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« Le chapardeur & le roi || Ft Sohai. [over] »

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Pacifiste

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I. Le chapardeur et le roi

Le reflet du passé n'est plus présent
www — La rumeur n'avait pas mis longtemps à se répandre telle une traînée de poudre. Le roi de la nation des volcans serait en voyage, du moins il serait sur le point de rejoindre la seconde cité de son pays pour diverses raisons. Certains affirmaient qu'il voulait se ressourcer tandis que d'autres avançaient d'autres doutes ; ceux que le souverain serait sur le point d'engager une violente bataille contre les Algiz. Nul ne pouvait se targuer de prétendre avoir la vérité mais un fait était bien réel dans tout cet amas de folies ; Hao était effectivement à Chang'an, rejoignant la Pagode d'Automne. L'épéiste avait passé beaucoup de temps dans cette demeure, tant d'années il avait essayé de se trouver un avenir, de se forger une image dans l'esprit de son paternel mais jamais il n'aurait cru pouvoir revenir en roi.

Il était torturé, presque angoissé. Comment son esprit allait-il vivre son retour dans cette espace familial dans lequel plus personne ne pouvait vivre. Il avait eu vent que sa soeur était passée par là mais au fond, il ignorait bien s'il voulait la voir ou non. La situation était trop étrange et son attitude bien différente pour espérer avoir une discussion agréable avec la cadette. Hao ne voulait d'ailleurs pas quitté la capitale mais les hauts dignitaires, anciens proches de son père lui avaient forcé la main, jugeant que le jeune roi perdait pied, enfermé dans un palais devenu d'avantage un cimetière qu'un lieu de souveraineté. Il ne voulait pas plus de tension et sans sourciller d'avantage, l'épéiste s'était retrouvé là, face à la Pagode, sur le point de pénétrer à l'intérieur. Paré pour entrer il se voyait interrompu dans son action.

Les soldats en sa compagnie semblaient avoir arrêté un enfant, une personne que le roi n'avait pas vu depuis bien longtemps. Prisonnier de ses pensées, il ne calcula pas tout de suite ce qu'il se passait mais l'insistance de ce jeune inconnu aux yeux de ses protecteurs incita le souverain pourtant bien détaché depuis le Grand Complot à se focaliser sur autre chose que son objectif. Il se permettait un soupir tout en se détournant vers le lieu des bruits qu'il jugeait désagréable. « Puis-je savoir ce qu'il se passe, bon sang ? » Le ton était sec mais pas agressif pour autant, ce dernier cherchant à garder un minimum de contenance face à son peuple. Puis il le reconnaissait, celui qu'il avait déjà pu rencontrer avant ce jour funeste. « Oh, que fais-tu ici ? » disait-il dans sa direction, interrogateur.




Celui qui souhaite le bonheur futur dort pour oublier les malheurs du passé… Il souhaite faire des rêves joyeux parce qu'il ne peut oublier la triste réalité.
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Le chapardeur & le roi

Ft Hao





Chang’an était une cité bien plus calme qu’Helios, même s’il y avait toujours cette atmosphère tendue, celle qui s’emparait de tout le pays, à vrai dire. Au moins pouvait-il flâner tranquillement à travers les rues, bien qu’il sente les regards posés sur lui. Sûrement à cause de son accoutrement qui laissait bien voir qu’il ne faisait pas partie de la classe moyenne, et encore moins de celle des plus riches. Lui, il s’en fichait, il y était habitué depuis bien longtemps. Sa marche nonchalante n’avait pas changé d’un pouce, et il levait de temps en temps la tête, la tournait pour pouvoir faire face à ceux qui l’épiaient. S’ensuivait un face à face entre lui et les quelques passants, du moins jusqu’à ce qu’il ne les ait plus dans son champ de vision.

Il avançait à travers les rues, sans vraiment avoir de but, jusqu’à ce qu’il ait l’idée d’aller à la Pagode d’Automne, sans vraiment savoir pourquoi. Il avait terminé ce qu’il avait eu à faire dans la cité, et sa patronne l’algiz étrange étant satisfaite de son boulot, il n’avait plus qu’à terminer son séjour dans les environs avant de repartir pour Helios. Autant se rendre dans un lieu qui lui était agréable et tranquille pour passer le reste de la journée. On disait qu’on pouvait visiter l’endroit, de toute façon.  Continuant d’avancer d’un pas lent et calme, il finit par apercevoir, près de l’entrée du lieu, une silhouette qui lui parut familière. Et ce même si elle était lointaine, et plutôt bien entourée. Bientôt, il comprit qui était la personne, l’homme qui était dans les environs. Il ne s’attendait pas à revoir Hao, surtout depuis qu’il était devenu le nouveau roi. Les rumeurs disaient qu’il avait grandement changé, mais Sohail était bien trop curieux pour ne se fier qu’aux paroles des autres.

Il pressa le pas pour pouvoir lui adresser la parole avant qu’il ne parte, mais il fut vite accueilli par la cavalerie, ou plutôt la garde royale. Ils avaient l’air encore plus stupide vus d’en face que vus de loin. Sohail fronça les sourcils, alors que l’un d’eux lui disait qu’il était interdit d’approcher sa majesté.

-Bah quoi ? Tu trouves que j’ressemble à un algiz ?! Dit-il d’une voix agacée, le défiant du regard.

Le soldat n’avait pas l’air très enchanté de cette rencontre, et il vit bientôt de la colère dans son regard. Cela tombait bien, lui aussi n’était pas content de voir sa sale tête. Cependant, la lutte fut de courte durée, car bientôt Hao venait voir ce qu’il se passait. Heureusement, et même si le temps avait passé depuis leur brève rencontre, l’homme avait l’air de reconnaître le voleur. Il s’adressa alors à lui, lui demandant ce qu’il était venu faire ici. Il lui sourit, et tout naturellement lui répondit :

-J’me balade en ville, c’est plus tranquille qu’Helios, ici. Je m’attendais pas à te croiser, ça fait une paye !

Il ne se souciait pas le moins du monde de sa manière de parler, ni même des regards noirs autour de lui.

-T’as un peu de temps ? Si c’est possible de se parler tranquillement comme la dernière fois.

Et donc de faire dégager les charlots qui servaient de gardes, en passant.






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II. Le chapardeur et le roi

Le reflet du passé n'est plus présent
www — La journée était ensoleillée et agréable ; à tel point que des souvenirs revenaient à l'esprit du roi. Des moments passés ici avec les membres de sa famille, à pouvoir profiter de l'union des siens et ce, malgré le sang royal qui parcourait leurs veines. Aucun des Sokaris ne faisait de différence, tous étaient égaux malgré les différentes mères qui leurs avaient donné naissance. A une exception bien entendu, la figure paternelle de la famille était un homme dur, un individu qui avait des objectifs bien précis pour lesquels il ferait tout, absolument tout. Le regard vers le ciel azuré, Hao plaçait sa main devant son visage afin de protéger un peu ses yeux face à la lueur de l'astre solaire, pensif. Il ne l'aimait pas du tout mais les beaux moments avec les siens lui manquent cruellement. La vive tristesse qui l'assaillait sur le moment était massive, insoutenable.

Heureusement pour lui, un jeune individu allait le sortir de ses pensées noires contre lesquelles il avait bien du mal à combattre. Tournant son attention vers les gardes, le souverain approchait avec lenteur, la main au niveau de son arme, paré à toutes les éventualités. Mais surprise, Sohail. « Calmez-vous. » disait-il sèchement vers ceux qui lui avaient juré une fidélité sans faille. Sur l'instant il maîtrisait sans mal sa brutalité intérieure, comme si le visage pur de cet adolescent le faisait reprendre pied un petit instant. « Je le connais, vous pouvez disposer je vous rejoindrais à l'intérieur plus tard. Je ne risque pas grand chose. » Il se moquait un peu du jeune voleur d'ailleurs son léger sourire en coin faisait son apparition. Et si la si grande différence de rang et de statut lui permettait de redevenir lui-même un instant ? Il n'allait point refuser l'invitation.

C'était donc ainsi, sous les yeux médusés de la garde que le roi se retrouva seul avec le jeune voleur. « Oh tu n'es sans doute pas le seul à penser que cette ville est bien plus agréable que la capitale. Helios est devenu un cimetière. » Il retombait un peu dans ses travers passés une poignée de secondes puis se reprenait, commençant à frôler du bout des doigts le pendentif autour de son cou. « Tu sais je suis le roi, je ne peux plus faire ce que je souhaite. Tout le pays repose sur mes épaules. » Certains pensaient qu'il en faisait trop mais Hao, lui, ne pouvait s'empêcher de se dire cela bien que son unique objectif s'arrêtait à la destruction des Algiz. « Il y a une petite cascade derrière la pagode que peu de gens connaissent. Tu veux y aller ? » Cela lui rappelerait de bons souvenirs, il l'espérait en tous les cas. « Que deviens-tu depuis ces quelques mois ? »




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Le chapardeur et le roi




Les gardes s’offusquaient, contemplaient la scène, mais le voleur demeurait droit, son sourire imperturbable, les ignorants bellement tout en continuant de regarder Hao. Ce dernier ne tarda pas à leur demander de partir, en ajoutant qu’il ne risquait pas grand-chose. Amusé, l’adolescent haussa un sourcil en voyant l’autre lui adresser un sourire moqueur, tandis que les gardes disparaissaient enfin de sa vue. Il ne se souvenait pas l’avoir vu comme cela, lorsqu’ils s’étaient rencontrés, la première fois. Hao avait été bien moins assuré, même s’il avait été bon de caractère. Il se souvenait encore de la conversation qui lui avait été agréable, la dernière fois qu’il avait passé un peu de temps avec le souverain, et désirait retrouver cette ambiance, même si son interlocuteur avait quelque peu changer.

Il regretta d’avoir parlé d’Helios quand il évoqua le mot cimetière. A cet instant, il eut une pensée pour un autre homme, celui qui autrefois avait été le majordome de l’une des sœurs d’Hao. Il devait sûrement pensé la même chose de la capitale, aujourd’hui. Ne souhaitant pas continuer de remuer le couteau dans la plaie, il hocha la tête lorsqu’il lui rappela son devoir de roi, même s’il avait l’impression que depuis la mort de feux son père, l’atmosphère dans les taudis était devenue plus tendue encore que de son vivant. Mais quand bien même il n’éprouvait pas un sentiment des plus positifs pour la royauté, comment pouvait-il blâmer l’homme juste en face de lui, lorsqu’il avait cette mine sombre et attristée ? Il ne pouvait pas le faire, et quand il lui proposa d’aller s’isoler près d’une cascade, Sohail répondit avec un sourire franc :

-J’te suis !

Ils prirent la direction de la dite cascade, puis Hao lui demanda ce qu’il devenait. Oh, il n’avait pas autant changé que lui l’avait été par le Grand Complot. Au faite, la vie dans les taudis n’avait pas tellement changée, si ce n’était que les gardes et soldats se faisaient plus présents au sein de la capitale. Et lui, il n’avait pas fait quelque chose de nouveau. C’était cette même routine, de voler et de parfois travailler pour le compte d’employeurs qui avaient une bonne somme à donner. Pour un citoyen de bas étage comme lui, pas de grands espoirs d’avenir, pas de grands changements à l’horizon : si en quelques mois il était resté le même, sûrement dans quelques années il ne trouverait pas de grandes différences dans son existence, si ce n’était les années passées et d’avoir été témoin du temps qui s’écoulait lentement sous ses yeux.

-Honnêtement, je n’ai pas beaucoup de choses à te raconter. Tu sais, dans les taudis, la vie n’change pas vraiment.

Mais peut-être était-il chanceux de pouvoir dire ça, peut-être que c’était mieux ainsi, de savoir que la vie demeurait la même et qu’il n’y avait aucune perte à déplorer. Quant à Hao, infortuné par la destinée, ne pouvait pas s’en estimer satisfait, des changements opérés. Sohail ne pouvait décemment pas lui renvoyer la question, ça ne ferait que prolonger un chagrin déjà connu de tous. A la place de ça, il laissa son sourire s’étirer en voyant la cascade lorsqu’ils arrivèrent à sa hauteur.

-Wow ! C’est beau ici, j’parierais bien que l’endroit serait bondé si les gens le connaissait.

[HRP : désolée, le message n'est pas tip top, je me rattrape au prochain post !]




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III. Le chapardeur et le roi

Le reflet du passé n'est plus présent
www — Il avait bien du mal à réaliser sur le coup la proposition qu'il venait de faire au jeune homme en sa compagnie. Le roi allait avoir besoin de courage et de force pour oser atteindre le lieu de son affirmation. Cette cascade était comme un lieu saint pour Hao, il le percevait tel un sanctuaire dans lequel toute sa famille avait pu passer des jours heureux et surtout, des instants sans une pensée pour la guerre ou les conflits liés à la géopolitique mondiale. Sans mal l'épéiste revoyait les siens jouer dans l'eau ainsi que le son incessant de l'eau en contrebas. D'ailleurs Hao pouvait l'entendre, tandis qu'il avançait en compagnie du chapardeur, son esprit le tiraillait, un frisson osait même venir le parcourir au fur et à mesure de son avancée. Pourquoi les choses avaient-elles dû avoir une telle tournure ? Un instant il se crispait à cette pensée puis vite, arborait une mine neutre.

Hao était un souverain et ce dernier devait se comporter avec la dignité et la ferveur que devait posséder un roi de sa stature. Kireïde était sa nation et il était hors de question de montrer une attitude négative aux yeux d'un membre de son peuple. Sans commenter il foulait le sentier, l'homme interrompant l'avancer non loin d'un immense buisson. « Et dire qu'il y avait un chemin avant. » Le temps passait et s'écoulait sans interruption, à tel point que la présence de sa famille sur cette terre était presque totalement effacée par la nature qui poursuivait sa vie. Un léger soupir lâché, Hao empoignait son épée afin de couper net dans la végétation luxuriante ; dévoilant ainsi un chemin de pierres descendant en contrebas de la cascade. D'un geste il indiqua à Sohail de le suivre, se demandant encore comment se comporter face à lui à présent qu'il était souverain de la nation des volcans.

Rien de ce qui l'avait façonné n'avait survécu au Grand Complot ; lui et son calme, son attitude en retrait en ou même cette aura aimable qu'il usait face aux inconnus. Le roi avait perdu toutes les bases et la conversation allait s'avérer compliquée. Triturant son pendentif, il se lançait. « Oh je comprends. Si les récents événements et la guerre peuvent en épargner certains, me voilà rassuré. » Il fixait alors la cascade afin de la contempler, puis ciblait son attention sur le jeune garçon. « C'est un secret familial, mon frère aîné aimait nous emmener tous ici afin de créer des liens, loin des yeux de l'ancien Roi. » Il se posait en tailleur sur un rocher, déposant son arme close dans son fourreau à sa droite. « Ce n'est pas faux mais tu peux en parler... » Il fermait les yeux, profitant des petites pellicules d'eau venant caresser son visage. « ... que ce lieu ne tombe pas dans l'oubli. »




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Le chapardeur & le roi




Il suivit Hao dans le silence, observant la petite cascade d’un œil vif, fixant l’eau limpide qui continuait de couler, comme si le temps n’avait jamais repris en ce lieu. Tournant la tête vers le jeune roi, il put apercevoir cette expression de tristesse douloureuse un bref instant, alors que l’homme ne voyait pas que le voleur l’observait. Chassé ce court instant, il s’assit à côté de lui, une jambe pliée, l’autre tendue, continuant de regarder le clapotis de l’eau quand elle trouvait enfin la fin de sa chute, ou quand elle tombait finalement sur les rochers, les arrosant et leur donnant une teinte plus humide et foncée. Il avait su dés qu’il l’avait vu au loin que les retrouvailles n’allaient pas être des plus joyeuses, mais il n’avait pas su que cela allait l’être à ce point là. Et même si le paysage était beau à regarder, même si l’atmosphère se devait d’être apaisante, il y avait toujours cette ambiance aux mélodies tristes, cette ambiance morbide qui demeurait dans les esprits des deux, mais surtout dans le cœur du premier. Il écouta l’anecdote du roi, imaginant les enfants de l’ancien roi jouer dans l’eau et profiter du beau temps. Hao, lui, ne devait pas avoir que de vagues impressions liées à son imagination, mais bel et bien de véritables souvenirs, avec des personnes qui lui avaient été tangibles, souriantes, heureuses…

Sohail fut un peu surpris des paroles de son ami. Il désirait que ce lieu soit connu des autres, que la vie puisse perdurer, plutôt que de garder l’endroit à lui seul, comme ce fut le cas pour sa famille, lorsque personne encore n’arpentait la Pagode. L’adolescent haussa les épaules, après tout, c’était son choix. Et peut-être serait-il plus bénéfique à cette cascade de voir d’autres enfants, d’autres familles s’y amuser, plutôt que de rester dans ce silence de mort pour encore une éternité.

-Comme tu veux.

Il laissa le silence planer encore un moment, observant l’eau calme. Il hésita un instant, puis laissa l’une de ses mains plonger dans l’eau : il eut d’abord un léger frisson à cause de sa froideur, puis petit à petit sa paume s’habitua à la température. Il fit quelques cercles de sa main, la laissant faire des vas et viens dans l’eau, alors qu’à la surface aucun bruit ne ressortait. Au fond de la cascade, il put entrevoir un instant quelques poissons colorés s’en aller, fuyant le chaos qu’avait du provoquer cette main si humaine.

-Tu sais, même si t’es devenu le roi…

Il avait bien perçu le mal aise que ressentait l’homme, la retenue dont il faisait preuve. C’était quand même assez ironique de savoir qu’il avait eu plus de conversation quand il était encore un garçon timide que maintenant, alors qu’il était un homme qui se voulait confiant et plein d’assurance.

-T’es toujours Hao ! Et puis, on est seuls, j’vois pas un rat dans les parages. Alors bon, rien de c’qui se passe ici n’sortira pas d’ici.

Et il devait savoir que Sohail laissait bien rarement les secrets s’ébruiter.





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IV. Le chapardeur et le roi

Le reflet du passé n'est plus présent
www — Comme depuis la disparition des siens, Hao se voyait sombrer une nouvelle fois dans la rage bien que cette dernière était intérieure. La frontière de ces deux sentiments était bien fine dans l'esprit du bien récent souverain à tel point que certains de ses proches le considéraient comme une personne instable à surveiller. Lui se contentait d'ignorer, fixant sa haine sur bien d'autres choses car cela il faut l'avouer, il ne manquait pas de points susceptibles de l'agacer. Là, sur l'instant, c'était sa propre personne qui titillait son être. Comment osait-il se montrer si faible face à son peuple ? Comment pouvait-il oser agir de la sorte ? Son père serait le premier à lui offrir une tape derrière la tête s'il était encore de ce bas monde. Assis il empoignait à nouveau son pendentif comme si sa vie en dépendait ; serrant le bijou dans la paume de sa main, le poing serré et crispé.

Puis il offrait réponse à son interlocuteur. « Je compte sur toi pour passer le mot, de toute évidence il serait aussi bien triste de voir un si bel endroit s’essouffler seul, dans la nature. » Il se redressant un peu tout en usant de cette parole, se plaçant cette fois sur les genoux. Son reflet sur l'eau le dévisageait, du moins c'est l'impression qu'il en avait d'autant que le mouvement et le contact de la cascade à la surface le faisait se mouvoir, donnant l'impression de faire face à la partie si infâme et désagréable de son âme depuis le Grand Complot. Hao réfléchissait trop, sa mère lui prononçait souvent ces mots et cela, le bretteur ne pouvait guère le contredire, au contraire. Il s'agissait d'ailleurs sans doute de l'une des rares facettes de sa personnalité qu'il pouvait se targuer de posséder encore. Les nouveaux propos de Sohail le faisait revenir, le remettait sur pieds.

Se redressant, il offrait un petit revers de la main dans l'eau afin de dissiper son propre reflet. Signe symbolique qu'il se reprenait, qu'il était temps qu'il arbore la confiance qu'un souverain se devait d'avoir. Ne jamais courber l'échine jamais. L'homme tournait enfin la tête vers le jeune voleur, le fixant cette fois-ci. « Je te remercie de me dire cela, je vais essayer de me reprendre tu as raison. Je me laisse trop submerger sur la question. » Il inclinait un peu son buste, la main au niveau du cœur. « Mais disons que je n'ai pas la même chance que toi. J'ai honte de dire cela, moi qui dort dans un palais, qui gouverne un pays mais ; ces derniers mois ont fait de moi quelqu'un d'autre. As-tu déjà eu une petite voix dans la tête qui te susurre des choses qui te paraissaient pourtant à une époque insensées ? » Il riait un peu. « Tu vas me prendre pour un fou, un aliéné. »




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Dernière édition par Hao le Ven 10 Mar - 14:56, édité 1 fois
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Le chapardeur & le roi





Il espérait que les paroles qu’il avait énoncé allaient rendre le roi moins tendu et un peu plus bavard. L’endroit était toujours aussi calme, plaisant, et le voleur ne voulait pas s’en aller sans s’être assuré qu’Hao allait bien de son côté. Au-delà du renfermement qu’il trouvait nouveau chez le jeune souverain, il percevait aussi un malaise qui semblait être resté collé à lui, comme une seconde peau qu’il avait obtenu depuis qu’il avait changé de rôle. Peut-être était-ce ainsi que l’on devenait quelqu’un d’autre, en tâchant de se voiler la face et d’entrer dans un nouveau rôle. Sohail lui n’était pas doué pour ce genre de jeu, et au contraire préférait se ficher de ce que pouvaient penser les autres de sa personne. Peut-être était-ce le contraire pour le roi, qui se voulait être proche de ses sujets, et la tâche n’allait pas être aisée, vu tout le travail qui l’attendait.

Hao avait l’air d’avoir entendu ses paroles, de comprendre qu’il fallait parfois se laisser aller et se retrouver soi-même plutôt que de chercher à aller trop loin. Cependant, le jeune homme ajouta qu’il avait bien changé depuis ces derniers mois. Comment ne pas le remarquer ? Tout avait changé, à commencer par son attitude. Avait-il changé, au fond ? Sohail ne le savait pas, mais tout ce qu’il voyait chez son interlocuteur, c’était qu’il était désormais en proie au doute et qu’il ne savait pas sur quel pied danser. Il haussa un sourcil quand il l’entendit lui parler d’une voix qui lui parlait. Oh, la voix de la conscience, cela lui arrivait qu’elle se manifeste, de temps en temps. Les personnes les plus sentimentales lui diraient quelque chose d’un peu idiot, comme de suivre son cœur car parfois cela pouvait être bénéfique. Mais lui n’était pas comme ça, lui avait trop été confronté à la réalité pour pouvoir vivre sur des avis basés sur un idéal qui n’existait que dans la tête de ceux qui avaient vécu avec les moyens de rêver.

-J’pense qu’on a tous une voix comme ça.

C’était du moins ce qu’il pensait, même si une bonne partie de la populace, en entendant des propos pareils, diraient que le roi Hao avait un grain. Mais comment ignorer que l’on avait parfois des désirs qui semblaient être totalement absurdes dans l’esprit ? Qu’il y avait des choses que l’on souhaitait faire, mais que l’on ne pouvait pas accomplir ? Est-ce que la nouvelle place d’Hao au sein du royaume l’avait poussé à faire des sacrifices et à oublier certains de ses désirs ? En avaient-ils d’autres qui semblaient plus réalisables, maintenant ? Il ne pouvait pas savoir sans le lui demander, et, honnêtement, ses dernières paroles avaient attisé sa curiosité, et il se demandait ce que pouvait avoir Hao dans la tête.

-Et elle te dit quoi, cette voix ?

Inutile de passer par quatre chemins, il n’était pas du genre à se gêner avec la délicatesse, la politesse ou il ne savait pas quand il s’agissait de parler avec quelqu’un, que ce soit un vieux mendiant ou le roi en personne. Et si le souverain ne voulait pas répondre, et bien, c’était un choix que respecterait Sohail.

[HRP :le post est pas super, pardonne moi T_T]





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V. Le chapardeur et le roi

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www — L'endroit l'apaisait. Le souverain ne savait jamais comment prendre les choses depuis son accession au trône, à tel point qu'il perdait souvent pied, qu'il ne dénichait plus l'attitude adéquate. Ses genoux appuyés sur le sol, il ne quittait plus des yeux la surface de l'eau et surtout, se laissait aller au son de la chute à quelques mètres d'eux. Une grande bouffée d'air. Le bretteur avait besoin de ce moment et en cela il remerciait le jeune garçon qui était apparu tel un ange salvateur capable de lui offrir un instant de répit, aussi court était-il malheureusement.

« Hm, je ne l'espère pour personne. »
balbutiait-il doucement pour lui même tandis que Sohail prenait la parole pour lui répondre. Une voix que tous pourraient entendre, le roi espérait du fond du cœur que personne d'autre que lui au sein de son peuple n'avait à endurer une telle situation. Le souverain n'arrivait pas à placer des mots précis mais au fond de son être, il percevait son âme comme maudite. Il s'agissait d'ailleurs de la première fois, l'unique fois où il abordait le sujet. Pourquoi au jeune chapardeur ? Là encore Hao se contentait de se laisser allé au gré du vent et de la nature qui les entouraient. Peut-être les souvenirs soudés à cet endroit lui permettaient de retrouver un tant soit peu de sa personnalité. Et si les siens disparus lui tendaient la main ? Cette pensée le faisait soupirer, un brin. Bien longtemps qu'il n'avait été nostalgique de la sorte.

Réalité. Il était bien loin d'être digne d'un roi, son honneur était d'avantage semblable à celui d'un enfant. « Ce qu'elle me dit ? Bonne question. » Les mots qu'il prononçait n'avaient ni queue ni tête et le jeune garçon était sans doute en train de le prendre pour un fou. Le bretteur empoignait une pierre non loin de lui, retirant la terre présente du revers de la main. « Il est difficile pour moi de te dire cela avec précision. Disons que les moindres de mes décisions sont reforgées par cette voix. » L'homme jetait alors le caillou dans l'eau, réussissant un ricochet avec brio. « Bref, je ne suis pas le plus à plaindre au contraire. Comment est la vie dans les rues ? Kireïde est elle autant souillée que cela par la pauvreté ? » Son attention se figeait à nouveau vers lui, intéressé.



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Dernière édition par Hao le Ven 10 Mar - 14:56, édité 1 fois
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Le chapardeur & le roi





La question avait-elle embarrassée le souverain du royaume ? Sohail pencha légèrement la tête, regardant Hao pour vérifier. Non, il réfléchissait vraiment à sa réponse, et à vrai dire, c’était une chose qu’il appréciait chez cet homme. Tout comme lui, il ne s’embarrassait pas tellement des futilités, même si, le voleur en était sûr, il devait bien souvent se forcer à le faire, au vu de son rôle prépondérant. Il sourit légèrement en le laissant réfléchir, contemplant l’eau de la fontaine devant lui, se penchant légèrement pour contempler les poissons qui tournaient encore dans l’eau, du moins jusqu’à ce que son ami réponde à sa question et jette une pierre dans l’eau, les faisant fuir, troublant quelques instants l’eau de la fontaine. Une voix qui lui disait quoi faire ? Il haussa un sourcil, mais n’émit aucun commentaire. Peut-être était-ce le deuil qui l’avait un peu changé…

Il fut légèrement surpris lorsqu’Hao s’enquit du sort des habitants des taudis. Il n’avait pas songé qu’après ces quelques mois mouvementés, il aurait pensé à lui et aux autres. Le voleur soupira, prenant le temps de lever la tête pour contempler le haut de la cascade, baissant petit à petit le regard jusqu’à ce que ses yeux atteignent les écumes d’eau qui explosaient à son pied. Il ne voulait pas ajouter d’autres soucis dans la tête de son ami, qui devait en avoir déjà assez en tête, mais ce n’était pas le genre de Sohail de mentir pour faire plaisir. Il se devait de lui dire la vérité, telle qu’elle était, qu’elle plaise ou non. Il n’aimait pas laisser les gens avancer à l’aveuglette, de les faire fermer les yeux sur des vérités plus que visibles. Il se tourna de nouveau vers le jeune homme, lui faisant face.

-C’est toujours aussi sale. Les gens sont toujours aussi pauvres, p’t’être plus qu’avant, et les gens se retrouvent toujours obligés de se débrouiller à leurs manières pour avoir de quoi manger.

C’était là la vérité, même si elle avait été dite sans en dire trop sur les détails. Il y en avait, des vertes et des pas mûres, des détails sordides qu’il voyait ou entendait mais qui ne pouvaient pas se dire ouvertement. Alors il préférait se taire, se contenter d’au pire parler de ses vols, qui n’étaient pas les pires choses dans les taudis. Il le disait sans se plaindre, faisant juste le constat de ce qui se passait autour de lui. Puis il ajouta :

-Et la présence plus grande des soldats, ça n’aide pas vraiment.

Cela mettait même en colère les habitants des taudis, qui espéraient plus de la part du roi ou de ceux qui étaient en charge de ce problème.





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VI. Le chapardeur et le roi

Le reflet du passé n'est plus présent
www — Hao ignorait si il avait bien fait de parler avec autant de franchise de cette fameuse voix. Pour autant le poids pesait de plus en plus lourd sur ses épaules depuis la disparitions des siens et, pouvoir en discuter de cette manière l'avait en quelque sorte exorciser au moins pour un instant. Le bretteur avait pris cette habitude se satisfaire de si peu, telle une main salvatrice qu'il ne pouvait décemment pas refuser. Le Grand complot avait changé son âme, l'avait souillé et il avait ce besoin, surtout que le jeune garçon est loin, très loin des hautes sphères de la société. Au fond, le roi se sentait un peu coupable de l'utiliser ainsi mais la fraîcheur et la franchise du chapardeur lui faisait du bien. Pour une fois depuis longtemps il avait agit sans trop de réflexion.

Jetant la pierre dans la masse aquatique, Hao réalisé soudainement que Sohail observait les poissons et qu'il venait sans le réaliser de faire fuir toute cette phase admirative. « Oups, navré. » s'excusait-il tel un enfant venait de faire une bêtise peu banale. L'homme retrouvait de son naturel qui lui manquait tant ; point de vue partagé par les siens, ses proches mais aussi par lui-même. L'eau était un véritable élixir pour sa nouvelle attitude, elle l'apaisait et le soignait de ces maux. Même si la durée pouvait s'avérer bien courte, il ne regrettait rien. Il questionnait alors le garçon sur son quotidien, réellement intéressé par ce qu'il pouvait vivre. Il fallait apprendre à voir, percevoir plus loin que le bout de son nez.

Se replaçant en tailleur, le souverain se tournait vers son interlocuteur, intrigué mais surtout soucieux de ce qu'il entendait. « Je vois... je pense que des excuses ne serviraient à rien. Et j'imagine aussi que jamais je ne pourrais cerner ce que les tiens pouvez vivre dans les taudis. Malgré tout, je veux que tu saches qu'une fois l'honneur du pays retrouvé, je m'attarderais sur cette facette de notre nation qui ne me plaît guère. » Il était sincère, Hao le pensait vraiment pour autant il n'en démordait pas. La guerre, les conflits, il ne pouvait pas les abandonner ou même fermer les yeux sur eux, bien au contraire. Son esprit, si le roi le laissait se prononcer à sa guise se permettrait même de penser que les Algiz sont les fautifs de la pauvreté ce qui est dans le concret, faux.

Le bretteur joignait les mains, pensif puis reprit la parole. « Les soldats ? Je peux que comprendre que cela oppresse le peuple mais il faut aussi comprendre que la situation géopolitique n'arrange rien. » Il esquissait un léger rictus en s'adressant à lui, secouant la tête par la suite. « Oulah, je vais finir par te prendre la tête, là. Tu vas penser que je suis comme tous les autres. » Sa mine amusé restait là, figé sur son faciès quelques minutes pour s'estomper à ses propos suivants. « Mais de toute évidence, leur nombre va s'amoindrir. Le pays risque d'avoir besoin de toutes ses forces disponibles. » Hao acquiesçait un peu pour appuyer ses propres dires. « Je ne peux en dire plus mais sois prudent à l'avenir. »



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Sohail ;

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Le chapardeur & le roi





Sohail sourit lorsqu’Hao s’excusa après avoir fait fuir les poissons, réjoui que son ami retrouve petit à petit son naturel. Il avait écouté ses paroles, visiblement, et il préférait de loin cet Hao là que celui qui se forçait à se donner une contenance et un air froid pour paraître plus impénétrable.

-C’est rien, dit-il tout simplement.

De toute façon, la conversation avait tourné à quelque chose de plus sérieux dés lors que le jeune souverain s’était penché sur le sort des habitants vivants dans les taudis. Le voleur lui avait dit tout ce qu’il savait, ce qu’il voyait, ce qu’il vivait, et maintenant, patiemment, attendait la réponse de l’homme. Il fut surpris de le voir répondre avec une mine légèrement soucieuse, car même s’il savait qu’assurément Hao s’inquiétait pour son peuple, il avait parfois l’impression que le roi en était toujours un peu trop distant, parfois. Il disait qu’il allait s’occuper de ça une fois que l’honneur du pays serait retrouvé. Nul doute qu’il parlait indirectement du problème des algiz, mais Sohail se demandait si ce n’était pas peut-être mieux de se soucier de son peuple avant d’aller mettre le nez à l’extérieur de celui-ci. Mais bon, après tout, le garçon des taudis n’y savait rien en politique, et il doutait bien que Hao ne resterait pas les bras croisés après ce qui était arrivé à sa famille. Et même s’il pensait qu’il y avait plus important que cette vengeance – du moins pour l’instant – il percevait la sincérité dans le ton de l’homme, et il fut un peu soulagé de savoir qu’il avait énoncé la situation des siens à une oreille attentive. Il aurait bien parié sa main à couper que s’il en avait parlé à un conseiller, ce dernier aurait hoché la tête et répondu quelque chose au hasard juste pour se débarrasser de lui et reprendre sa petite vie tranquille.

En entendant la présence soutenue des soldats, il lui dit, la mine désolée, qu’il n’avait pas le choix, vu la situation dans laquelle ils se trouvaient. A ce moment là, Sohail ne put s’empêcher de rouler des yeux et de regarder le ciel. Oui, il avait bien compris ce qui se passait autour de lui, et les autres avaient tendance à utiliser les grands mots pour finalement énoncer trois fois rien. Mais lorsqu’Hao lui-même se rendait compte qu’il fonçait droit dans le panneau, l’adolescent ne put retenir un rire, amusé sans être moqueur, chose plutôt inédite, vu comme il appréciait railler les autres juste pour pouvoir s’amuser un peu. La suite de sa phrase fut moins drôle, quand elle percuta les oreilles du jeune voleur et qu’il se rendit compte de sa bêtise. S’était-il plaint pour rien, en sachant maintenant que certains d’entre ces soldats étaient susceptibles de partir en guerre ? Il était un voleur, dit comme ça, il paraissait être un gamin sans cœur, et pourtant, la pensée de partir en guerre l’effrayait un peu, au fond. Il songeait même que cela était inutile.

La mine de l’adolescent devint plus sombre quand il se rendit compte de la possible gravité des événements à venir.

-C’est toi qui devrais l’être.

Il regarda sérieusement son ami un instant de plus, et même si à peine deux minutes avant il lui avait dit d’être lui-même, ça ne voulait pas dire de courir prendre des risques sans se soucier des conséquences pour lui-même. Pendant une seconde, il pensa à Cyrus qui avait lui aussi pris dernièrement quelques risques, et la seconde d’après il se demanda si finalement il n’était pas un peu plus prudent que les adultes qui étaient autour de lui.

-J’aimerais bien te trouver avec toutes tes dents la prochaine fois qu’on se voit.





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LE CHAPARDEUR ET LE ROI ;
LE REFLET DU PASSÉ N'EST PLUS PRÉSENT

Bien longtemps que le souverain n'avait pu prendre son temps à rêvasser, à discuter sans se soucier des potentiels regards des autres à son encontre. Jamais il n'avait imaginé devoir prendre le pouvoir, à endosser tant de responsabilités lui qui a toujours été mis de côté par ses pères. Assis en tailleur, Hao ne pouvait plus détacher son attention de la cascade en face d'eux, le son tonitruant de cette dernière le berçant quelque peu, le sortant de ses torpeurs récentes pour enfin avoir ce moment paisible à parler sans avoir à peser le pour et le contre. Il faut l'avouer, la capitale est un nid de rapaces dont il se serait bien passé.

Moins crispé qu'à l'accoutumé, il se permettait un soupir de soulagement, perdant quelque peu de sa stature droite et rigide qu'il s'évertuait à aborder à longueur de journée. Ses épaules s'affaissaient un peu, brisant son allure distinguée. Au rire du jeune homme Hao se permettait même un rictus sincère, ce dernier essayant de profiter de l'instant sans se soucier de ce que la suite des événements allait lui faire endurer. Puis son instinct, comme une envie insoupçonnée que le roi venait assouvir sans même le réaliser. Sa main droite, ses doigts, ils viennent s'enlacer autour de son pendentif. Un geste anodin qui le rassurait souvent.

Sa mâchoire se crispait à l'allusion des nouveaux sujets, de la potentielle utilité des soldats et donc, de leur disparition des taudis. A cela, Hao se tournait vers le jeune garçon, détachant enfin son attention de l'eau en mouvement face à lui. « Oh tu sais, je ne risque pas grand chose, je suis le roi ; Il haussait ses épaules tout en reprenant la parole sur un ton plutôt calme bien qu'il se voulait sûr de lui. « Mais tes paroles me vont droit au cœur malgré tout et j'essaierai de faire attention de mon côté si toi aussi tu fais de même. Je te rassure malgré tout, la guerre ne se présentera pas à la capitale mais qui sait ce qui peut arriver.

Oui, qui sait ? Au final le bretteur avait du mal à imaginer les potentielles conséquences qui toucheront le pays après cette bataille. Il savait au fond de lui qu'il ne restera pas passif dans cette guerre et qu'il sera au front mais, inutile d'inquiéter le jeune garçon pour si peu. « Je prends note, elles seront aussi belles que maintenant ; il se permettait un sourire carnassier, désignant ses dents du doigts tout en figeant à nouveau une mine neutre sur son faciès royal. « Bon, je ne devrais pas tarder. A moins que tu es autre chose à me dire ou à m'annoncer ? ; dit-il tout en se relevant, récupérant son arme posée au sol dans la foulée.



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Le chapardeur & le roi





Hao avait l’air de s’être détendu depuis le début, mais lorsqu’il entendit les paroles du voleur, ce dernier perçut qu’il avait repris tout son sérieux. Le jeune garçon aurait apprécié de continuer de parler comme si de rien était, de tout et de rien, comme ils l’avaient fait à leur précédente rencontre et comme ils l’avaient fait en ce jour, mais il ne pouvait se résoudre à faire taire ou tasser les véritables problèmes auxquels Kiréïde faisait face, et dont il restait le témoin. L’homme tourna la tête pour lui faire face, un air calme sur le visage, une expression neutre, et Sohail saisit qu’il était petit à petit en train de reprendre entièrement son rôle de roi. Il se demanda si cela ne deviendrait pas trop lourd, à un moment, de supporter tout ce poids sur le dos… Mais il n’émit pas ses doutes à voix haute, écoutant son ami dont les paroles se voulaient rassurantes au sujet de la guerre à venir.

-Je l’espère aussi.

Il ne voulait pas que la capitale se retrouve ravagée, ni même ses habitants tués, même s’il ne portait pas Hélios dans son cœur, la considérant plus comme une prison infernale pour ceux qui vivaient dans les taudis que comme un refuge brillant. Et même si le chapardeur ressentait de l’inquiétude quant à l’avenir, il sourit en voyant Hao lui montrer toutes ses dents en un large sourire, comme s’il allait vérifier qu’elles étaient toutes bien là pour qu’il puisse le refaire la prochaine fois qu’ils se verront. Ce qui venait, en fin de compte, à ce que chacun promette à l’autre de ne pas commettre un acte insensé pour les mois à venir, au moins. Il se doutait bien qu’au bout de quelques semaines tout cela sera bel et bien compromis, mais à l’instant même la situation l’amusait un peu. Il hocha la tête en concluant :

-Alors on a un deal.

Quand le souverain se releva, le voleur demeura quelques secondes de plus pour contempler le paysage une dernière fois, pendant que c’était encore vide et paisible, pendant qu’il n’avait pas encore beaucoup trop de soucis. Il aurait aimé que cette conversation aux airs insouciants se prolonge encore un peu, mais le temps s’écoulait encore trop vite pour leur en laisser le temps. Il se leva à son tour, délaissant cet instant de tranquillité pour encore aller de l’avant, comme il le faisait à son habitude.

-Non, j’te laisse pas trainer plus longtemps. Tu dois avoir beaucoup de boulot.

Et lui aussi, d’ailleurs. Pas qu’il n’aimait pas glander tranquillement près d’une cascade, mais il devait toujours s’en mettre dans les poches pour ne pas mourir de faim, et il était en partie venu ici pour effectuer un travail. Maintenant qu’il avait vu Hao et qu’il avait pu constater qu’il allait bien, il lui semblait inutile de le retenir plus longtemps et de lui faire perdre du temps. Ses petits soldats devaient sagement l’attendre comme des petits chiens bien dressés, en y repensant.

-J’espère qu’on pourra se reparler comme ça un de ces quatre.






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