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« Game over. { Bell »
Aelin ;

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Un sourire se dessine sur les lèvres de la reine du marché noir tandis que la transaction se termine. Elle garde dans sa main l’objet reçu en échange de l’information donnée à cette pauvre âme en peine et la laisse s’en retourner à sa petite vie tranquille. Elle s’étire, satisfaite de sa journée alors qu’elle est à peine entamée. Peut-être aurait-elle dû attendre que la journée soit un peu plus entamée avant de s’en réjouir. Elle échange avec son bras droit un regard interrogatif en entendant des bruits de pas pressés se diriger vers eux. Personne ne devrait se trouver dans les parages, encore moins se diriger par ici d’un pas si pressé.

Elle reconnait l’un de ses hommes pénétrer dans la rue comme s’il était poursuivi. Ce qu’il ne tarde pas de confirmer par ailleurs, d’une voix essoufflée : un soldat serait à ses trousses. « Et tu ne trouves rien de mieux à faire que de le conduire jusqu’ici ?! » s’énerve le bras droit de la dame. Cette dernière, pour le moment, se contente de rester silencieuse. Elle ne saurait dire pourquoi mais d’un coup elle sent que la journée va devenir beaucoup moins bonne.

Il ne faut guère beaucoup de temps au soldat pour pénétrer à son tour dans la ruelle et faire face au trio. Elle n’a le temps d’apercevoir qu’une étrange lueur dans le regard de son homme avant qu’il ne lui tourne le dos pour s’avancer vers le soldat qui, étrangement, ne s’en méfie guère avant de le voir sortir un couteau de sa ceinture. Aelin n’a ni le temps de s’interroger sur le manque de méfiance du soldat, ni le temps de hurler sur son homme ; le mal est déjà fait. Un hurlement de douleur déchire le silence, les pavés commencent à se teindre en rouge.

Tandis qu’il s’approche de sa supérieur en quémandant une récompense pour son action –demande justifiée par des arguments ne tenant pas la route- elle pose un regard sur son bras droit, qui n’a besoin de rien de plus pour la comprendre, et va sans retenue mettre son poing dans la figure du coupable. Il s’étale au sol, elle n’en a cure. Elle n’est pas une tueuse, et ses hommes ne le sont pas davantage. Elle ne tolèrera pas ce genre de comportement et, malgré elle, elle le hurle dans cette petite rue, à l’attention de l’opportuniste.

Elle ne lui porte plus attention, trop occupée à évaluer l’état du blessé et à lui parler pour qu’il reste conscient. Du moins, elle ne lui porte plus attention jusqu’à ce qu’elle l’entende se remettre à courir pour échapper à sa sentence. Elle se tourne vers son second. « Rattrape le moi. Je ne tolèrerais pas un tel comportement, il va devoir subir les conséquences de ses actes. » L’homme hoche la tête. Il n’a aucune idée de la menace qui va arriver. Il quitte donc les lieux à la poursuite du fugitif sans l’ombre d’une d’hésitation.

Aelin, quant à elle, arrache le bas de sa robe sans remords et se sert du tissu pour faire une compresse qu’elle vient appliquer sur la blessure de l’homme à terre, tout en y appliquant une certaine pression pour faire cesser –ou au moins ralentir- le saignement. Un soldat ne se risquerait pas à venir trainer ici tout seul, ses collègues devraient sous peu venir lui venir en aide. Tout ce qu’elle devait faire, en attendant, c’était de l’empêcher de se vider de son sang et le garder conscient rien que ça. Oh, et peut-être le rassurer également. Le pauvre homme ne devait pas au mieux de son état mental.

« Je vais te demander de rester calme, d’accord ? Je m’occupe de toi et quelqu’un va bientôt venir te chercher. » Il hoche la tête, mais son état ne semble pas pour autant s’améliorer. Elle peut le comprendre. Resterait-elle calme si elle risquait ainsi de mourir ? Elle lui sourit, se veut rassurante. « Je reste avec toi, ne t’en fais pas. Tu veux qu’on en profite pour faire un peu connaissance ? C’est quoi, ton petit nom ? » lui faire la conversation est encore le meilleur moyen qu’elle a pour le garder conscient.
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Nouvel aventurier

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Le soldat cracha bruyamment. Un petit filet de sang coula au coin de sa bouche, et son regard, mélange brumeux de surprise et de douleur, se posa sur le visage de l'inconnue.

«Rickson.. Je m'appelle Rickson.»

Plus que paniqué, il avait l'air surpris : le garçon ne semblait jamais avoir goûté au fer, qui plus est au beau milieu de la capitale de sa propre patrie, et c'était bien la première fois qu'il endurait une douleur aussi déchirante.

Il fit toutefois un effort surhumain pour se garder éveillé.

«Et v-..»

Il toussa une nouvelle fois.

«Vous, quel est votre nom ? J'ai besoin de vous remercier, car même si j'y passe..»

L'Algiz lui adressa un sourire innocent, le visage crispé par la douleur.

«Vous aurez fait votre possible pour m'aider.»

Il n'eut toutefois pas le temps d'engager davantage la conversation, car en quelques minutes, des bruits de pas pressés se firent entendre aux alentours de la ruelle. Celle-ci fut rapidement prise d'assaut par un groupe de six Algiz, trois pour chaque entrée, qui, tous autant qu'ils étaient, n'avaient point l'allure de simple bleus. La plupart étaient équipés légèrement, bien moins scolairement que les soldat lambda de l'armée d'Ilmyde, et on pouvait déduire, de leur aura, une certaine expérience en la matière.

Le général apparut alors d'un côté, le pas pressé. Il jaugea les environs, jusqu'à ce que son regard se pose directement sur les deux intéressés. Sans un mot, il se dirigea lui-même auprès de Rickson, constatant l'étendue des dégâts : il avait la côte perforée, mais grâce aux soins, il avait l'air en meilleur état qu'il n'aurait pu l'être sans l'intervention de la jeune femme.

«On m'a promis Aelin, et voici que je retrouve un de mes soldats en état critique. Ethel, complète les premiers soins sans tarder. Il est hors de question que ce brave souffre davantage. Evi, Olof, fouillez les environs à la recherche de suspects, mais comme toujours ; point de zèle.»

Les Algiz saluèrent à l'unisson. Le général, lui, se pencha légèrement en avant.

«Quant à vous, demoiselle, je crois que vous avez des choses à me dire. Je vois peu d'issues à votre situation, si ce n'est que vous me racontiez en détail ce qui s'est passé. Je vous ai donné l'opportunité de collaborer, la dernière fois, mais maintenant j'en ai la certitude : vous êtes aux ordres d'Aelin. Peut-être même êtes vous proche de ses manigances, et si c'est le cas, j'aimerais que vous m'en donniez les détails. Quoi qu'il en soit, peu importe l'auteur, cette infraction ne restera pas impunie.»

Il se mordit la lèvre : chose rare, il paraissait légèrement agacé.

«Parlez, vite.»

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Elle continu de faire pression sur la plaie. Elle sait que cela ne doit pas être très agréable, mais elle est certaine qu’entre cette douleur et la perte de la vie, il préfère encore la douleur. Et puis c’est un soldat. Aussi novice semble-t-il être, il doit être préparé à toutes les éventualités. Elle ne peut que supposer que l’on ne s’engage pas dans l’armée sans en connaitre un minimum les risques. Elle lui sourit, à ce cher Rickson qui vient de se présenter. Elle tente de garder son attention surtout. Elle garde son sourire, quelqu’un vient. « Vous n’allez pas y passer. » Elle se garde bien de répondre à sa question cependant.

Elle jette un regard curieux sur les soldats, la voilà cernée. Ce traitre paiera pour ce qu’il a fait, elle s’en fait la promesse. Non seulement il a failli tuer un homme, mais en plus il vient de la mettre dans une situation plus que délicate. Hors de question de pardonne de tels écarts. Elle ne devrait pas en être ravie, pourtant son sourire s’élargit lorsqu’elle voit le général avancer vers eux. Il est donc bien décidé à l’attraper. Elle ne s’en inquiète pas. Elle n’en a que davantage envie de travailler avec lui. C’est définitivement un bon élément. Fort dommage que cela ne lui profite pas, bien au contraire.

Elle est interpellée, cependant. Est-ce le traire qui aurait promis sa tête aux autorités ? En plus de devenir intéressante, la situation devient cocasse. Elle se redresse, et recule d’un pas lorsqu’un soldat prends le relaie pour s’occuper du blesser. Ses mains sont pleines de sang, mais elle n’en a cure. Elle garde un œil sur lui. Hors de question qu’il perde la vie à cause d’un de ses hommes –un ex membre de ses hommes en tout cas.

Enfin, elle croise le regard du général. Elle lui sourit, amusée, sans gêne. Elle l’aime bien, elle le trouve intelligent. Mais elle a l’impression que sa logique failli un peu, face à elle. Ou peut-être refuse-t-il de voir la vérité en face, d’admettre qu’il a été berné tel un débutant ? Aelin est joueuse. Elle sait cependant reconnaitre sa défaite. Déloyale ? Jamais. Elle n’aime pas l’admettre mais ce général est méritant. Il ferait des merveilles s’ils étaient dans le même camp, bien plus qu’en était sous les ordres de ce cher Oadyn. « Aux ordres d’Aelin ? » Il y a comme de l’incrédulité dans sa voix.

« Je ne puis qu’être d’accord avec vous sur un point au moins, l’auteur de cet acte sournois ne restera pas impuni. Mes hommes sont en ce moment même à sa poursuite. Ce n’est qu’une question de minute avant qu’ils ne nous le ramènent pour qu’il subisse le sort qu’il mérite. » Elle croise les bras sur sa poitrine, son regard n’a plus un seul instant quitté celui du général. Bien loin de la gamine pleurnicheuse qu’elle jouait lors de leur dernière rencontre, il a devant lui une véritable femme. Une femme forte et assurée de surcroit. Elle n’avait pas aimé ce rôle, mais force était de constater qu’elle l’avait joué à la perfection.

« N’aviez-vous véritablement pas compris ? » Elle sourit, s’il n’avait pas compris suite à sa précédente tirade, cela devrait être chose faite à présent. « Il ne faut pas vous en blâmer, je suis une excellente comédienne. Oh, et j’espère que vous ne m’en voudrez pas pour ce petit jeu. Une victoire chacun, je suppose que nous voilà à égalité, à présent ? » Elle fait un tour sur elle-même, pour contempler les soldats qui l’encerclent. « Enfin, presque. » Elle n’a cependant pas encore dit son dernier mot. Elle n’a juste pas de plan sur l’instant, mais cela viendra.
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«Hmpf.»

Le général resta silencieux. Très vite, un sourire se dessina sur son visage, rictus qui se transforma par la suite en ricanement. Un rire tout ce qu'il y a de plus honnête, car quoi qu'on pouvait en penser, le lion était davantage amusé que désemparé par la nouvelle.

Il passa une main dans ses cheveux, baissant un peu le menton pour se donner un air gêné.

«Moi qui m'était moqué d'avoir considéré ce cas de figure, me voici pris au dépourvu. Si tenté que mon instinct ait essayé de m'en avertir, je ne l'ai point écouté et me suis jeté moi-même dans votre mascarade. Si je puis m'en prendre à quelqu'un en ces lieux, c'est sans aucun doute à ma propre bêtise.»

Il sourit alors.

«Mais qu'importe, cette opération me semble être, pour le moment, un succès retentissant. Mais n'ayez crainte, demoiselle, je resterais sur mes gardes jusqu'à la toute fin. Vous connaissez ma prudence.»

Le blond s'approcha alors plus près, très bien remis de l'annonce inattendue.

«Bien que, en réalité, il me peine désormais de devoir vous envoyer à l'interrogatoire. Cette personnalité, bien plus naturelle que lors de notre dernière rencontre, vous sied à ravir, et si l'allure d'une femme de caractère n'est, finalement, qu'une autre façade dans votre grand jeu de théâtre, permettez-moi de vous conseiller d'en adopter les usages. Il serait fort dommage de gâcher un si beau visage par des mœurs incompatibles.»

Il lui donna un nouveau sourire, plus taquin.

«Mais qui suis-je pour vous dicter comment vivre.»

De son côté, Ethel embarqua Rickson pour le mettre au calme, non loin d'une cabane inhabitée. Il fut suivi d'une autre soldat Algiz, une jeune femme svelte qui, le regard illuminé, brillait par son impatience de donner du sien. Malheureusement pour elle, il n'y avait plus rien à faire en ces lieux.

Les autres membres du commando, au repos, se mirent à flâner dans les environs en attendant les ordres de leur supérieur. Ils n'en demeuraient pas moins aux aguets, et très vite, un des vétérans alla se poser au coin de la rue pour guetter l'arrivée d'inconnus. La ruelle semblait impénétrable, avec, en son centre, le général faisant la discussion à sa nouvelle captive.

«Il est vrai, je dois l'admettre, que vous avez longtemps joué vos cartes avec brio. Il fut difficile de parvenir à trouver les bonnes personnes ; mais bien moins de les convaincre à vous vendre pour mon compte. Là est le problème de traiter avec les gueux, qui n'hésitent jamais à trahir toute confiance pour quelques pièces d'or. Cela dit, je veux bien vous accorder le mérite de m'avoir échappé pendant tout ce temps, et je reconnais, en votre personne, une adversaire de valeur.»

Le général se saisit le menton.

«Et pleine de charme, qui plus est.»

Il marqua une pause.

«Mais c'était inéluctable, j'ai gagné. Je me devrais de vous faire interroger, peut-être même de vous interroger moi-même, tout cela pour démanteler votre réseau et rendre à ces souterrains leur soi-disant splendeur. Non pas que vous faisiez du mauvais travail en ces murs, mais l'ordre n'aime point le chaos, et j'ai des directives. Toutefois, vous avez de la chance dans votre malheur : ayant envoyé deux de mes meilleurs éléments enquêter sur les faits, j'ai quelques minutes à tuer en votre compagnie. Peut-être pourriez-vous en profiter pour m'éclairer davantage sur ce qui est arrivé à ce pauvre Rickson, et ce que vous faisiez à ses côtés lorsqu'il agonisait. Peut-être même que, dans ma grande bonté, et si votre discours me plait, je pourrais accéder à l'une de vos revendications.»

Et il afficha un énième sourire.

«Qui sait.»

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Nombreux hommes se seraient laissé aller à la colère, à la suite d’une telle mascarade. Elle hausse un sourcil, seulement à moitié surprise de le voir se mettre à rire. Il n’est visiblement pas de ceux-là, bien qu’elle s’en fût doutée. Il est d’une honnêteté sans failles –tout comme elle vient de l’être, Vana n’était qu’un rôle et elle ne considère pas avoir manqué de franchise, simplement avoir joué avec les cartes qu’elle avait en main pour se sortir d’une situation fort délicate. A présent que cette carte est jouée voilà qu’elle se dévoile. Comment se sortir de cette nouvelle situation ? Elle n’en sait encore rien mais ne s’en inquiète outre mesure. A l’inverse, ce petit jeu de chat et de la souris l’intéresse de plus en plus.

« Un succès ? » murmure-t-elle davantage pour elle-même que pour lui. Elle hausse les épaules. N’est-il pas en train de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ? Même prises au pièges, ces braves animaux restent astucieux…Et il semble oublier qu’Aelin est rusée comme une renarde –quoi de plus normal, car c’est après tout dans sa nature. Elle semble se désintéressée des mots du général comme si cela ne la concernait pas. Prudent ou non, elle n’a pas l’intention de repartir avec lui de toute façon.

Elle ose un sourire face à tous ces beaux compliments –car c’est ainsi qu’elle les prend- qu’il lui fait. Son regard se pose, quelques instants, sur l’homme blessé que l’on déplace. Il n’est pas si mal en point. Il va souffrir et mettre du temps à se remettre sur pieds, mais sa vie n’est pas en danger. Du moins, elle ne l’est plus. Ce pauvre homme se serait sans doute vidé de son sang avant que ses amis n’arrivent, si elle ne s’était pas occupée de l’hémorragie. Il est normal, en sons sens, que le général veuille en apprendre plus. Mais, comme il l’a si bien dit il a quelques minutes à tuer. Contrairement à ce qu’il semble croire, ce jeu n’est pas fini et il lui reste quelques cartes dans les mains.

« Que de beaux compliments sur ma personne. Que devrais-je en conclure ? » Demande-t-elle de son air amusé. Malgré la situation, elle est d’humeur taquine. « Plus aucune façade, permettez-moi de vous rassurer. Je suis joueuse, mais je reconnais également en vous un adversaire de valeur. De fait, j’ai un trop grand respect pour vous pour continuer à me jouer de vous. » Elle fait quelques pas. C’est dur parfois, d’avoir des valeurs et de s’y tenir. Certains diraient que ça la fera tomber. Mais ce n’est pas près d’arriver. Elle ne voudrait pas décevoir ce général, mais hors de question de repartir avec lui.

« Ne clamez-vous pas votre victoire un peu vite ? » Sourit-elle. Le mystère est plein de charme. « Il y a ici plus d’ordre que vous ne voulez le voir, j’en ai peur. » Elle peut être critiquée sur ses méthodes, mais le fait est que les bas quartiers sont bien plus agréables qu’avant son arrivée. Sa confiance quant au fait que ces améliorations vont se poursuivre est inébranlable, même maintenant. Son regard vient se poser sur la tâche de sang laissée sur le sol, là où le blessé se trouvait avant de se faire déplacer. « Vous le dites si bien, un gueux n’hésite pas à trahir pour quelques pièces. Cet homme qui m’a vendu espérait se racheter auprès de moi en tuant l’un de vos hommes. Mais, si j’ai bien des défauts, je ne suis pas une meurtrière et  je ne tolèrerais pas cet écart de conduite. » Elle relève les yeux vers le général, regard brillant d’une lueur curieuse. « J’espère qu’il m’a vendu pour une bonne somme tout de même ! Combien vous ai-je coûté ? » Oui, cette trahison l’amuse, quelque part. Ne valait-il  mieux pas le prendre ainsi, de toute façon ?
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«Assez pour vivre confortablement, me semble t-il. Mais n'ayez crainte, tout comme vous, je ne tolère pas les meurtriers, et encore moins ceux qui s'en prennent à mes soldats. J'ai comme l'impression que vous avez pris des mesures à son encontre, et j'aimerais, cela va de soi, que vos hommes me l'amènent pour que mon armée s'en occupe personnellement.»

Le général sourit. Si l'échange l'intéressait vivement, il n'en prêtait pas moins d'attention à ce qui se passait aux alentours. Il avait confiance en ses soldats, mais sa méfiance maladive le poussait à se montrer prudent.

«Il aura certainement besoin de comprendre que, pour un homme de son acabit, il est mal avisé d'estimer son potentiel bien au-delà de la réalité. Le bougre aurait dû se contenter de la belle somme que nous lui offrions ; probablement assez pour assurer la pérennité de sa famille en l'échange de ses loyaux services. Mais certains individus, souillés jusqu'à l'âme, débordent de cupidité au point d'en négliger leur propre sécurité. Une bonne leçon pour les impudents.»

Il pencha légèrement la tête.

«Vous, demoiselle, n'avez jamais porté atteinte à la vie de mes subordonnés. C'est louable, et peut-être même un peu naïf, mais c'est une bonne chose dans la mesure où, en cet instant, cela joue en votre faveur. Objectivement, vous n'avez fais que faire tourner les affaires en ce bas-monde, là où la famine et la pauvreté régnaient en maîtres. Autant dire qu'il y a un peu de bon dans tout votre chaos.»

Des bruits de pas se firent entendre à quelques mètres de là. Rien d'alarmant, c'était probablement les Algiz qui revenaient faire leur rapport. Le blond se décala de quelques pas, poussant un léger soupir.

«Je crois que votre temps est écoulé. C'est de ma faute, j'ai beaucoup parlé.»

Olof et Evi firent leur apparition, bredouilles.

«Mon général. Nous avons aperçu quelques individus suspects, mais les ruelles se faisaient plus étroites, et Evi a remarqué la présence de plusieurs personnes en embuscade. Conformément à vos ordres, nous sommes revenus.»

«Parfait, vous tombez à pic : nous rentrons. Nous allons escorter cette charmante jeune femme jusqu'à mes appartements officiels.»

«Pas à la caserne ?»

«Non, mon brave Olof. Pas à la caserne. J'ai décidé de m'occuper personnellement de l'interrogatoire de la reine du marché noir. Qui plus est, j'ai assez foulé les pavés gelés pour aujourd'hui, et je m'abstiendrais d'aller discuter dans des lieux plus froids encore ; le confort est une chose qui se préserve, même dans les instants les plus décisifs. Evi et toi m'accompagneriez donc jusqu'à mes quartiers, et vous superviserez la garde le temps que je tire toute les informations dont j'ai besoin. Bien compris ?»

Ils saluèrent.

«Oui, mon général.»

«Parfait !»

Il se tourna vers la jeune femme, un sourire aux lèvres.

«Et vous, demoiselle, qu'en dites-vous ? Il sera plus agréable de parler au chaud.»

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La reine du marché noir ne peut s’empêcher de sourire, en estimant combien la somme devait alors être confortable. Une trahison reste une trahison, mais elle aurait très probablement mal pris d’avoir été vendue pour quelques piécettes seulement. Aux paroles du général, elle se contente de hocher la tête. Question de bon sens. Il s’agissait d’un de ses hommes, mais c’était au général Harper et à ses hommes qu’il avait fait du tort, elle avait donc prévu, dans tous les cas, de le livrer aux autorités.  Elle était persuadée que ses hommes sauraient le traiter comme il se doit pour le raccompagner jusqu’ici, de toute façon.

Elle hausse finalement les épaules alors que son temps semble s’être écoulé. Elle n’avait pas de revendications de toute façon. S’ils se contentent de l’emmener elle et de laisser ses hommes tranquilles, elle s’en moque un peu de toute façon. A dire vrai, s’évader de prison pourrait même être un défi des plus intéressants. Elle hausse cependant un sourcil, incrédule à l’idée que le général la conduise à ses appartements et non à la caserne, où elle qu’elle passerait un certain moment. Pensait-il qu’elle délierait sa langue plus aisément dans un environnement confortable ? Il ne devrait pas trop compter là-dessus. Elle répond à son sourire et s’approche de lui, de sorte qu’il soit le seul à entendre ces mots qu’elle lui adresse. « Vous me complimentez, puis vous m’invitez chez vous…Devrais-je y comprendre un message caché ? » Elle lâche un petit rire, amusée. Elle se doute bien que la réponse est non, mais quitte à passer du temps avec lui, pourquoi ne pas partir sur de bonnes bases et le taquiner un petit peu ? Il semble, après tout, être un homme raisonnable, contrairement à beaucoup de soldats.

« Hm… » Elle prend un air songeur, quelques secondes. Elle n’avait pas prévu de mettre les voiles aussi vite –elle n’avait pas prévu de quitter les bas quartiers du tout, en réalité- mais elle pensait au moins que ses hommes seraient revenus d’ici là. Son regard se pose sur les ruelles tout autour d’eux, les hommes commencent à se rassembler pour le grand départ. Elle se mord la lèvre inférieure lorsqu’elle aperçoit enfin son second se diriger vers elle par une ruelle venant de se dégager. D’un regard elle fait comprendre au général qu’elle n’a nullement l’intention de se faire la malle, elle s’approche de son homme, à quelques pas de lui.

Sans surprises, il traine avec lui le traitre, dans un bien piètre état qu’elle ne lui connaissait pas quelques minutes plus tôt. Elle interroge son bras droit du regard, qui se contente de hausser les épaules. « Il n’était pas très coopératif. » se justifia-t-il. Elle lui sourit, puis se tourna vers Bell. « Admettez que mon équipe fait preuve d’une parfaite synchronisation ! Cet homme est tout à vous, général. » De nouveau elle s’approcha de lui pour qu’il soit le seul à entendre la suite. « Vous comptez le ramener chez vous, lui aussi ? » Elle lui sourit, amusée. Est-ce qu’elle commence à aller trop loin ?

Enfin, elle se tourne vers son bras droit. « Je vais être absente quelques temps. » Il était sous-entendu qu’il savait ce qu’il avait à faire. Elle avait toute confiance en lui pour gérer ses affaires en son absence. Car pas un instant elle n’imaginait qu’elle ne rentrerait pas. Il hoche la tête d’un air entendu et s’éclipse, comprenant sans doute qu’il y a un risque qu’il se fasse embarquer également, à rester là et discuter, voire protester. « Nous parlions de revendications il y a quelques instants. Nul besoin d’entraves, je ne compte pas m’enfuir. Et vous savez que je dis vrai. J’aurais pu m’éclipser et laisser votre homme mourir, mais je ne l’ai pas fait. Je souhaite simplement faire le trajet confortablement. » Elle sourit. Pas banal comme revendications, sans doute.
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Tous regardaient l'homme de main d'un œil prédateur, comme si ils attendaient le moindre signe de leur supérieur pour se jeter sur lui et le réduire en lambeaux. Toutefois, le général ne bougea pas d'un poil et, sans dire un mot, il écouta patiemment l'échange en attendant le retour de la jeune femme. Elle revint finalement, pas tendue pour un sou, et exprima son souhait de faire fi d'entraves.

«Soit. Je ne pense pas que vous iriez bien loin, de toute façon.»

Il leva la main. Les soldats se mirent en formation autour du général et de sa captive. Si, de loin, l'ensemble ressemblait à une impénétrable tortue militaire, le groupe fit attention à laisser l'espace nécessaire pour ne point déranger les intéressés.

«Si c'est réglé, partons. Nous aurons tout le loisir de discuter de votre organisation une fois là-bas.»

♦ ♦ ♦

«Mettez-vous donc à l'aise, il n'y a point de piège en ces lieux, ni le moindre impertinent pour nous déranger. Je ne compte pas non plus vous torturer, mais plutôt discuter aimablement de votre affaire pour que nous puissions trouver un arrangement.»

Lui, retira ses quelques pièces d'équipement pour s'alléger un peu. Il alla se poser sur une chaise, près du lit, et attrapa un calepin et un crayon pour noter les informations essentielles. Le général avait bonne mémoire, mais il aimait décrire le fil de la conversation afin de garder une certaine logique dans sa réflexion.

La pièce était plutôt grande, avec plusieurs étagères remplies de livres, un lit immense, un grand bureau et quelques mannequins pour conserver les armures. Hecbert étant passé par là, tout semblait en ordre, si ce n'est qu'il y avait quelques papiers éparpillés sur le pupitre. La fenêtre, elle, était fermée et donnait directement sur le palais, à quelques centaines de mètres de là.

«Comme vous le voyez, pas de message caché.»

Il sourit.

«J'ai simplement besoin de votre coopération. Vous êtes une jeune femme intelligente, pas besoin d'être devin pour s'en rendre compte, car comme vous le disiez tout à l'heure, je doute que vous vous sentiez prise dans mes filets. Vous devez déjà avoir un plan de secours, peut-être même deux, et dès que la situation commencera à vous échapper, vous tenterez probablement quelque chose d'inconsidéré. A votre manière.»

Le général fit une moue.

«Inutile d'en arriver là, cependant. Les rumeurs sont fondées : il est fort rare que je laisse s'échapper une proie. Mais ce n'est point en prédateur que je me tiens aujourd'hui devant vous ; c'est plutôt en homme empreint d'intérêt. Pas pour votre personne, cela dit, du moins, pas entièrement, mais plutôt pour ce que vous représentez. Votre organisation est chaotique, mais apporte un brin d'ordre dans les souterrains. Il serait délicat de briser cet équilibre d'un coup fulgurant.»

Il passa une main dans ses cheveux. Sa mine, neutre, ne laissait pas transmettre d'émotion particulièrement, mais son regard restait figé dans celui de la jeune femme. Il étudiait la moindre de ses expressions, à l'affût, sans pour autant faire preuve d'animosité.

«Ainsi, plusieurs options s'offrent à vous. Vous pourriez, dans un premier lieu, me faire part de toute les informations relatives à votre organisation. Vous m'aideriez alors, en votre qualité de captive, à démanteler votre empire jusqu'à ce nous reprenions le contrôle total des souterrains.»

Il nota brièvement le premier point sur son carnet.

«Ou bien..»

Il marqua une pause.

«Ou bien, demoiselle, vous pourriez me faire une proposition afin de me faire changer d'avis.»







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La requête est acceptée sans mal. Contrairement à ce qu’il dit, la reine du marché noir reste persuadée que si elle voulait s’enfuir, elle ne ferait sans mal. Mais d’autres idées germent dans son esprit. Il ne sera jamais trop tard pour s’enfuir en tous les cas. Même enfermée, elle espère bien que le général ne compte pas la garder longtemps. Elle sourit, hausse les épaules et le suit. S’il pense qu’elle va réellement lui dévoiler tous ses secrets, le général est –contrairement aux apparences- un doux rêveur. Il doit avoir autre chose en tête, d’autres cartes en mains. Il ne suffit pas de demander gentiment à Aelin de répondre pour qu’elle dévoile tous ses secrets. Ce serait trop simple, même pour lui.

♠ ♠ ♠

A la demande de son hôte, elle tente de se mettre à l’aise. Elle essuie ses mains, toujours pleines de sang, sur les restes de sa robe, comme elle le peut. Elle grimace légèrement, son vêtement est fichu, la seule alternative qu’il lui reste est d’être jeté lorsqu’elle rentrera. Car oui, elle a bel et bien l’intention de rentrer, après leur petite conversation garantie sans torture. Ca ne l’aurait pas rendue plus bavarde de toute façon. Elle attrape une chaise et s’installe, à une certaine distance du général.

Elle sourit sincèrement à son interlocuteur. Voilà qu’il la complimente encore, ce qui n’est pas pour lui déplaire. Il faut bien reconnaitre qu’avoir cette conversation en charmante compagnie est bien plus agréable que si c’était ce cher Olof qui se tenait face à elle. « Sachez que je ne fais jamais rien d’inconsidéré. » dit-elle avec une certaine assurance lorsqu’il lui laisse la parole. Il aurait tort de la sous-estimer. « Mais j’ai bien un plan ou deux, oui. » Elle lui adresse un petit clin d’œil, comme s’ils étaient devenus complices à jouer ainsi au chat et à la sourit tous les deux.

« Oh, et à quel genre de proposition pensez-vous ? » La voilà taquine, une nouvelle fois, avant de reprendre un air sérieux. Le fait est qu’elle pense effectivement à quelque chose depuis qu’ils se sont réellement rencontrés. « Vous êtes un homme intelligent. Nul besoin de vous dire que je ne vous livrerais aucune information, que ce soit sur mes hommes ou sur mon organisation. Vous serez bien incapable de démanteler mon empire sans mon aide et vous le savez. » Elle se penche légèrement en avant, sans le quitter du regard. « D’où votre alternative, n’est-ce pas ? » Elle n’est pas omnisciente, elle peut bien se tromper. Mais elle se présente sûre d’elle, inflexible.

Elle se redresse et fais quelques pas dans la direction de l’homme. Arrivée à son niveau elle se penche en avant, prend appuie sur les accoudoirs de la chaise en y déposant ses mains, et approche son visage du sien. Assez pour sentir le parfum du chevalier. Son regard se plonge dans le sien. Peut-être est-elle en train de jouer avec le feu, mais elle est femme à accepter de se bruler, à prendre des risques. « Les faits sont on ne peut plus simple. Je m’occupe des bas quartiers avec un certain talent que vous ne saurez me retirer. Et vous, vous gérez les affaires du royaume avec brio. Vous ne pourrez nier que nous ferions un travail formidable pour le royaume si nous décidions de…Collaborer. »
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Le général resta silencieux. Pendant une longue minute, il ne lâcha pas un mot, son regard ancré dans celui d'Aelin. La mine inébranlable, il resta fidèle à lui-même, ne laissant transparaître le moindre indice sur son opinion. Il se contenta simplement d'observer ; jusqu'à ce que, au bout d'un moment, le silence pesant prenne le dessus. Ci-fait, un pseudo-sourire se dessina sur son visage.

«Il est vrai que vous savez vous y faire avec les souterrains.»

Il fronça les sourcils.

«Toutefois, votre talent n'étant pas mis au service d'Ilmyde, il m'est difficile de l'apprécier. Je ne saurais tolérer une forme d'organisation à l'insu de ma patrie, aussi bien gérée soit-elle, et qui plus est quand on sait que, grâce à votre contrebande, de nombreux humains foulent les pavés de la capitale. Que ces gens soient présents, soit, mais il m'est inconcevable qu'ils le soient sans que j'en retire un avantage : ils ne font que profiter de votre commerce, sans réellement donner quelque chose en échange pour notre patrie. C'est ridicule.»

Bell mima une quinte de toux.

«Vos affaires, également, ne profitent en rien au royaume. Vous me pensez intelligent, et je ne saurai l'affirmer sans abîmer ma modestie, mais à côté de cela, vous sous-estimez grandement mon armée. Ou ma volonté ? Qui sait. Ceux-la vont de pair. Sachez que, en ma qualité de général, je suis prêt à recourir à des moyens divers et variés pour complaire les ordres de mon roi. Il me serait préférable de régler cette affaire avec diplomatie, bien évidemment, mais je me répète une nouvelle fois : je suis en possession d'une armée. Libre à moi de, en dernier recours, faire descendre mes troupes dans les bas-quartiers pour en purger les hors-la-loi. L'affrontement sera brutal, long et fastidieux, mais c'est moi qui gagnerait à la toute fin ; ma mission sera remplie, et votre empire détruit. Avec vos informations ou non.»

Il lui offrit un sourire léger.

«Mais je ne suis pas homme à croire éperdumment en la violence. Soit ! Maintenant que la situation est claire, parlons affaires. Vous souhaitez collaborer, et qui plus est pour le royaume. Il m'est agréable d'entendre un tel patriotisme s'extirper de ces lèvres, car il m'aurait été plus ardu de consentir à un pacte pour votre simple égoïsme. Cela dit, vous vous en doutez, j'ai déjà réfléchi à une proposition semblable, et mes revendications sont on ne peut plus limpides.»

Le général lâcha son carnet. Il le posa sur la table, juste à côté, car maintenant qu'il était entré dans le vif du sujet, il lui serait difficile de perdre le fil. Il se leva, se rapprochant momentanément de la reine criminelle, et se glissa à côté d'elle en lui décrochant un sourire taquin. Il se plaça alors face à la fenêtre, le menton un peu relevé.

«Je veux, tout d'abord, un accord privilégié avec vos commerçants. J'entend par là un droit de préemption sur les métaux, médicaments et la nourriture sèche. Je veux également un total accès à vos réseaux de renseignement ; car si nous coopérons, il me faudra, au nom du royaume, des yeux et des oreilles dans vos souterrains. Je veux une liste de tous les humains qui travaillent pour votre compte : non pas que je souhaite les faire éliminer, au contraire, car ces gens-là œuvreront, selon notre accord, pour la gloire de notre pays. Je vois en cela un moyen de différencier le bon du mauvais grain, voilà tout. Je veux votre totale disposition au cas où, dans un avenir proche, j'aurai besoin de forces armées pour compléter mes forces.»

Il croisa les bras, et le regard enjoué, jeta un œil à Aelin.

«Et enfin, je veux que nous nous entretenions régulièrement, vous et moi, pour discuter de ce dit travail formidable pour le royaume.»

Le général frappa doucement dans ses mains, reprenant une légère inspiration. Il semblait en avoir terminé pour sa proposition. Il se tourna tranquillement, et porta, chose rare, toute son attention à la jeune femme en face de lui.

«Qu'en dites-vous ?»
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Le silence règne, quelques instants, maitre d’un monde qui ne lui appartient pas. La reine du marché noir ne se laisse pas troubler pour autant, pour si peu. Son regard dans celui du général reste inébranlable, sa proposition et ses propos n’en demeurent pas moins forts et sincères. Il est évident qu’elle aurait préféré qu’il travaille pour elle…Mais elle sait que ce genre de marché n’aurait pas été possible, et cette situation n’est pas si déplaisante. Certains auraient ri de ses rêves de grandeur, lorsqu’elle était plus jeune. Mais à la voir aujourd’hui elle ne semble plus si naïve et idéaliste. Ce qu’elle a eu, elle l’a mérité, monté brique par brique. Cette proposition n’est rien de plus qu’un nouveau pas en avant.

Lorsqu’enfin le silence se brise, les compliments vont toujours bon train. En même temps qu’une acceptation relative en des termes qui sont en train de se négocier. Elle écoute chacun de ses mots. Une alliance est-elle véritablement en pleine formation entre la reine des bas quartiers et le général des armées d’Ilmyde ? Les revendications sont nombreuses. Elle tâche donc de reprendre ces points un à un. « Un accord avec mes commerçants était évident. Je garde cependant priorité sur toute marchandise indispensable aux nécessiteux de mes quartiers. Nous serons, je pense, en accord sur le fait qu’il est hors de question que je mette leur vie ou leur santé en danger pour que cela aille bénéficier à ceux qui ne sont pas dans le besoin. Entendons-nous bien, c’est une question de priorité et vous ne pourrez le nier. Et je reste évidemment l’intermédiaire de ces échanges. Dans un premier temps du moins. Comprenez que peu d’entre eux font confiance à la garde royale. »

Elle s’installe sans gêne sur la chaise sur laquelle était installé le général quelques secondes plus tôt. « Concernant mon réseau de renseignement, le fond du problème est le même. De plus, nombre de mes informateurs ne rendent des comptes qu’à moi seul dans un souci d’anonymat. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il n’est que rarement sans risque d’aller récupérer une information. Puisqu’il s’agit de coopération, mon alternative est la suivante : rencontrons-nous –de façon régulière ou non- afin d’échanger sur les informations que nous jugerons importantes et utiles. Nos entretiens réguliers pourraient, par exemple, faire l’objet de ces échanges d’informations. » Ce qui lui permettra par la même occasion de profiter de son joli minois de temps en temps. « Je peux vous fournir la liste de mes réguliers, les humains présents qui travaillent pour mon compte de façon directe et permanente, ainsi que celle de ceux qui viennent régulièrement me rendre des comptes. Sachez cependant qu’il m’arrive de travailler avec certains humains de façon exceptionnelle. La liste ne pourra donc être exhaustive. »  Elle croise les jambes et soutient le regard du général. « Et je veux que cette totale disposition soit réciproque. »

Tout se dissonait lentement, prenait forme. « Ce ne sont que dans ces conditions que j’accepterais vos termes. Oh, et croyez-moi, je suis bien plus dure en affaire habituellement. Dans le cas contraire croyez bien que je ne me tiendrais pas devant vous en cet instant. »
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«Peu m'importe que vous soyez l'intermédiaire de ces échanges, du moment que j'obtiens ce que j'ai demandé. Après tout, quitte à devoir organiser des rencontres régulièrement, il me sera plus agréable de voir votre visage, et pas la mine rugueuse de vos marchands et hommes de main. Pour ce qui est des réunions, nous trouverons aisément un moyen de nous organiser : je pourrais par exemple mettre Rickson à votre disposition dès qu'il sera rétabli, et ce afin de m'avertir au cas où il faille que nous nous entretenions. De toute manière, le connaissant, il insistera pour venir vous remercier en personne. C'est un brave garçon.»

Le général pencha légèrement la tête.

«Toutefois, dans la situation présente, j'espère ne pas me tromper en laissant le partage de la parole à nos appréciations respectives. Je ne suis pas sans savoir que votre réseau est efficace, et ma proposition ne tiendra que si vous êtes en mesure de me faire parvenir les informations dont j'ai besoin. Faisons en sorte de dépourvoir cet accord du moindre vice, veuillez-vous. Si cela vous convient, et comme je n'ai rien à redire vis-à-vis de la liste ou de ma propre disposition ; bien que, à mon humble avis, vous n'aurez jamais rien à craindre qui nécessite l'intervention de l'armée d'Ilmyde, alors concluons ce contrat.»

Il se dirigea vers un petit plateau sur lequel avaient été disposés quelques verres et une carafe de vin. Il donna une pensée à Hecbert qui, comme d'habitude, avait été prévoyant sans qu'il ne lui donne la moindre instruction. Il tourna alors son regard vers la demoiselle, un léger sourire aux lèvres.

«Je vous sers un verre pour fêter cela ?»

Il s'apprêta à verser la première boisson.

«Par ailleurs, pas un mot à vos collaborateurs. J'estime avoir besoin d'une période d'expertise, et il serait embêtant que le roi découvre ma petite manigance avant même que les résultats escomptés en émergent. N'ayez crainte, il le saura bien assez tôt, mais vous n'êtes pas sans savoir qu'on est jamais trop prudent.»
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Un sourire, fin et discret, se dessine sur les lèvres de la reine du marché noir. D’un simple signe de la tête elle accepte le verre que lui propose le général. D’un pas léger, félin, elle se rapproche de lui. Elle est ravie de cet échange et de leurs accords. Ils viennent tous deux de mondes bien différents et leurs méthodes diffèrent sur bien des points. Elle reste cependant persuadée que l’union des deux ne pourra qu’être bénéfique pour la ville et plus particulièrement pour ses quartiers. C’est là tout ce qu’elle recherche, c’est là tout ce qu’elle a toujours recherché. « Rickson m’a paru tout à fait charmant, bien que notre première rencontre ne fût très certainement pas des plus agréables pour lui…Il sera sans doute une bien plus agréable compagnie que ce cher Olof, bien que je ne doute aucunement de ses capacités à faire son devoir. » Elle rit, légèrement, taquine. Elle n’avait rien contre aucun de ces soldats, de toute façon.

« Je suis ravie que nous ayons pu trouver un terrain d’entente. » Elle sourit. « N’ayez crainte ce petit contrat restera notre petit secret aussi longtemps que nous le jugerons nécessaire. Je n’ai moi-même pas envie que des bruits commencent à circuler sans que la viabilité de cet accord ne soit démontré. Cela dit…Je suis curieuse, je me dois de l’admettre, de connaitre l’avis du Roi lui-même sur tout cela. » Il n’y avait vraiment rien de conventionnel dans tout ce qui se passait en ce lieu. Elle ne l’énoncerait jamais ainsi à voix haute, pour ne pas sembler manquer de respect au premier d’Ilmyde, mais toujours était-il qu’elle avait hâte de voir sa tête lorsqu’il apprendrait que le général de son armée et la reine des bas quartiers avaient pactisé.

Elle attrape le verre qui lui est tendu et trinque alors avec le soldat. L’union est scellée. Elle ne pensait pas un instant que tout serait si simple, si fluide. Leurs idées étaient partagées, ce qui avait aidé en ce sens, mais elle s’était attendue à bien plus de négociation et de persuasion. « A notre contrat, alors. » dit-elle avant de porter la coupe à ses lèvres. « Je n’ai aucun doute sur le bien que cette union pourra apporter au royaume. » Elle sourit. Elle est douée, et lui aussi. L’union des deux ne peut que donner quelque chose d’efficace. « Je reste cependant curieuse sur un point…Comment comptez-vous justifier auprès de vos hommes le fait de me laisser partir à présent que vous détenez enfin la reine du marché noir entre vos griffes ? » Son sourire s’élargit, malicieux, joueur. Ils se sont donnés tant de mal pour parvenir jusqu’à elle, après tout.
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«Bonne question, demoiselle. Il est vrai que mes hommes me connaissent sous un angle extravagant, notamment au travers de décisions perchées et autres stratégies farfelues, mais même le plus benêt de mes soldats sait pertinemment que je ne laisse jamais s'enfuir une proie. Pour eux, vous avez été prise dans mes filets et, en réponse à vos crimes, vous ne réchapperez pas à la justice d'Ilmyde.»

Il avala une gorgée du breuvage.

«Et puis, il est vrai que, en ma qualité de général, j'ai cette même réputation à tenir. Je pourrais très bien vous relâcher, mettre un terme à cette entrevue sur un coup de tête, mais j’entacherais mon image vis-à-vis de cette armée. Et il n'est pas de meilleur fléau pour le moral. Au contraire, il me serait bien plus bénéfique de vous faire passer pour morte : dans le meilleur des cas, ils m'aduleront davantage pour avoir mis fin aux méfaits de la reine du marché noir, et dans le pire, j'aurai simplement tué une collaboratrice qui se faisait passer pour Aelin. Pour cela, je n'ai qu'à tendre le bras et lancer la mise en scène : rien de bien théâtral, je le crains, mais assez réaliste pour que ma chère Evi et Olof se posent des questions. Ci-fait, j'irai les conduire à la caserne, et notre affaire sera réglée.»

Il s'approcha non-loin de la porte, un sourire mesquin aux lèvres. Levant le bras un peu plus haut, il laissa tomber son verre, qui alla s'écraser contre la pierre avec un bruit sec. Il tendit l'oreille, prêt à pousser la porte au cas où les soldats feraient un excès de curiosité, mais n'eut somme toute pas à bouger un pouce. Il entendit simplement une petite voix hésitante de l'autre côté du bois.

Le général éleva le ton.

«Ce n'est rien. J'ai saigné la prétendue reine, car sa désinvolture ne me plaisait point. De toute manière, je n'avais plus rien à tirer d'elle. Laissez-moi me nettoyer, nous partirons sous peu pour la caserne.»

Il tourna, et se rapprocha lentement de la jeune femme.

«Voilà qui est fait. Le reste est entre vos mains, chère demoiselle. Vous n'aurez qu'à fuir par la fenêtre, la porte, ou même la cheminée, si vous vous sentez un peu aventureuse. Quoi qu'il en soit, ne vous faites pas voir : nous sommes ici en zone militaire, mais j'ai foi en vos capacités. Vous n'avez cessé de me défier avec ce même regard, après tout, celui qui me criait que quoi qu'il arriverait, vous échapperiez à mes griffes. Montrez-moi donc ! A moins que vous comptiez passer la nuit dans mes appartements ?»

Ajouta t-il en la gratifiant de sa mine enjouée.

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Tout en écoutant le discours et le stratagème du général, Aelin sirote le breuvage qui, elle ne peut que le reconnaitre, est d’une assez bonne qualité. Son idée l’amuse, elle se demande combien d’ignorants croiront si facilement à sa mort, tout comme elle s’imagine comment certains réagiront lorsqu’ils se rendront compte qu’elle n’est pas plus morte que le général. Le Roi, entre autre, risque d’avoir une réaction des plus intéressantes lorsqu’elle se retrouvera devant lui le jour où Bell lui fera part de leur collaboration. Il s’approcha de la porte et laissa tomber son verre, toute la mascarade commença alors. L’agitation dans le couloir se fit bientôt entendre, et il ne lui suffit que de quelques phrases pour la calmer.

Finalement il se tourna vers elle, se rapprocha et repris la parole. Elle hausse un sourcil et lui offre un sourire amusé. Elle est persuadée qu’elle n’aura aucun mal à rentrer tranquillement chez elle sans se faire prendre. Elle est cependant joueuse et sa dernière proposition lui donne bien envie de lui montrer à quel point. Elle rit, légèrement, comme si ce dernier point était une blague. « Ce n’est pas parce que c’est une zone militaire que j’aurais quelconque problème à quitter les lieux. » Elle lui adresse un clin d’œil complice avant de le regarder quitter la pièce pour rejoindre la caserne.

Une fois seule, elle contemple sa robe quelque instants et grimace. Elle se rend dans la salle d’eau et quitte le vêtement pour le nettoyer à l’eau froide, le laver du sang de Rickson qui lui collait à la peau. Elle essore le vêtement et le mets à sécher, avant d’aller se poser quelques secondes à la fenêtre. En bas, les militaires s’agitent. Sans doute pour terminer leur tâche alors que la nuit commence à tomber. Elle s’étire, et va attraper un livre pour s’occuper en attendant le retour du général des armées.

Suite à son « invitation » elle se glisse dans son lit, avec le livre, et commence sa lecture. Il serait ingrat de dire qu’elle n’a pas très envie de voir sa tête lorsqu’il reviendra et se rendra compte que la reine du marché noir se trouve encore dans ses appartements. Malheureusement, et ce malgré l’intérêt qu’elle porte pour ce livre passionnant, les songes finissent par la rattraper et elle s’endort, bien malgré elle, le livre encore dans ses mains. Elle n’aura donc pas le plaisir de voir la réaction du général…Quel dommage.
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«C'est donc terminé ?»

«Semblerait-t-il. Elle ne m'a pas apposé énormément de résistance, si ce n'est qu'elle a esquivé le premier coup de griffe. Peut-être était-elle déjà prête à recevoir son châtiment ? Bien des individus troquent leur combativité pour un abandon dans de telles circonstances. La reine du marché noir ne faisait pas exception. Mais quoi qu'il en soit, et si nous ne nous sommes pas trompés sur son compte, nous pouvons déclarer l'affaire close une bonne fois pour toutes !»

Il frappa dans ses mains.

«Vous vous êtes bien débrouillés, soldat. Allez donc vous humecter le gosier à la taverne, si ce n'est plus. Vous n'aurez qu'à laisser une note au nom du général Harper, aussi démesurée soit-elle ! Ce n'est que justice rendue pour une telle opération.»

Les visages des Algiz, jusqu'ici solennels et attentifs, se transformèrent en une assemblée de sourires reconnaissants. Il était parfois bon d'appartenir à l'élite, car si les journées étaient plus chargées, et la dose de travail plus conséquente, les petites attentions du général faisaient souvent la différence. Tous saluèrent à l'unisson, revigorés par l'excès d'empathie de leur supérieur. La soirée allait être arrosée.

«Rompez, et passez une bonne nuit.»

«Merci, mon général !»

Bell hocha la tête. Il tourna les talons et se dirigea vers la sortie sud de la caserne. La nuit était tombée en un rien de temps, et même si les quelques lanternes éclairent encore fébrilement le passage, il était devenu difficile d’apercevoir les innombrables monceaux de neige qui pavaient la rue. Le général entreprit de rejoindre son appartement, là où il pourrait récupérer de sa longue et rude journée.

♦    ♦    ♦

Il ouvrit la porte. Ses yeux, certes fatigués, mais toujours alertes, vinrent directement se poser sur la fine silhouette qui trônait au beau milieu de son lit.

«...»

Il s'approcha, l'air surpris. Avec l'heure tardive, il était bien loin de toutes ses manigances, de ses traits ironiques et de son verbe fallacieux. Le général se dressa au bord du lit, une large expression de surprise sur son visage, et se pencha légèrement en avant, clignant des yeux. Elle l'avait pris au pied de la lettre, littéralement, et maintenant, il se retrouvait avec la reine du marché noir dans sa couche.

Bell haussa les épaules.

Ne sachant réellement que faire, il alla attraper sa chaise et la posa délicatement près du lit. Les copeaux de verre, quant à eux, étaient toujours éparpillés près de la porte, mais il n'y prêtait guère d'attention : il ferait venir Hecbert pour nettoyer tout ça le lendemain matin. Le général se posa simplement, appuyé contre le dossier, et attrapa la carafe de vin pour se servir dans un des gobelets restants.

Et il figea son attention sur la belle aux bois dormant.

Un léger sourire se dessina sur son visage : somme toute, la vision ne semblait pas tant lui déplaire que ça, et c'était même devenu un plaisir que de scruter cet aspect inattendu de la jeune femme. Il resta comme ça pendant un petit moment, le regard vague, jusqu'à ce que sa méticulosité maladive le pique à vif et le pousse à retirer le bouquin des mains d'Aelin, puis à le ranger sur son étagère d'origine.

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Perdue dans le pays des songes, elle commence à reprendre part à la réalité petit à petit lorsqu’elle sent un léger changement. Le livre lui est retiré des mains et cela fait émerger la belle petit à petit. Elle prend quelques secondes pour se souvenir de ce qu’elle fait ici, loin de son foyer et de ses propres draps, en sous-vêtements de surcroît. Le tout lui revient assez vite en réalité. Le jeu, la taquinerie, sont les principaux faits de cette blague. Elle ne s’y serait risquée si elle avait senti une once de malhonnêteté chez cet homme cependant. L’emplacement du siège ne pouvait que lui donner raison. Depuis combien de temps avait-elle dormi ? La seule indication qu’elle pouvait trouver fut qu’il fasse encore nuit au dehors.

Elle se redressa, se retrouvant en position assise dans le lit, et s’étira, silencieusement. Elle regarda le général reposer le livre dans l’étagère et lui adressa un léger sourire –le verrait-il dans cette pénombre ? « Vous ne voulez pas me laisser finir ce livre ? » demande-t-elle de sa voix encore à moitié endormie, davantage pour le taquiner et lui signaler qu’elle était réveillée. Après tout, elle ne le lisait clairement plus ; elle dormait.

« J’ai accepté votre invitation, comme vous pouvez le voir. » Et elle en était particulièrement fière, de sa farce. Sa seule déception était de ne pas avoir vu la réaction du soldat à la découverte de la femme aux cheveux rose dans sa couche. Mais tant pis. Leur petite collaboration ne faisait que commencer et elle aurait encore bien des occasions de le surprendre…Dans le bon sens comme dans le mauvais. Elle prend le temps de le contempler, ce général qui ne se cache, à présent, plus sous ce masque de militaire. Cet homme aux traits désormais moins durs, moins sérieux.

Puis, son attention se porte à nouveau sur le mobilier déposé près du lit. « Sans vouloir critiquer le confort de vos chaises, je doute qu’on puisse y passer une bonne nuit. » C’est une simple remarque et rien de plus. Elle se décale, légèrement, pour ne plus se trouver au milieu du lit. Elle n’est pas très épaisse, la place qu’elle prend donc dans ce grand lit est modérée. « Je ne mords pas vous savez. Pas sous ces traits en tout cas. » Sous forme de renarde, elle ne pourrait en dire autant. Essaye-t-elle de le taquiner une nouvelle fois, de voir ses réactions, où est-elle sérieuse ? Son esprit même est trop embrumé pour le dire. Il ne manquera cependant pas de s’amuser des réactions du militaire lorsque celui-ci décidera de quoi faire. Elle ne l’imagine pas timide. De plus, elle doute être la première femme à dormir ici. Quoi que. Elle sera peut-être la première à effectivement y dormir sans rien y faire d’autre.
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«Sans doute. Mais voyez, mademoiselle ; j'étais trop absorbé pour réfléchir à mon propre confort. Votre visage assoupi, bien que subtilement masqué par la pénombre, est semblable à un envoûtement pour mes sens.»

Il sourit, replaçant une de ses mèches de cheveux.

«Toutefois, n'ayez crainte ; si je me trouvais là, ce n'était pas pour éviter votre contact. Les actes parlent d'eux-même, et j'ai simplement décidé de vous traiter avec respect. Ne me demandez pas pourquoi, cependant, car je ne saurais point vous répondre : disons que, pour ce soir, mon instinct me pousse à agir de la sorte.»

Il se leva de sa chaise.

«Et dans cette même mesure, je vais accepter votre invitation.»

Le général retira ses bottes et alla s'allonger sur le côté, le regard n'ayant quitté celui de la jeune femme. Il appuya sa tempe contre sa paume, l'air un peu songeur, et fronça les sourcils. Ils étaient assez proches pour que leurs murmures s'entremêlent, mais il ne pipa mot pendant une bonne minute.

Et puis, d'un coup, jugeant qu'il avait suffisamment profité du silence, il chuchota.

«Vous m'êtes sympathique, demoiselle. Ce n'est pas le cas de tout le monde, croyez-moi. Pour cela, d'une certaine façon, estimez-vous un tant soit peu spéciale, et ce d'autant plus parce que je suis curieux à votre sujet.»

Il était honnête, et pas méprisant pour un sou. Si, d'habitude, il se donnait des airs pour convaincre son entourage, il avait toutes ses raisons d'être cru quand il franchissait son seuil. C'était simplement sa manière d'être.

Bell pencha alors légèrement la tête en avant.

«Par exemple, comment ce caractère s'est-il forgé ? Comment une jeune femme, si charmante, mais à l'aspect tout sauf indiqué pour diriger un tel conglomérat, est-elle parvenue à ses fins ? Non pas que je sous-estime vos capacités, Aelin, mais nous savons tous deux comment marche le monde. La vie n'est jamais tendre avec les demoiselles.»

Il esquissa un sourire.

«Ou peut-être était-ce grâce à l'appui de votre grand-frère fictif ?»

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Cela devient une mauvaise habitude, mais elle répond à son sourire. Que de compliments qu’il lui accorde depuis le peu de temps qu’ils se connaissent. Son sourire s’élargit. Au-delà d’être amusants, ses mots ont un quelque chose d’apaisant. Elle ne se lie pas aux autres, habituellement. Peu sont proches d’elle, les autres sont des pions. Mais il y a entre eux un lien qui commence à se tisser, elle ne sait pas encore dans quelle direction il ira, mais il est là, naissant, présent. Ils ressemblent à de vieux amis, ainsi allongés l’un face à l’autre, voire à des amants. Et pourtant ils se connaissent à peine.

Le silence s’installe, quelques instants. Juste le temps qu’il faut pour qu’elle le contemple dans un environnement tout autre, loin de son sérieux de général. Le même, mais avec un petit quelque chose de différent, tout de même. « Permettez-moi de vous retourner le compliment, général. » Il lui est sympathique également. Et pourtant, il est très différent du monde qu’elle fréquente habituellement.

Elle rit, légèrement, à la fin de son questionnement, lorsqu’il évoqua ce frère fictif dont elle avait déjà tout oublié. « Oh, lui. Avait-il seulement un nom ? » Elle a déjà tout oublié de cette partie de son mensonge. « La vie n’est, effectivement, pas tendre avec les demoiselles. Il n’y a pourtant aucun frère fictif dans mon ombre. Croyez-le ou non, je me suis donnée les moyens d’atteindre mes objectifs. Je n’étais peut-être pas seule, mais je ne le suis toujours pas. Il suffit de s’entourer des bons alliés. »

Elle sourit, sincère et malicieuse. « Pour ce qui est du reste…J’aime l’idée de garder une part de mystère. Peut-être qu’un jour je vous en apprendrais davantage sur moi. Peut-être. Mais nous ne nous connaissons pas encore assez pour que je vous dévoile mes secrets les plus profonds. » Elle passe une main dans les cheveux du blond, sans gêne, pour remettre en place une lèche de cheveux rebelle. « Et vous alors ? Vous me semblez un peu jeune, pour être déjà général. Votre talent seul vous a mené à cette place ? » Drôle de remarque pour une jeune femme qui a quelques années de moins que lui. Elle a bien plus l’habitude de voir de vieux généraux avec des cheveux blancs.



HRP : Disoulée j'avais perdu mon RP :10:
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«Je vois. Il est bon de garder une part de mystère, mais j'espère que la chute en vaudra la chandelle.»

Son regard se perdit brièvement sur l'oreiller.

«Vous me semblez plus jeune que moi, que je sache. Et, si vous voulez mon avis, nous sommes présentement dans la fleur de l'âge. Il n'existe point de meilleure période pour accomplir ses devoirs. Enfin.. Pour en revenir à mon ascension, je n'ai rien de bien extraordinaire à conter : mon talent, comme vous l'appelez, n'est que le fruit du travail d'une vie. De plusieurs vies. Pour diriger, que ce soit à l'échelle d'un pays, d'une armée ou d'un souterrain, il faut faire preuve de bon sens ; il faut savoir ce à quoi pensent vos subordonnés, tout autant que vos adversaires, et ci-fait, vous devenez en mesure de vous adapter.»

Le général accrocha à nouveau le regard de la jeune femme.

«Mais vous n'êtes pas sans savoir tout cela. Disons que, pour ma part, et compte tenu de ce passif, j'ai su faire usage de mes idéaux au bon endroit et au bon moment : quand la roue s'est mise à tourner, j'ai décidé de devenir un des principaux acteurs du destin plutôt que son simple spectateur, et c'est ce qui m'a valu, aujourd'hui, que j'occupe un poste si haut placé. Je passe les détails, bien évidemment.»

Il sourit, ces détails n'étaient, en réalité, pas si anodins qu'il ne le laissait penser.

«Encore aujourd'hui, je reste maître de mon environnement. Ce n'est pas de la fierté mal placée, ou même de la vanité : c'est simplement les faits, car contrairement à une grande majorité des individus, j'ai pris mon propre avenir à pleines paumes pour le modeler selon mon bon vouloir. Tout comme vous, n'est-ce pas ? Vous êtes de celles qui ne se laissent pas dominer par les événements. C'est peut-être d'ailleurs ce qui me plait chez vous.»

Bell leva légèrement la main, comme pour soutenir son discours.

«Je sais également que vous êtes femme à cacher vos innombrables talents. Mon instinct ne me trompe jamais pour ces choses-là. Si j'avais un rôle de libre, peut-être vous donnerais-je le commandement d'un peloton ? Peut-être même ferais-je de vous ma principale adjointe ! Vous seriez bien plus à votre aise à mes côtés que dans ces souterrains. Il est regrettable que votre oeuvre se soustraie ainsi au regard de tous.»

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Elle sourit, mystérieuse, amusée. Un jour, sans doute, lui conterait-elle son histoire. Et, elle n’a aucun doute quant au fait que cette vérité vaut le coup d’attendre. Elle se surprend même à avoir hâte d’observer les réactions du général lorsqu’elle lui contera cette petite histoire. Ou peut-être n’est-ce pas même elle qui le fera ? La tourne que prend les choses, en tout cas, l’amuse. Et elle a fort hâte que tout ceci évolue, dans un sens comme dans l’autre par ailleurs. Elle grimace, faussement vexée lorsqu’il est fait mention de son âge. Les femmes n’aiment pas que le sujet soit abordé, parait-il. Personnellement elle s’en moque. Elle ne connait pas l’âge du général, mais elle a en effet l’impression qu’il porte quelques années de plus qu’elle.

Il lui conte son histoire, vague au possible. Elle se persuade que pour elle aussi, les détails viendront plus tard. Ils ne sont très certainement pas si anodins que le général voudrait le laisser croire. Aucun détail n’est anodin dans une prise de pouvoir telle que celle-ci. « En effet. » Fini-t-elle par répondre. « Si l’on se contente de subir les évènements, ils nous écrasent, nous ensevelissent. Et il ne reste alors plus rien de nous. » Elle plonge son regard dans le sien. « Il faut savoir en prendre pleine possession de l’imprévu, s’en faire une arme ou même en devenir acteur. Il n’est rien alors que l’on ne puisse contrôler, que l’on ne puisse posséder. » Si ses ambitions l’avaient menée plus loin, elle ne serait peut-être pas même contentée de son poste actuel. Peut-être aurait-elle pu viser plus haut. « Peut-être que c’est exactement la même chose qui me plait chez vous. » réponds-t-elle finalement, volontairement vague, avec un sourire en coin dessiné sur le bout de ses lèvres.

« Mais, permettez-moi de vous reprendre, peut-être êtes-vous plus vaniteux que vous ne le pensez ? » Elle approche son visage de celui du général, sans jamais quitter son regard, et reprends. « Qu’est-ce qui vous fait dire que ma situation actuelle ne me conviens pas, et que je serais mieux à vos côtés ? Non pas que je n’apprécie pas votre compagnie, bien au contraire. Cependant…J’aimerais connaitre vos arguments. Comment compteriez-vous me convaincre de vous rejoindre, alors que je possède tant là-bas ? » Elle est curieuse, sincèrement curieuse de connaitre son argumentaire.
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Bell ;

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Nouvel aventurier

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«J'adhère à ces dires, pour une partie du moins. En effet, permettez-moi de vous contredire : il existe bien des variables que l'on ne puisse supplanter, car trop évasives pour être saisies. Certains êtres vivants sont comme ça ; plus précisément, les plus intéressants de nos congénères ne sauraient s'abandonner au bon vouloir d'une autre entité contre leur gré, car tout comme vous, tout comme moi, ils ont leur destin en main. Vous semblez confiante, Aelin, mais n'allez pas croire que vous pourriez tout contrôler. Me contrôler.»

Il marqua une pause.

«En ce sens, peut-être suis-je vaniteux, oui. Peut-être ne parviens-je pas à évaluer toute l'étendue de votre potentiel ? Peut-être même que je surestime ma propre capacité à rallier les foules. Mais là est l'erreur, car ce n'est pas de vous rallier à ma cause dont je parle, mais de vous faire participer à quelque chose de plus grand. Je m'explique : bien que l'armée nécessite ordre et discipline pour fonctionner, chaque soldat d'Ilmyde est, à mes yeux, une valeur supplémentaire dans la sauvegarde de notre pays. Ce sont des compatriotes, tout comme moi. Des camarades. Je ne m'entoure pas pour asseoir ma force, car le jeu des puissants, si je puis l'appeler ainsi, ne m'intéresse pas : je rassemble pour donner de l'ampleur à nos idéaux, car je suis homme à croire davantage en l'unité qu'en la force individuelle. Mes talents, appelons-les ainsi, et ma conception du destin, ne sont en réalité qu'un outil supplémentaire dans l'accomplissement de ces objectifs. Soyons honnête ; votre situation ne changerait pas, peut-être même perdriez-vous ce sentiment de liberté qui fait une partie de votre charme, mais en revanche, vous pourriez appartenir à une chose bien plus immense que votre personne seule : une cause soutenue par des milliers d'individus. Je ne doute pas de votre croyance, ceci dit, mais il y a un large fossé entre croyance et pratique : chaque bras mis à disposition de mon roi et moi est un avantage non-négligeable face aux temps sombres qui s'annoncent, et en ma qualité de général, qui serais-je pour négliger le moindre soldat ? Je me répète, mais je mise sur l'unité : la force Algiz est une déferlante dormante, qui, quand elle se réveillera, ira se fracasser sur les ennemis de Grayling pour rétablir le véritable ordre des choses. Chacun y trouvera son compte : ceux qui ont la foi, ceux qui voudront s'enrichir, ou ceux qui voudront protéger leur patrie, et à la toute fin, il n'y aura pas eu plus grand honneur que d'avoir fais changer le monde au nom d'un bel idéal.»

Bell sourit. D'un geste lent, minutieux, il alla frôler la joue de la jeune femme de son index.

«Mais n'ayez crainte. Je suis un homme ouvert, et je sais que, d'une façon ou d'une autre, vous trouverez un moyen de servir cette cause. Après tout, je ne puis détourner mes yeux de cette lueur d'obstination qui anime votre regard. Elle me hurle, silencieuse, que de cette unique manière ; je ne pourrais jamais vous faire plier. Mais vous êtes changeante, tout comme moi, et nous trouverons un accord. Un autre chemin. Je pense que, au fond de moi, je vous préfère comme cela : insaisissable et insoumise.»

Il lui adressa un regard plein de sens.

«Quoi qu'il en soit, nous aurons tout notre temps.»

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Aelin ;

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Neutre

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Elle écoute, patiente et attentive, les arguments et le point de vue du général face à elle. Si n’est question que d’unité, alors elle pourrait lui dire, lui confier qu’ils ne sont finalement pas si différents que cela et qu’ils sont dans le même camp. Elle pourrait reconnaitre que servir la cause d’Ilmyde reste sa priorité, malgré son choix d’aider à une ville meilleure dans les bas quartiers. Elle pourrait lui avouer qu’elle sert déjà une cause bien plus grande qu’il n’y parait. Mais elle ne dit rien. Un jour, peut-être, comprendra-t-il. Ou alors, elle le lui confiera, avec des mots, avec des gestes. Pour l’heure, sa lucidité lui laisse entrevoir une part de vérité : à accepter un tel poste, elle y perdrait une liberté et une facilité d’action auxquelles elle tient beaucoup trop.

« Ne vous êtes-vous jamais demandé quelle cause je pouvais bien soutenir ? » Elle sourit, malicieuse. « Peut-être que je partage votre point de vu, vos idéaux et vos rêves. Peut-être vais-je plus loin encore. Ou peut-être que nos objectifs diffèrent, qui sait ? » Faire planer le doute l’amuse, bien qu’elle se doute que le général n’est pas dupe sur son petit jeu. Ils ont passé fort peu de temps ensemble mais sans doute est-ce assez pour cerner les principaux traits de caractère de la reine du marché noir. Elle vient prendre la main qui caresse sa joue dans la sienne et repose sa tête sur l’oreiller, sans le quitter du regard. « Oui, nous finirons sans doute par trouver un accord. » murmure-t-elle finalement.  Elle n’en doute pas. Dans les grandes lignes leurs idéaux se ressembles. Ils ont simplement pris des chemins différents pour les atteindre.

Quelques mots sont encore échangés. Davantage des banalités tandis que l’horloge continuait de tourner. Le temps passa peut-être un peu plus vite qu’elle ne l’aurais cru et laissa, finalement, l’opportunité à la fatigue de les attrapes tous les deux. Leurs quotidiens chargés ne leur laissaient, après tout, que peu d’énergie une fois la nuit tombée. A-t-elle gardé sa main dans la sienne lors de cette discussion, puis, en se laissant bercer par les bras de Morphée ? Elle n’aurait su le dire. Mais en tout cas à son réveil, elle l’avait lâché.

Le soleil pointait à peine le bout de son nez. Elle s’extirpa des draps sans bruits et retourna à la salle d’eau pour remettre sur son dos sa robe, peut-être pas tout à fait sèche. Cela irait, au moins pour le trajet, se dit-elle en haussant les épaules. En revenant dans la pièce principale, elle attacha sa longue chevelure en un chignon plus discret. Elle osa un dernier regard sur le général endormi et sourit, devant tant d’innocence et de vulnérabilité. Elle s’en approcha, sans un bruit, et le contempla quelques secondes encore en passant une main dans ses cheveux blonds. A dire vrai, elle s’attendait à le réveiller, mais elle sous estimait visiblement son sommeil. Serait-il donc si aisé de le poignarder dans son sommeil ? Elle grimaça à cette idée, et déposa finalement un doux et chaste baiser sur son front. « A bientôt, général. » Murmura-t-elle. L’instant d’après la belle avait filé par la fenêtre. Il était à présent temps de tester la rigueur des soldats en poste pour la surveillance du matin. Une première pour elle, un nouveau défi qu’elle s’apprêtait à remporter haut la main.
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