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« Une promesse pour un lendemain ▬ Oadyn et Iris »
Bell ;

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Nouvel aventurier

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«Je pense que c'est assez.»

Le général se leva de sa chaise. Le regard un peu irrité, il fit signe à la jeune Algiz de se retirer sans se faire prier. Non pas qu'il était mécontent de son travail ; il n'avait rien à redire quant à cela, mais lui qui n'avait jamais été marié, il n'était en aucun cas habitué au long et fastidieux rituel de préparation des femmes.

C'était Hecbert, l'assistant perfectionniste, qui avait suggéré de magnifier un tantinet l'invitée pour cette occasion. En réalité, il s'était indigné de la négligence de son maître, estimant que dans le cas d'une audience avec le roi, il faudrait mieux que des habits civils et une simple coiffure à la jeune fille pour faire bonne figure.

«J'ai suffisamment attendu. Permets-moi de te faire un dernier rappel du protocole, car comme je l'ai laissé entendre ces derniers jours, on ne se comporte pas au palais comme dans les bas-quartiers. Mais ça, tu es assez bien placée pour le savoir.»

Il croisa les bras.

«Tu resteras silencieuse jusqu'à l'audience. Peu importe qui voudrait t'adresser la parole en chemin : soldats, gueux ou nobles, tu garderas la bouche bien fermée jusqu'à ce que nous soyons arrivés devant le roi. On dit que le silence est d'or, après tout, et j'estime que dans la situation qui est la tienne ; il vaut mieux s'en tenir à son argumentaire, et rien d'autre. Cela dit, il m'étonnerait fortement qu'on vienne déranger notre marche.»

Il fit quelques pas pour se détendre les jambes.

«Une fois là-bas, je te présenterai moi-même au roi et j'entamerai l'audience avec ton cas. J'exposerai brièvement la situation selon mon point de vue, et demanderai la permission à notre souverain de bien vouloir écouter notre requête. Tu n'auras plus qu'à parler pour faire part de tes revendications.»

Hecbert ouvrit la porte, talonné par le général.

«Allons-y. Et ne te salis point en cours de route.»

♦    ♦    ♦

Ils arrivèrent très vite au palais, là où les gardes, déjà prévenus, les firent entrer sans le moindre soucis. Un serviteur un peu rondouillard, probablement une connaissance d'Hecbert, les mena directement jusqu'à la salle du trône, là où l'audience devait se tenir. Il s'arrêta net devant la porte, qu'il ouvrit doucement, et convia les deux intéressés à rejoindre le souverain d'Ilmyde. L'assistant du général, quant à lui, resta discuter près de l'entrée.

Le général marchait doucement, le dos droit, précédé de la jeune femme à qui il avait intimé de se faire petite jusqu'à l'échange. Il arriva finalement face au roi, devant lequel il s'inclina bien bas.

«Mon roi. Me voici, comme convenu. Je viens aux nouvelles ; de grandes nouvelles, assez importantes pour qu'un serviteur ne suffise point à en raconter correctement les circonstances.»

Il se redressa.

«Tout d'abord, voici Iris, ou plutôt de son vrai nom, Dorothée. Vous, mon roi, avez sans aucun doute remarqué l'étonnante ressemblance qui sied aux anciennes décorations de ce château, et pour cause, Dorothée est une ancienne princesse d'Ilmyde. Elle est venue jusqu'ici, en toute honnêteté, pour vous faire part de sa proposition.»

Le général sourit alors, un sourire poli, autant dirigé à son souverain qu'à la jeune femme à côté de lui.

«Si vous me permettez, j'aimerais ajouter que, à titre personnel, je me porte garant de sa parole, dans la mesure où celle-ci m'a paru de bonne foi, et totalement dépourvue de malice. Ceci étant dit, lui feriez-vous l'honneur de l'écouter ?»

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We are the reckless we are the wild youth
dans l'éclat froid du miroir je me revois ; les ombres du passé se redessinent dans les courbes imparfaites du tissu
le corset me serre mais je ne dis rien, je garde le haut dos mes doigts venant pincer délicatement le textile précieux de la robe qui retombe sur mes jambes de marbre
et ses doigts s'activent dans ma tignasse tressant sans difficulté les longues mèches qui retombent habituellement (folles) dans mon dos
il est étrange de me revoir ainsi
de me vêtir de ces tenues que j'avais par dizaines et que je me complaisais à essayer quand on me demandait de sourire au peuple
je lui esquisse une mine enjouée dans le reflet du miroir et il me répond presque discret ; il y'a des affinités qui ne trompent pas et crois-moi bell je porte ton cher hecbert dans mon myocarde qui vibre en écho avec cette nervosité déplacée
et la tresse devient couronne autour de ma tête il y'a quelque chose de prenant dans l'art de la coiffure tu sais
((pourquoi interrompre ainsi l'artiste tandis qu'il vérifie les détails insignifiants qui dit tout))
je t'envoie un regard courroucé en murmurant pour lui et non pas pour toi
je ne vous remercierai jamais assez hecbert.
et il vient déposer cette cape de couleur givre sur moi car rien ne suffira pour combattre le froid mordant d'ilmyde
je me relève et te fais face tandis que tu commences ces grands discours dont tu en es spécialiste et cela m'agace que tu parles comme on sermonne une
e n f a n t
((n'est-ce pas ce que je suis))
je sais tout ça bell je suis une princesse tu sais tu sais tu ne pourras jamais me battre dans l'art de la courtoisie et des faux sourires des révérences et des salutations
tout ça n'est que superflu, tu te doutes que je sais déjà tout ça ; j'ai fréquenté plus longtemps le palais que les bas quartiers. comme tu dis : allons-y. et effectivement il serait fort dommage de tâcher une aussi jolie toilette.

• ♛ •

je n'ai pas fait ma fière quand je déambulais dans les rues nez droit regard profondément ancré face à moi ((ne pas les détourner surtout surtout pas))
ne pas répondre à ceux qui demandent de l'attention et continue de soulever du bout des doigts gelés mes pans de ce que je suis vêtue
une terrible
n o s t a l g i e
((j'ai envie de vomir))
car ce lieu est chargé de tout pour moi tu sais bell
de ma vie, de mes pleurs en tant qu'enfant au massacre qui m'a séparée de ceux qui étaient tout
de ceux que tu as tué de tes crocs, bell
des scènes floues et dire que
je vais vous rencontrer, vous le meurtrier vous qui ne méritez pas d'être sur ce trône
j'ai un goût amer dans ma bouche auquel je n'arrive pas à me détacher qui persiste encore et encore je me retiens de ne pas faire demi-tour en courant
((en arrachant ces vêtements qui disent tout ce que je ne suis plus))
la salle du trône
je revois mon frère tu sais
je revois ma belle-sœur aussi celle qui me faisait des clins d’œil avec son sourire
((je crois que je vous déteste tous autant que vous êtes))
pourtant je crois que j'arrive à rester légère avec un sourire tendu gravé sur les lèvres
et nos pas résonnent dans l'immensité
et nous voilà face à vous
vous qui m'avez tout pris vous qui êtes ce que je crains et que j'ai envie de massacrer sur le champ
et pourtant
et pourtant dans quelques instants je vais vous proposer de vous donner ma personne ; mon identité et mon titre perdu
((je m'incline et contrairement à toi bell je ne me relève))
je reste le front bien bas car les choses sont ainsi ; car je suis tombée si bas dans la hiérarchie que je dois attendre vos ordres pour me redresser
et bell bell tu me présentes et mon coeur bat ; mes mains tremblent et je ferme les yeux je prends une inspiration
je suis dorothée oui
je suis dorothée de nouveau et je suis sûre que vous me connaissiez oadyn mon cher roi
car vous n'êtes pas stupide car vous avez dû vous renseigner un minimum avant de nous égorger
tu termines de parler bell et je prends la suite, je dis clairement avec tout le respect que l'hypocrisie me permet comme un salut comme ce respect que je ne vous donnerai jamais
mon roi.
((ce titre que vous avez volé à mon aîné))
BY MITZI
Oadyn ;

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Le roi est assis sur son trône, promenant son regard sur la salle vide. La main gauche sur l’accoudoir et la droite soutenant sa tête, il se souvient de la scène qui s’est déroulé ici autrefois. Cette pièce macabre, sordide durant laquelle le sang coulait à flot tandis que ses crocs déchiquetaient les chairs dans les cris et les suppliques. Ce souvenir lui arrache un sourire mauvais. Ce jour où tout a changé, où la bête à pris de l’importance et est devenu souverain. Mais cette vague de nostalgie ne l’occupe qu’un instant avant que l’ennui ne revienne. Il attend, croise les jambes, puis les décroise, change de position une ou deux fois avant qu’enfin un bruit brise le silence. La lourde porte décorée s’ouvre et dévoile Bell, dans toute sa magnificence naturelle. Oadyn avait reçu l’information, un peu plus tôt dans la journée, que son fidèle allié avait quelque chose à lui annoncer. Et tout de suite, le loup blanc s’était montré intéressé par le fait que Bell désirait lui donner la nouvelle de vive voix. Cela ne pouvait qu’augurer une nouvelle importante. Ce n’est que quelque seconde plus tard qu’il remarque la présence de la deuxième personne, une jeune femme qui, bien qu’inconnu de prime abord, lui donne une étrange impression. Sa démarche, peut-être ? Elle semble si rompu aux arts de la cour qu’Oadyn lui-même ignore la plupart du temps. Son physique ? Bien qu’il n’arrive pas à mettre le doigt dessus, le Premier d’Ilmyde sait que quelque chose cloche chez cette jeune fille, quelque chose d’anormal dans son palais. Il a presque l’impression qu’elle connait déjà les lieux. Est-ce que… « Bell, mon cher, ne me laisse pas ainsi sur ma curiosité. Parle. Dis-moi ce qui pourrait être si important. »

Durant toute son élocution, son regard ne fixe pas Bell une seule fois. Non, ses yeux froids n’ont de cesse de chercher ceux de la demoiselle. Il veut que leurs regards se croisent, qu’il puisse enfin mettre le doigt sur cet étrange malaise que sa personne ressent. Et c’est enfin qu’il comprend. Il n’a pas besoin des explications du lion car ce prénom prends déjà tout son sens. Cela aurait pu être n’importe quelle Dorothée ordinaire, quelconque et sans intérêt. Mais avec cette prestance, il ne peut s’agir que d’un membre de l’ancienne famille royale, si habituée des lieux. Car Oadyn connait les noms et prénoms de chacune des personnes qui dirigeaient le palais autrefois, c’était d’une importance capitale à l’époque de la révolution. Son regard se fige tandis que sa main se referme sur l’accoudoir du trône. L’un d’entre eux a donc survécu ? Et elle est désormais dans son château, héritage dont il l’a dépossédé dans le sang et la mort. Ne bougeant toujours pas de son fauteuil, le Roi la toise, la domine de toute sa hauteur. Il reste silencieux, dédaigneux et hautain. Cruel même. Car à l’instant même où ces deux mots s’échappe des lèvres délicates de Dorothée, il lui livre un sourire carnassier, destructeur. Il jouit de cet instant, de cette dominance qu’il éprouve sur elle, sur son illégimité à se trouver en ces lieux d’histoire pour sa famille et ses ancêtres. Cette histoire qu’elle devait sans doute posséder autrefois, qui était la fierté de cette noble famille, il l’a détruite de ses seuls crocs. Oadyn a longtemps pensé qu’un survivant de ce massacre serait plus une gêne qu’autre chose et qu’il faudrait s‘en débarrasser au plus vite. Mais il ne se doutait même pas de l’infâme satisfaction qu’il tirait de cette étrange situation. Il imagine avec perfidie le typhon qui devait avoir lieu en elle, ainsi que l’effort surhumain dont elle avait fait preuve pour lui adresser la parole. « Ainsi, il restait donc de ces bâtards en liberté. Moi qui pensais avoir plongé mes crocs dans chacun d’eux, voilà qui me navre. »

Il se lève avec dextérité du trône et d’un bond, il saute au-dessus des cinq marches qui sépare le fauteuil royal du reste de la plèbe. Il se réceptionne non loin de Bell, auquel il adresse enfin un regard depuis le début de cette audience. « Effectivement, il est préférable que ce soit toi qui m’ait fait part de la nouvelle. Cependant… » Bien qu’il se permette de tutoyer son général, il n’autorise pas à ce que ce dernier en fasse de même. Pour une raison tout aussi perfide que son esprit. Bell est un excellent guerrier, presque au même niveau que son roi. De fait, ce dernier se doit d’imposer une quelconque preuve de sa supériorité, pour ne pas faire germer en lui quelques mauvaises idées. Bien sûr, à aucun moment il n’a douté ni ne douterait de la loyauté de son subalterne, d’où la perfidie de cet acte superficiel. « Tu aurais dû m’en faire part avant, plutôt que je ne découvre son identité à la dernière minute. Enfin, ce n’est pas si grave que cela. » Il n’en veut pas au lion, pas le moins du monde. Mais son tempérament, son caractère si naturel fait qu’il dit trop souvent ce qu’il pense, sans artifice grossier. Le Roi s’approche alors d’Iris, Dorothée ou peu importe son nom. En cet instant, elle n’est rien ni personne, image ectoplasmique d’une royauté détruite et dépassée. « J’accepte d’entendre ce que tu as à dire, petite fille. Tu peux même relever la tête. Mais n’oublie pas une chose. » Il croise les mains dans le dos avant de se baisser pour arriver au même niveau qu’elle, afin qu’elle entende parfaitement bien ce qu’il allait lui dire. « La fierté que j’éprouvais à me dire que j’avais égorgé, annihilé chaque membre de ton clan vient de s’émousser par ton existence. Et tu dois savoir que chez moi, la fierté est importante. » Il se relève alors et recule d’un pas, son sourire froid toujours sur le visage. Qu’allait-elle bien pouvoir lui proposer ? Combien de temps Oadyn résisterait avant de céder à la terrible envie qu’il éprouvait de la tuer sur le champ ?


Le bien ? Le mal ? Des concepts fallacieux, rien de plus. Car la justice n'est pas une notion arbitraire, elle n'impose pas ses lois équitablement envers tous les hommes. Car la justice appartient aux vainqueurs, non aux vaincus.
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Bell ;

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Nouvel aventurier

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«Il est vrai. Pardonnez mon manque d'initiative.»

Le général recula. Il savait que, désormais, le loup blanc avait posé son regard sur la jeune femme, et qu'il ne se détacherait pas de sa proie tant qu'il n'aurait pas eu ce qu'il souhaitait. Il se plaça un peu en arrière, non loin de Dorothée, et croisa les bras pour surplomber l'échange. Cette façon d'entrer le vif du sujet, cette manière bestiale de s'adresser à ses adversaires ; ils les connaissaient bien. C'était d'ailleurs une des principales raisons pour lesquelles il s'était ligué avec lui, quelques mois auparavant : le nouveau roi avait un instinct à toute épreuve, comme si Grayling elle-même lui avait accordé ses faveurs pour en faire un Algiz au-delà des Algiz.

Si Ilmyde, en soi, avait besoin d'un roi sage et aimant, le caractère d'Oadyn n'était, au goût de Bell, pas aussi incompatible qu'on pouvait le penser : le souverain savait s'y prendre pour mener les foules, et même si son attitude suggérait le contraire, il était rempli d'empathie envers son peuple. C'était ce que le général avait recherché toute sa vie, après tout ; une fureur inexorable à mettre au service de la patrie, pour ne pas s'enliser dans la stagnation et, encore une fois, redonner aux hommes-bêtes le droit de diriger le monde. Le coup d'état avait été un premier pas vers cet idéal jadis si incertain.

Maintenant, lui, l'héritier de la famille Harper, avait également le droit de faire avancer les choses en sa qualité de général : la soumission de l'ancienne princesse était d'ailleurs une des nombreuses avancées dont il pouvait s'enorgueillir, car de par sa collaboration, la nouvelle royauté pourrait unifier le peuple et faire taire les derniers révolutionnaires une bonne fois pour toute. Certes, le blond avait une once de respect pour ceux qui osaient encore s'élever contre le régime, mais avec le paysage sanglant qui se profilait à l'horizon, il n'y avait plus de temps à perdre. En ce sens, la proposition de Dorothée était une bénédiction.

Il n'avait plus qu'à observer l'histoire se mettre en marche.

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We are the reckless we are the wild youth
et j'ai senti, j'ai senti vos yeux qui fixent et qui cherchent ; qui creusent pour croiser les miens et j'ai refusé ce contact car j'ai besoin d'appréhender cette chose laide laide que vous êtes
et qu'il est douloureux de tout contenir sans laisser exposée une faiblesse
((je refuse d'entrevoir votre sourire où même l'imaginer))
j'ai trop de fierté pas assez d'humilité pour vous affronter complètement ; car je sais que j'en serai perdante si je m'aventurais contre vous dans le jeu des regards
vous prenez la parole et je ((les)) sens les deux lames pointées sur moi et rapidement je comprends je comprends
((que vous devez me détester autant que je vous hais))
les mots fusent et mon corps tressaute ; l'insulte m'atteint et je m'avoue vaincue
vaincue car je suis si faible vaincue car
((vous êtes réellement l'image de tout ce que j'ai perdu))
je reste bien bas et je ne discute ; je me mords la lèvre pour extérioriser tout ce que vous ne voyez pas
et vous parlez à bell à ce cher bell
je crois que je viens de me rendre que
((aucun de vous deux n'est pas mon allié))
il n'est pas question d'un vous et d'un tu
mais d'un unique vous
un assemblage de deux et j'ai eu la naïveté de croire que parmi vous il y'aurait un allié de choix
je m'en veux, d'être stupide
alors je serre la mâchoire et je continue mon perpétuel silence car vous êtes tout ce que j'aurai dû éviter et que je dois faire semblant semblant de vous surpasser et de ne pas frissonner
je vous sens, un peu trop proche à mon goût
si proche que si je tendais le bras
((je pourrais toucher l'homme qui a dirigé le massacre qui m'a tuée en partie))
ce surnom dont vous m'affublez
((petite fille))
il aurait pu être tellement de chose
amusant moqueur affectueux
et je ne vois dedans que du dédain du manque de respect
((je ne mérite donc plus mon nom))
vous me traitez comme une enfant et ça me donne dans la bouche un goût de révolte
vous me traitez comme une enfant et je préfère relever le menton et vous affronter plutôt que d'accepter ce traitement
quand vous le dites, je relève mon menton avec toute la quiétude du monde ; le visage fermé le dos droit les mains enserrées derrière pour les empêcher de trembler
vous vous penchez et je respire je respire pour ne pas oublier
((on m'a toujours appris à respirer pendant mes moments de nervosité de sentiments forts ressentis là là où tout commence dans le cœur))
comment peut-on être fier de cette horreur
d'avoir vaincu par les crocs et non pas par la parole dites-moi
et vos dernières paroles sonnent comme une menace mais je ne tangue pas je reste ce que je suis ce que j'étais fière un peu trop sûrement même
alors je m'éclaircis la voix et moi aussi je joue avec les yeux avec tout ce qu'on peut transmettre
((vous aurez beau me dominer par votre prestance par votre taille votre physique))
vous n'aurez jamais ma parole
pas d'agressivité une terrible neutralité je l'espère ou peut-être un léger tremblement nerveux
si je n'étais pas soucieuse de l'avenir de ce royaume, je me serai contentée de fuir et ça mon seigneur, vous devez le comprendre : vous qui êtes grimpés ici par la force de vos crocs. (je m'adresse à vous deux vous les monstres) il serait simple de me tuer, de m'ôter la vie d'un coup de patte. et pourtant, vous ne risquerez que de satisfaire vos fidèles et non pas les derniers mouvements civils qui ne sont toujours pas d'accord avec vos idéaux. pourquoi récompenser ceux qui vous idolâtre par mon sang coulé, alors que vous pouvez apaiser les esprits rebelles ? je vous propose mon soutien, je vous propose d'être l'image que malgré le geste que- (une hésitation horrible hésitation tout était parfait juste parfaite et il a fallu que) que je n'aie pas besoin de rappeler, je présume l'ancienne royauté est en paix avec la nouvelle. cela calmera les furieux et je doute que vous ayez besoin d'une guerre civile. de plus ceux, qui croyaient encore en nous ne penseront que nous ne sommes que des traîtres, et deviendront passifs. les symboles comptent, et vous êtes un homme intelligent. je vous propose de le montrer au peuple ; qu'en plus d'être un redoutable guerrier vous êtes un stratège et un homme bien. (ma voix se casse un peu fallacieuse)
apaisez-le peuple, faites de moi ce que vous voulez ; femme d'un de vos hommes, domestique ou porte-parole. tuez-moi, tues-moi si vous le souhaitez car j'en ai assez de vivre dans la peur et je ne cherche que le repos comme votre généreux général l'a laissé entendre.
(je reprends mon souffle et je t'adresse un unique regard d'approbation bell en soufflant sur une mèche)
r e b e l l e
BY MITZI


Oadyn ;

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Aussi avilissante qu’elle était, aussi déshonorante pour les Algiz, Oady reconnaissait une chose à la famille royale d’autrefois. Ils savaient comment inculquer quelques valeurs Algiz à leurs progénitures, comme Oadyn avait pu le constater lorsqu’il avait arraché le bras de l’aîné et que malgré cette grave blessure, il avait fait montre d’une bravoure à nulle autre pareille. Et aujourd’hui, il revoit d’autres de ces caractéristiques. Car malgré la honte qu’elle doit ressentir en cet instant, honte qu’il s’applique à faire ressentir par le moindre de ses gestes, de ses sourires narquois, de ses regards méprisant et tant d’autres signaux encore qu’il ne peut tous les compter. Alors qu’il pense qu’elle ne relèvera jamais les yeux, condamné à ployer l’échine devant lui, voilà qu’elle ose enfin redresser le visage. Voilà qu’elle voit –ou revoit- la salle dans laquelle l’ancien roi fut démembré sans pitié. Et tout ça par la seule force de la fierté. Quel évènement l’a contraint de se redresser et d’afficher ce visage calme et sérieux, dissimulant une dignité que le commun des mortels ne peut afficher. Peut-être la seule preuve que l’ancienne royauté a, un jour, été à la hauteur de la tâche qui lui incombait. Elle prend alors la parole, une voix calme, limpide. Pas même de la nervosité, pourtant, le Roi écoute attentivement chaque parole pour trouver la moindre faille, le moindre fragment terne et sombre, prouvant sa peur de l’instant présent. Oui, il est simple de la tuer, encore plus de la faire ramper dans la douleur, dans le désespoir, pour lui faire comprendre ô combien sa venue ici est stupide. Elle est en son pouvoir désormais. Elle n’est plus cachée aux yeux du monde. Le Souverain peut tout aussi bien jeter sa carcasse froide du haut des montagnes d’Ilmyde que de la précipiter au milieu d’esclaves humains mâles qui aurait tôt fait de s’occuper de sa vertu de petite princesse déchue.

L’impatience commence à grimper, vite, trop vite. Elle semble ne posséder aucune faille qu’il peut exploiter, cela signe son arrêt de mort. Jusqu’à cette simple hésitation. Non, elle n’a ni oublié, ni pardonné. Elle se dissimule juste sous un masque, un rôle, une hypocrisie malsaine. Est-elle prête à tout pour sa survie, symbole même de la malfaisance des êtres vivants ? Ou n’est-ce qu’un rôle supplémentaire, une façon de se rapprocher du pouvoir pour lui prendre la place. Il sourit une nouvelle fois, puis la laisse finir. Elle est même prête à vendre sa personne au profit de son étrange artifice. Quel est son but ? Il l’observe et distingue ce regard en direction de Bell. Peut-être doit-il connaître un peu plus la situation avant de continuer plus loin. Tel un oiseau de proie, il tourne autour d’Iris, scrute Dorothée, s’arrête un instant pour contempler les deux femmes en une. Puis, il s’approche d’elle et au dernier moment, alors que sa main va pour aller à la rencontre de la peau de diaphane de l’ancienne princesse, il se détourne pour se diriger vers Bell. « Mon cher général, j’apprécie ce… Présent. Réellement. » Il insiste sur ce terme, sans pour autant être dégradant. Ni agréable. Non, il reste neutre. Elle comprend. « J’avoue que je suis terriblement curieux de la façon dont tu l’as trouvé. Je t’en prie, explique-moi tout. Dans les moindres détails. » Il retourne vers son trône tout en indiquant à Bell de se placer un peu plus proche de lui, pour qu’il puisse conter son récit. Pour Dorothée, toutefois, il ne lui adresse qu’un vague regard, mêlant à la fois mépris et danger. Elle sait qu’elle ne peut plus partir. Il ne lui faudrait que quelques instants pour lui sauter dessus et la neutraliser. Cela lui ferait son excuse pour pouvoir plonger ses crocs dans son frêle corps. Et ça, il en retirerait un plaisir malsain. Pour l’instant, elle n’a aucun droit. Elle n’est rien, pauvre petite fille perdue dans un monde trop violent pour elle. « Une fois que Bell aura fini son explication, tu auras le droit d’apporter des précisions si besoin est. »


Le bien ? Le mal ? Des concepts fallacieux, rien de plus. Car la justice n'est pas une notion arbitraire, elle n'impose pas ses lois équitablement envers tous les hommes. Car la justice appartient aux vainqueurs, non aux vaincus.
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Nouvel aventurier

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Bell sourit. Il inclina légèrement la tête en guise d’acquiescement, et vint se rapprocher plus près de son souverain. Il jeta alors un rapide regard à la jeune femme, sans pour autant traduire d'un réel message. Le général mima une quinte de toux, une façon comme une autre d'annoncer le début de son récit, et figea son regard mielleux dans celui de Oadyn.

«Lors de banales circonstances, je le crains.»

Il redressa le menton.

«Pour être plus précis, dans les souterrains. Vous n'êtes pas sans savoir que je continue mes investigations quant à l'organisation de la reine du marché noir. Il se trouve que, au fil de mes enquêtes, j'ai pu identifier quelques nids d'illuminés qui complotaient contre le royaume. Rien de bien dangereux, si vous voulez mon avis, mais vous me connaissez : je suis homme à ne rien laisser au hasard, et j'ai décidé de faire retrouver les bougres pour leur indiquer la voie à suivre.»

Le blond fit une moue désabusée.

«Ils n'ont pas été difficiles à convaincre. Le léger détour fut un succès, et ces misérables m'ont même offert leurs services dans ma recherche d'informations. Une bonne chose pour eux. Qui plus est, j'ai rencontré la douce Dorothée en ces lieux, vagabondant au gré de sa confusion, et qui, je suppose, cherchait refuge dans la candeur des opprimés. J'ai décidé de la faire interroger, davantage par prudence que par réelle suspicion, et voyant qu'elle n'aurait rien à gagner en me cachant son identité, elle a décidé de tout m'avouer. C'est cette jeune femme, si chétive, si anxieuse, qui s'est tournée vers moi de son plein gré pour me faire cette proposition. En ces termes, je n'ai pas pu douter de son honnêteté.»

Il se tourna vers l'ancienne princesse.

«Voyez, mon roi, cette pauvre créature qui souhaite apporter sa pierre à l'édifice. Il est vrai que son chemin a été empreint d'erreurs, je le déplore moi-même ; mais en cet instant, ses intentions me semblent incontestablement sincères.»
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Ne méritait-elle donc pas un peu de votre tendresse ? Pour avoir fait l'effort de se présenter, celui de ne pas crier au scandale dans un élan dramatique. Ne méritait-elle donc pas davantage de reconnaissance ? Pour s'être offerte ainsi, sur le plateau d'argent qu'on nomme plus communément honneur.
Il était vrai que la gamine se posait toutes ces questions et qu'il lui avait fallu un instant pour remettre en doute le pilier de son existence : elle s'était toujours déclarée comme libre, mais le mot présent résonnait douloureusement dans sa boite crânienne. Il vous a fallu une phrase, une phrase pour la faire flancher.
Et si toute son existence n'avait pas été les preuves d'un jeu malsain ? Et si de son premier pas à son premier baiser, elle n'avait pas eu les yeux bandés ?
Par sans doute, ma foi, le plus beau des bandeaux. Un en fil d'or, couverts d’arabesques que je me complais à nommer obligations et politesse. Dans son cœur vidé sonnait une chanson miséricordieuse, une mélodie aux notes désarmées et plongées dans un capharnaüm qui s'étend dans une infinité de pions semblables à elle-même.  
Il avait suffit d'un mot. Elle n'était qu'un présent, oui. Elle n'a toujours été que ça, une princesse qu'on promettrait aux plus offrants ; on lui donnait une liberté factice en la laissant se balader ici et là. Un affranchissement qui lui avait permis de se faire des alliés oui, vous en êtes la preuve même Bell.
Ne vous trouvez donc pas ça affligeant, son regard alarmé qui s'éteint ? Ou encore la lueur sauvage qui disparaît quand vous approchez votre main ?
Princesse bien trop docile. Cerf effarouché, sans aucun doute. Il suffirait de lui brûler les ailes pour la faire soumettre aux lois. Ces plumes qu'elle a peiné à déployer, quand plus personne n'était là ; quand ses semblables étaient morts par votre faute.
Elle avait soif de vengeance, et que lui reste-t-il ? Un maigre espoir certes, mais elle a si peur. La damoiselle s'abandonne devant les crocs qui ont fait couler son sang, et il lui en faudrait peu pour tomber dans les bras de Folie.
Ses yeux d'or déploient une indifférence, un vide trop commun pour être réel car n'importe qui de sensé laisserait des larmes coulées. Mais il est sans doute trop tard, trop détruite pour être intelligente. Elle n'est qu'une poupée. Une bien belle poupée, qui espère décrocher son indépendance dans la prison où elle s'est plongée elle-même.
Tristement attristant. Misérable.
Le pire est sans doute qu'elle a confiance en vous Bell, car vous êtes autant fautif que celui qu'elle aurait préféré imaginer encore et encore au lieu de réellement le rencontrer.
Vous aussi, et pourtant elle approuve docilement du menton : pas bien farouche, pour une révolutionnaire. Le dos toujours droit, Dorothée a une prestance qu'Iris dissimulait tout en cachotterie et des ricanements plus mauvais, moins fins.
Elle ne veut rien rajouter non, car elle trouve que vous maniez assez bien les mots pour deux. Vous connaissez l'ennemi, vous en êtes un aussi.
Aveugle. Toujours aveugle la belle Dorothée.
Elle agite son nez avec plus de vivacité, elle laisse retomber ses pupilles sur le sol un instant avant de se reprendre. Il faut qu'elle parle, on lui a toujours appris à savoir utiliser le temps de parole qu'on lui donne. Elle s'affirme d'un ton posé, comme à son habitude.
Je pense que... Le récit que votre Général vient de conter est assez exact et que je ne saurai point rajouter d'informations et de détails si vous me le demandiez. C'est la désillusion qui me mène ici, qui me pousse à me donner à vous car comme je vous l'ai dit je ne veux que le bien du peuple. Et si les sujets vous veut vous, il faut que je cesse de m'entêter dans mes rêves d'enfante : le temps de ma famille est terminé, cela devait bien arriver à un moment ou à un autre.
Qui sait si elle est sincère ou non, qui sait si sa voix basse et pleine de promesses n'est pas montée de toutes pièces.
BY MITZI


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Rebelle

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Le Roi écoute son général, attentif aux moindres détails. Il ne peut réprimer un sourire lorsque ce dernier parle de la reine du marché noir. S'il savait. Toutefois, Oadyn sait son général assez talentueux et il ne désire pas que les choses dégénère. Il doit avoir une conversation avec lui, une conversation urgente. Juste après cette entrevue, sans doute. Mais le temps n'est pas à de telles pensées. Toute l'attention du roi est focalisé sur le récit, sur la façon dont il a trouvé Dorothée. Les souterrains... Si elle a échappé au massacre, d'autre auraient-ils pu s'en sortir ? Peut-être que le palais cache des secrets qu'Oadyn ignore encore. Il doit tirer ça au clair. Bell la trouve sincère. Sincère ? Mais qu'est-ce que la sincérité pour une jeune fille dont l'honneur a été souillé et dont la vie a été arraché ? Et voilà qu'elle prend la parole, qu'elle confirme les dires du Lion. Sa voix est calme, aussi calme qu'elle puisse la faire paraître. Le Roi est bien forcé de le reconnaître, la jeune fille est incroyable. L'envie de vengeance ne la dévore-t-elle pas de l'intérieur ? La rage ne l'aveugle-t-elle pas ? La tristesse ne la guide pas ? Ou alors est-elle une si bonne comédienne que cela ? Installé sur le trône, la tête posé dans le creux de sa main, il écoute attentivement, même si son visage montre l'inverse, préférant montrer un certain désintérêt à la jeune fille. Il ne veut pas qu'Iris comprenne qu'il la trouve importante, qu'elle puisse vouloir en profiter. Ce serait suicidaire, mais il préférait se montrer prudent. « Merci, Général. Tu as l'air de trouver sa sincérité... Crédible. Mais j'aimerais toutefois que tu me laisses juger de cela par moi-même. »

Son regard se plonge dans celui de la jeune fille, toujours en bas des marches, toujours parmi les inférieurs. Il se délecte de cette supériorité qu'il affiche. Jamais il n'aurait crû être si heureux de trouver un survivant de l'ancienne royauté. « Réponds à mes questions, princesse déshéritée. Et crois-moi, elles sont nombreuses. » Il ne s'agit pas d'une demande, tout comme il ne s'agit pas d'un ordre. Non, tout ceci n'est qu'une évidence. Il est le roi. Elle est le sujet. Il est dans la nature des choses et son intérêt de se plier à l'étiquette. « J'ai horreur de me répéter. Pourquoi étais-tu dans les souterrains lorsque le général Bell t'a trouvé ? » Une question des plus importantes. Est-ce qu'elle réside là-bas ? Se trouvait-elle là pour une toute autre raison ? « Comment as-tu vécu depuis que mes crocs ont scellé ton destin ? » Perfide. Cette question n'a aucun réel intérêt, si ce n'est rappelé à Dorothée le drame qu'elle a vécu. Cela arrache un sourire mauvais au Roi, amusé de sa propre félonie. « Par quel miracle n'es tu pas tombés entre mes crocs lors du coup d'état ? Le château cacherait-il des secrets que j'ignore ? » Une des questions les plus importantes, il est probable que certains passages ne soient connus que de l'ancienne famille. Oadyn veut tout savoir sur sa nouvelle demeure, mais les morts ne parlent pas. « Que penses-tu de moi ? Ainsi que de l'état du pays actuellement ? Sois franche, jeune fille. » Le rictus qui déforme les lèvres du souverain se passe de toutes explications. Il sait parfaitement dans quelle situation délicate cela place Iris. Comment arrivera-t-elle à gérer une telle demande sans perdre le fil ? « Et enfin. Qui d'autres a survécu ? » C'est la réelle demande dissimulée derrière ces interrogations presque vide de sens. Le Premier d'Ilmyde observe son interlocutrice, attentif à chacune de ses expressions. Il ne veut rien manquer, être sûr de bien tout remarquer. Car un rien pourrait la trahir. Un rien pourrait mettre sa vie en danger, lasser Oadyn de ce jeu puéril et ô combien jouissif. Il domine totalement la situation et rien ne saurait changer cette vérité.


Le bien ? Le mal ? Des concepts fallacieux, rien de plus. Car la justice n'est pas une notion arbitraire, elle n'impose pas ses lois équitablement envers tous les hommes. Car la justice appartient aux vainqueurs, non aux vaincus.
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We are the reckless we are the wild youth
insupportable, que j'ai envie d'hurler
tout chez moi me hurle d'arrêter tout cela, de partir en courant au risque de mourir après tout c'est l'honneur qui me tient en laisse qui me force à courber l'échine encore et encore
c'est le sang qui coule dans mes veines qui me force à rester droite, à continuer de ne pas pleurer sur mon sort
je vous observe mais je ne lève pas le menton ; je reste infiniment stable et je ne vous fais pas ce plaisir de marquer la différence détestablement sentie par moi par vous ce qui est logique car vous ne faites qu'appuyer votre botte sur mon torse
qui est le plus ridicule au fond
celui qui a le besoin de montrer qu'il est supérieur par ses mimiques ses gestes et ses paroles où celui qui s'entête à la fierté et donne encore plus envie à l'autre de continuer de jouer
étrange jeu où les paroles ne s'entrecoupent pas ; les mots ne se sautent pas dessus non c'est une politesse bien hypocrite au fond
et j'attends vos questions je retrousse légèrement mon nez à l'ignoble surnom dont vous m'affublez teinté de mort teinté de rouge et de noir
au goût de mépris
et les voilà elles fusent ; je ne réponds pas immédiatement je commence à aligner les mots dans mon crâne à forme les phrases les idées les idéaux et même les piques ça va tellement vite je ne dois pas perdre de temps pas paniquer non plus
j'opine légèrement à chaque fois ; tique un peu plus à vos sourires et aux questionnements qui mordent qui sont juste là pour blesser pour faire mal et mettre à genoux
et la dernière question, si vous saviez si je savais
je décroche votre regard et m'attarde au trône ; m'attache à une gravure pour ne pas perdre le fil je débite mécaniquement je donne juste les réponses ce que vous avez à savoir
je cherchais l'hospice chez les gens qui croyaient encore à nous. ce nous qui se résume maintenant à un je, je suppose. comment ai-je vécu ? c'est difficile comme question vous savez, mais vous n'êtes pas là pour me rendre la vie facile. comme je peux, mais parfois ça ne suffit pas. je m'accrochais à la promesse que j'ai fait à mon frère mais je me rends compte que je suis indigne de mon sang. voyez que je me donne à vous en guise de punition auto-infligée pour mon incapacité.
je désigne d'un vague mouvement de main autour de nous
il y'a des chemins. partout. dans les murs, dans le sol. je n'étais cependant juste pas au palais quand votre attaque a eu lieu. une princesse se doit d'être courtoise, et cela se passe par des petites réceptions chez leurs plus tendres amies.
et là j'ose un triste ricanement, amer et résigné
cette question est la pire de toute. que puis-je penser d'un roi qui m'a tout pris ? je ne peux pas remettre en cause votre capacité à régner, vous êtes un bon gouverneur pour sûr ; mais comme individu ? je ne peux répondre sans offenser qui vous êtes, mon roi alors je préfère me taire car c'est douloureux pour une petite fille comme moi. je ne peux vous dire s'il reste de la famille, peut-être des éloignés certes mais personne de la grande lignée à ma connaissance. j'ai refusé de me rendre là où on me demandait d'aller car je suis trop attachée à ces terres qui bien que trempées de mon sang, restent celles qui m'ont bercé durant toute ma courte vie.
BY MITZI
Oadyn ;

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Il entend sa réponse, imagine quelle a dû être sa vie jusqu'à présent, une vie abjecte, à la misère quotidienne et dont la lutte était le seul souci. Une lutte pour survivre. Il sourit à l'image de cette ancienne princesse, contrainte à vivre plus bas que terre, au sein d'une plèbe écœurante et répugnante. Toutefois, quelque chose déplait au roi, une certaine assurance dans la voix de Dorothée, une confiance en elle qu'il estime ne pas être loin de l'arrogance. Elle semblait pourtant mieux élevé que cela. Il croise les jambes et voûte un peu son corps vers l'avant, pour se rapprocher d'elle, de sa proie, de son passe-temps. « N'oublie pas à qui tu t'adresses. Je suis le Roi. Ton Roi. Je ne tolérerais pas que l'on puisse me manquer de respect. Et je me vexe assez vite. Si tu viens à manquer à ce principe encore une fois, je le marquerais à jamais dans ta chair. » Il montre les dents, les crocs prêt à s'abattre sur son destin. Les choses sont remise à leurs juste places, voilà qui devrait la calmer pour le moment présent. Il laisse ses doigts courir sur les accoudoirs du trône. Il réfléchit, analyse plus calmement les dires d'Iris. Son mutisme est long, intense. Qu'elle attende ! Cela ne saurait causer de grief au roi. Il songe en silence à ces passages qu'elle mentionne. Il en connait plusieurs, effectivement, des passages destinés à se rendre à de nombreux endroits du palais sans attirer l'attention, voire même à rejoindre la ville. Mais les connait-ils tous ? Voilà la première tâche que va accomplir la demoiselle, elle dévoilera tout ce qu'elle connait des mystères du château du Souverain. Quant à des survivants de la lignée... Comment s'assurer de sa franchise ? Bien sûr, Oadyn ne s'attend pas à ce qu'elle dénonce les siens s'ils étaient encore en vie. La réelle question est : Des survivants subsistent-ils ou est-elle réellement ignorante sur ce sujet ? Il doit garder cette impertinente à l'oeil. Peut-être la faire surveiller... Que doit-il en faire ? Alors qu'il est perdu dans ses réflexions, il repense à l'une des réponses de Dorothée. Une réponse qui ne l'a guère convaincu. Il n'a pas encore assez torturé sa proie, il n'a pas encore assez joué avec sa misérable existence. « Je ne sais toujours pas ce que tu penses de moi, femme. Alors parle, je t'écoute. Je suis sûr que tu sauras choisir tes mots en circonstance. N'oublie pas, surtout ! N'oublie pas et parle. » Il veut la faire plier, la faire céder. C'est une sorte d'épreuve qu'il lui impose. Elle doit réussir à dire de lui qu'il est un bon roi, un bon souverain, un bon Algiz. Même si ces mots lui écorche la bouche, lui déchiquètent la gorge, elle doit réussir à flatter son ego. Alors, seulement alors, il parviendra à la garder en vie pour ses plans futur. Il observe ce cerf apeuré, d'un regard de braise, déterminé et cruel. Il lui fait comprendre d'un simple regard ce qu'il attend d'elle. Il lui fait comprendre qu'elle ne doit pas oublier ses mots, qu'elle doit se montrer respectueuse envers lui.


Le bien ? Le mal ? Des concepts fallacieux, rien de plus. Car la justice n'est pas une notion arbitraire, elle n'impose pas ses lois équitablement envers tous les hommes. Car la justice appartient aux vainqueurs, non aux vaincus.
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