif dans sa vie. De fil en aiguille, elle avait réussi à monter les échelons, malgré son handicape, malgré la dure réalité donc elle avait fait preuve. Ce fut donc quatre années de bataille successive ponctuée de haut et de bas, mais de cette expérience, Kerist n’en retenait que le meilleur. C’est ainsi qu’elle avait pu obtenir très tôt le titre de prêtresse, espérant que part celui-ci, elle pourrait apporter joie et bonheur tout autour d’elle, comme sur le monde. Un objectif bien trop pure pour un monde envahis par la haine, mais c’était un idéale qu’elle ne voulait abandonner, même si celui-ci semblait irréalisable. Mais pour le moment, elle avait encore beaucoup à apprendre et devait acquérir encore plus de maturité pour ne pas se laisser déborder. Pour y remédier, la demoiselle passait le plus claire de son temps à l’étude, se consacrant corps et âme dans l’apprentissage de ses connaissances et de l’histoire divers des mondes qui l’entouraient. Parfois, elle y passait tellement de temps, qu’elle en perdait la notion de celui-ci, et en cette belle journée, elle quitta les lieux en plein début de soirée, emportant quelques registres dont elle demanderait sûrement la lecture à ses deux gardiens. Car à cause de sa cécité, elle ne pouvait lire à sa guise et malheureusement pour elle, ils existaient que trop peu de livres accessibles à sa personne.

Marchant le long des couloirs d’une allure un peu plus rapide qu’à l’accoutumée, la jeune femme n’avait pris la peine de prendre sa canne avec elle, préférant user de ses mains pour transporter ses livres. À cette heure-ci, elle doutait tomber sur quelqu’un et heureusement pour elle, elle savait toujours retrouver ses quartiers grâce aux odeurs qui en émanaient. Mais alors qu’elle avançait d’un air trop confiant, elle sentit quelques choses la heurter, ce qui la surprit aussitôt. Constatant que la chose était trop petite pour s’agir d’un adulte et trop animée pour n’être qu’un objet, Kerist en déduit qu’elle avait heurtée un enfant. Se baissant aussitôt pour être à hauteur de celui-ci, la jeune femme essaya de capter la personne de cette petite personne, son regard verdoyant ne pouvant le trouver, ni lui montrer son apparence.

« Je suis désolée de t’avoir percuté. Est-ce que ça va ? Tu ne t’es pas fais mal ? »

Attendant une réponse du pauvre malheureux, la prêtresse, laissa à celui-ci le temps de s’exprimer de façon à le mettre en confiance. Mais en attendant que la voix de l’enfant s’élève, elle entendit comme une feuille de papier tomber, essayant de léviter pour ne pas se faire attirer par la force de gravité. Mais ce fut un combat perdu d’avance, car sa chute n’en fut que plus remarquée avant de venir se glisser dans un bruit fin vers les deux maladroits. Le regard émeraude de la jeune femme c’était alors dirigé vers ce petit bruit, sans savoir qu’elle fixait le papier. D’une de ses mains, elle tâtonna longuement le sol, avant de sentir un papier épais entre ses doigts fins. Elle le posa un moment sur l’un de ses livres, touchant la surface de la feuille de façon à savoir s’il s’agissait là d’un de ses documents. Elle pouvait sentir sous ses doigts une couche qui semblait s’apparenter à de la couleur qui s’était superposée de façon à créer une scène, un paysage. L’odeur ne semblait ressembler aux vieux parchemins, mais plus à celui de la ville. Puis soudain, la petite voix enfantine s’éleva enfin, ce qui permit à Kerist de reconnaître le petit enfant qu’elle avait bousculé. Il s’agissait de Sorrente, l’un des nombreux orphelins que les prêtres aimaient à prendre sous leur aile protectrice. En entendant sa timide requête, la prêtresse lui adressa un doux sourire réconfortant. D’un geste gracile, elle lui tendit le prospectus, relâchant celui-ci dés que ses petites mains l’eurent reprit.

« De quel genre de spectacle s’agit-il ? » D’une voix tendre, la demoiselle se montra quelques peu curieuse. Elle se souvenait dans sa jeunesse d’avoir assistée à de nombreuses scènes de rue, avant de ne plus jamais les revoir, aussi, elle comprenait donc l’intérêt de l’enfant pour voir pareil beauté dans un monde dur et cruel. « Pour ma part, je ne vois aucun inconvénient à ce que tu puisses t’y rendre. Mais… Je doute que cela serait raisonnable de te laisser y aller seul… » Que pouvait penser les gardes à voir pareil enfant se promener sans accompagnateur dans les quartiers moyens ? Il était sûr, qu’en quelques minutes, le petit garçon allait se faire ramener ici sans aucun scrupules, aussi, Kerist se mit à doucement réfléchir, levant son index comme pour témoigner à Sorrente qu’elle avait une idée qui lui permettrait de ne pas se faire réprimander par les prêtres si cela venait à s’apprendre. « Que dirais-tu de me suivre dans le quartier moyen ? J’ai quelques affaires à y effectuer. Nous pourrions en profiter pour faire une brève halte, de façon à enrichir tes connaissances. Qu’en penses-tu Sorrente ? Est-ce que cela te dirait de m’accompagner ? »

Ponctuant ses paroles d’un petit clin d’œil complice, la demoiselle attendit avec patience la réponse du petit Sorrente, espérant que cette idée lui soit plus rentable que d’aller seul le soir dans des ruelles sombres.
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