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« The Queen and the Thief - Aelin »
Sohail ;

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The Queen and the Thief
Ft Aelin



Ses paupières se plissèrent légèrement quand il ressentit la douleur le lancer de nouveau. Il ne put s'empêcher de pester en continuant d'avancer, impuissant face à la situation à laquelle il faisait face. Bien qu'il estimait que sa tâche était finie et qu'il n'aurait rien pu faire de plus, avec ou sans cet handicap, il considérait que cette mission n'avait pas été entièrement accomplie, ou plus encore, que c'était comme une sorte d'échec. Il ne savait comment réagir face à ce sentiment de colère mélangé à de l'insatisfaction, cette vague de sentiments amers qui restait en travers de sa gorge et qui ne lui donnait que des sensations désagréables. Et ce sentiment n'était pas seulement pour lui-même, car, pour une fois, il n'avait pas fait ce travail juste pour lui-même, comme il le faisait à son habitude, mais bel et bien pour quelqu'un d'autre.

Il avait pris soin d'emprunter les rues les moins éclairées de la ville, quitte à faire un détour et à prolonger la douleur qui lancinait sa cheville. C'était bien plus prudent quand on voulait ne pas se faire remarquer de possibles poursuivants, ou même de regards indiscrets. Sa mission n'était pas des plus simples, et récolter des informations pour le compte de quelqu'un n'était pas chose aisée, puisqu'il fallait à la fois couvrir sa propre identité et couvrir celle de la personne qui avait demandé ces infos. Il préférait de loin ne pas se faire voir et tarder en continuant de boiter lentement le long des rues, plutôt que de se presser au risque d'y laisser quelques plumes. Par prudence, il tourna la tête pour regarder derrière lui et vérifier que nulle âme n'était présente, mais seul le silence répondit à sa question muette.

Il avait déjà été repéré par quelqu'un avant, mais son apparence de pauvre et de voleur de bas quartiers avaient fait office de bonne couverture, même s'il n'avait pas été reçu sans hostilité par ceux qu'il avait espionné. Et puis, il ne savait comment, dans sa fuite il s'était fait mal à la cheville, le faisant nettement ralentir. Il ne put s'empêcher de soupirer, toujours un peu agacé par la situation. Il ne savait pas si ces quelques événements allaient avoir des répercussions sur sa récompense, peut-être que son employeuse allait réduire la somme, après tout. Ce qui tournerait vraiment à son désavantage, lui qui allait prendre un moment de son temps pour se remettre de cette blessure... Levant la tête, il aperçut finalement le point de rendez-vous qui avait été fixé. Il ne savait pas vraiment comment elle allait réagir face au retard qu'il avait pris, et encore moins qu'en serait-il de lui. Il allait peut-être perdre un emploi après ça.

Il réajusta ses vêtements en y ôtant la poussière d'un geste de la main, puis fit un effort pour se tenir droit et masquer un tant soit peu sa fatigue. Il avança alors pour vraiment se montrer, les mains dans les poches, tâchant de marcher sans trop grimacer pour cacher sa douleur.





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Les enfants sont discrets, ce sont ceux dont on se méfie le moins. C’est le plus naturellement du monde que la reine du marché noir faisait donc appel à certains d’entre eux, de temps en temps. Bien consciente des risques, ils restaient cependant ceux qui étaient le mieux dédommagés. Hors de question pour elle de les exploiter…Disons plutôt qu’elle leur offrait une opportunité en travaillant avec elle. Il y avait des lieux sur lesquels elle ne pouvait envoyer que des enfants –parce qu’un gros type baraqué, ça aurait fait louche. Mais elle les gratifiait d’une belle récompense pour cela. Et, pour les enfants des bas quartiers, c’était beaucoup. Assez pour changer de vie, si les missions devenaient récurrentes. Elle n’aurait de toute façon pas assez d’une vie pour dépenser toute cette fortune acquise dans un commerce pas toujours légal.

Pour récupérer les informations demandées, elle se déplaçait généralement. On ne pouvait pas trop en demander, et puis il était parfois difficile de franchir les frontières, surtout lorsque l’on est un humain et que l’on désire entrer en Ilmyde. Elle s’était donc rendue, non sans mal, dans le royaume de Kireïde, où elle avait donné rendez-vous à un jeune garçon fort talentueux. A son humble avis, il avait un certain avenir dans le métier et s’il continuait ainsi elle pourrait même multiplier les contrats avec ce petit à la bouille d’ange.

Elle l’attendait, patiente, dans la ruelle où ils s’étaient donnés rendez-vous, prenant bien garde à ne pas se faire voir. Il était en retard. C’était le genre de chose qu’elle sanctionnait avec ses hommes, mais pour les autres elle avait appris à faire preuve d’un peu plus de souplesse, surtout avec les plus jeunes. Ils avaient encore le temps de grandir, de progresser, d’apprendre. Leur potentiel n’en était pas moins prodigieux, selon elle. Elle se doutait bien qu’une bonne raison l’avait retardé.

« Sohail ? » Elle ne s’était cependant pas attendue à ce genre de contretemps. En le voyant arriver, son cœur manque un battement, parce qu’irrémédiablement elle se dit que s’était de se faute. Réduisant rapidement à néant la distance qui les séparait, elle se pencha vers lui pour l’examiner de plus près. Ce n’était pas vital, mais cela n’en restait pas anodin pour autant. « Que s’est-il passé ? » Bien loin de l’employeuse en colère, elle ressemblait davantage à une grande sœur inquiète, sur l’instant. « Il faut soigner ces vilaines blessures… » Elle ne connaissait cependant aucun guérisseur dans le coin. Kireïde, c’était loin d’être la contrée qu’elle connaissait le mieux…
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Avançant vers le point de rendez-vous, il n’eut pas de mal à bientôt voir la jeune femme arriver, même si sa jambe avait toujours du mal à avancer. Il le percevait, l’expression de l’Algiz avait changé. Car Aelin était belle et bien cette employeuse un peu inattendue, car il n’avait pas envisagé le moins du monde qu’une des leurs osa mettre les pieds en Kiréïde après les derniers événements. Et pourtant, elle était bien là, et elle avançait vers lui, plutôt rapidement. Elle parvint rapidement à sa hauteur, et l’adolescent se mordit la lèvre, s’attendant à des reproches de la part de celle qui disait être la reine du marché noir Ilmydien. Il ne put retenir un sursaut de surprise, ne s’attendant pas du tout à ce que la femme se penche vers lui pour l’observer de plus près. Et même à voir de plus près, les traits de son visage démontraient de l’inquiétude. Il trouvait cette réaction étonnante. Un employeur n’agissait pas de la sorte, par habitude. Du moins, c’était ce dont il était persuadé, et il se souvenait aussi de ceux qui l’avaient recueillis et élevés, qui étaient loin d’être de bons samaritains, puisqu’ils avaient la manie de ramasser les enfants pour les changer en main d’œuvre dans le vol. Heureusement pour lui, il s’était vite éloigné d’eux, lorsqu’il en eut les moyens de le faire, et décida de faire cavalier seul un bon moment.

Du moins, jusqu’à ce que voler ne suffise plus et qu’il du trouver un nouveau moyen de subsistance. C’était là qu’intervenaient quelques employeurs par ci par là, puis il avait fini par connaître Aelin par le biais d’une connaissance. Il ne la connaissait pas vraiment, bien qu’il ait déjà rendu quelques services, et qu’elle en était satisfaite, puisqu’elle lui redemandait régulièrement quelques tâches.

-Ca va, c’est rien, ça va passer, y’a rien de grave…

Une courte phrase lancée d’une petite voix, rapidement, gêné par la situation. Elle n’avait pas à se faire de souci comme ça, ça en devenait un peu embarrassant. A vrai dire, ça le touchait un peu, positivement, qu’elle lui accorda plus d’attention que celle qu’un employeur ordinaire lui donnerait, qu’elle s’inquiète pour sa santé alors qu’il n’y avait rien à craindre. Il se demandait si elle traitait de la même façon le reste de ses employés, et si cette inquiétude était franche, ou si ce n’était qu’une façade. Dans tous les cas, il se sentait un peu gêné, et rapidement, il décida de changer la conversation, enfin, plutôt de remettre sur table le véritable sujet de cette rencontre, c’est-à-dire à la toute première question qu’elle lui avait posé :

-J’ai pu les suivre et les écouter comme tu l’as demandé, je pense en avoir saisi le plus important. Mais l’un d’eux a fini par me remarquer. Mais j’ai pu filer, ils n’ont pas vu mon visage, je crois.

C’était l’essentiel de ce qu’il avait à lui dire. Elle n’avait pas à savoir qu’il s’était foulé la cheville tout seul en courant, parce que cela sonnait totalement stupide pour une personne qui se voulait être professionnelle. Aelin n’avait plus qu’à mettre ce détail sur le compte de celui qui l’avait vu, et c’était tout. Alors qu’il pensait être parvenu à noyer le poisson concernant la question des blessures, il se sentit commettre la maladresse de mettre du plus de son poids sur le pied qui était blessé, et dans un élan de surprise et de douleur, il ne put retenir un gémissement des plus pathétiques.





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Elle n’était pas empathique. Beaucoup de ses hommes n’étaient rien de plus que des contrats, des échanges de bons procédés qui convenaient ainsi à tout le monde. Si elle avait eu le luxe, durant ses premiers échanges, d’apprendre à connaitre les gens avec qui elle travaillait, d’apprendre à les apprécier ou non, tout s’était enchainé tellement vite que ce n’était plus possible, même si l’envie était là. Jamais elle n’aurait cru prendre autant d’ampleur dans ce mon sombre, et voilà qu’elle en était devenue une sorte de reine. Elle ne pouvait pas s’inquiéter pour tout le monde, parce que ce n’était simplement physiquement pas possible. Mais il y avait un minimum, et face à elle ce n’était pas qu’un contrat. C’était un enfant. Un enfant qui avait pris cette voie pour des raisons qui lui étaient propres, mais elle soupçonnait que, comme tous les enfants, il n’aurait pas de quoi vivre sans ce type de contrat –qu’il les passe avec elle ou un autre. Les enfants ne devraient pas être contraints de vivre ainsi.

Avec lui, comme avec les autres de son âge, elle était différente. Plus attentionnée. Elle se voyait davantage, peut-être, comme une sœur que comme une véritable employeuse. Malgré les mots détachés de l’enfant, elle ne le quittait du regard, cherchait des blessures qu’elle n’aurait pas pu voir aux premiers abords, mais cela ne semble pas être le cas. Il semblerait qu’il n’y ait rien de grave et c’est déjà ça. Intérieurement elle se calme un petit peu.

Son coté professionnel reprend le dessus et il lui raconte sa mission dans les grandes lignes. Elle ne peut prétendre que cela ne l’intéresse pas, bien au contraire. Elle l’écoute, attentive, s’en veut un peu au moment où il explique qu’il s’est fait remarquer. Elle espère qu’il ne s’est pas fait voir, oui, parce qu’elle ne voudrait pas qu’il commence à avoir des problèmes pour ses propres affaires. Elle était prête à reprendre, le questionner sur les informations qu’il aurait pu récupérer, mais il grimaça et gémit à cause de la douleur. « J’écouterais ton rapport sur leurs activités lorsque l’on se sera occupés de ça. » Ce n’était pas une question, ce n’était pas négociable.

En l’aidant à se déplacer elle le conduit jusqu’à la première personne capable de le soigner qu’elle rencontra. Ce n’était pas une mage curative, mais une petite boutique d’herboriste qui ferait très bien l’affaire en attendant. Elle salua la tenancière de la boutique rapidement avant d’expliquer son problème. « Mon cousin s’est tordu la cheville en courant et il est tombé. Vous pouvez faire quelque chose pour lui ? » Elle paierait, bien entendu. En plus de lui verser sa rémunération pour la mission. C’était normal en son sens, car c’était bien pour elle qu’il en était arrivé là.
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Il aurait bien souhaité couper court à cette histoire de blessure, cependant, le ton de la voix d’Aelin se fit intransigeante quant à sa volonté de le soigner. Il ne savait pas s’il devait lui être reconnaissant de tant vouloir lui venir en aide ou s’il devait se sentir mal à l’aise de voir son employeuse en faire autant pour sa poire. En tout cas, l’air déterminé et autoritaire qu’elle arborait ne laissaient aucune ouverture quant à des protestations, ou ne serait-ce même que d’étaler la discussion. Il ne broncha pas quand elle décida de l’aider à marcher, à vrai dire c’était même un soulagement d’avoir un peu d’aide quant à sa jambe qui était devenue un véritable fardeau à tirer partout où il se dirigeait. Cependant, il n’allait pas avouer cela à l’algiz, toujours gêné par la tournure de la situation. D’ailleurs, il n’osa pas la regarder en face jusqu’à ce qu’ils se dirigent enfin vers une boutique d’herboriste qui sembla répondre aux goûts de la reine du marché noir.

La tenancière ne réagit pas au mensonge de son employeuse, même si la jeune femme et lui n’avait rien en commun – physiquement du moins – et que l’adolescent n’avait aucune idée de s’il avait une cousine, un cousin, ou ne serait-ce qu’une famille qui partageait le même sang que le sien. Sohail s’installa finalement sur une chaise qui était à disposition, laissant ses jambes se tendre et se soulager du poids de son corps. Il lui vint une sensation de légèreté à ce moment là, d’apaisement, et il sentit les muscles de son corps se détendre petit à petit. Il leva ensuite la tête vers la jeune femme aux cheveux roses, profitant de l’absence momentanée de l’herboriste qui allait quérir les plantes dont elle avait besoin dans ses réserves :

-Tu n’aurais pas du me ramener ici, c’est une perte de temps et d’argent. Et puis, je suis plus robuste que j’en ai l’air, j’peux m’en remettre en un rien de temps.

Il lui avait dit cela pour qu’elle cesse de s’inquiéter de son sort et qu’elle évite de prendre ce genre d’initiatives – ou plutôt de donner ce genre d’ordres – à l’avenir. Du moins, ça avait sonné comme cela quand il y avait pensé. Cependant, une fois que les mots étaient sortis, prononcés ainsi, ça lui donnait l’amère impression que les paroles sonnaient comme celles d’un sale gamin ingrat face à l’aide qu’on lui apportait. Il regretta ses dernières répliques, détournant le regard quelques instants, cherchant un moyen de se rattraper sans être trop écrasé par cet instant que culpabilité, ou le possible regard noir d’Aelin. Cherchant ses mots, il ne trouva finalement rien à dire en particulier, rien à part de simples mots, qui auraient du être les premiers mots à dire :

-Merci. C’est gentil, c’que tu fais. Ça ne m’arrive pas souvent.






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Elle avait menti, oui. C’était une seconde nature, chez elle, de trouver ainsi des petits mensonges qui justifiaient sa présence ici et là. C’était gros, ils n’avaient physiquement rien en commun et ça, n’importe qui aurait pu s’en rendre compte. Mais elle n’avait pas vraiment l’air de l’avoir remarqué, ou alors, elle s’en fichait royalement, ce qu’Aelin pouvait également comprendre. Dans le fond, tant qu’elle menait à bien son petit commerce et qu’elle était payée, elle devait bien se ficher de connaitre la vie de ses clients. D’autres ne sont pas comme ça. D’ailleurs, elle ne supporte pas ceux qui se sentent obligés de faire la conversation à leurs clients.

La brave femme quitte la pièce, sans doute pour aller chercher ce dont elle a besoin, et Sohail s’installe sur une chaise, position qui doit lui être bien plus confortable d’un seul coup. Elle le contemple, ses traits se sont apaisés et c’est toujours ça de pris. Elle hausse un sourcil à sa prise de parole. Elle a d’abord l’impression qu’il n’apprécie pas l’attention qu’elle lui porte. Si ce n’est que ça, il n’y a pas de problème. S’il n’aime pas ça, si ça le met mal à l’aise, elle tâchera de ne plus le refaire. C’est ce qu’elle se dit dans un premier temps.

Mais peut-être était-il finalement peu habitué que l’on prenne soin de lui. Il reprend la parole, pour la remercier, et elle lui adresse un sourire tendre, comme aurait pu le faire une véritable cousine de sang, ou une grande sœur. Sa main vient se poser sur le sommet de son crâne, et elle lui ébouriffe gentiment les cheveux. « Pas de quoi, c’est normal. Et ne t’en fais pas pour l’argent, ça n’affectera pas ta rémunération. » En son sens, s’il s’est blessé lors de la mission qu’elle lui a donné, c’est un peu de sa faute, c’est donc à elle de réparer les dégâts, ou du moins de payer pour les faire réparer.

La propriétaire de la boutique revient finalement et applique un baume sur la cheville lésée de Sohail. Elle fait son travail, purement et simplement, mais Aelin a cette impression qu’elle n’aime pas vraiment son travail, qu’elle ne le fait que pour avoir de quoi vivre. Oh, elle ne saurait en être certaine, mais le fait qu’elle n’ai aucunement l’air gaie et qu’elle ne pipe mot le lui fait penser, simplement. Elle se redresse finalement, toujours pas un mot. « Est-ce que ça te soulage un peu ? » demande finalement Aelin. Certes, elle n’aime pas quand on vient lui faire la conversation pour rien, mais il y a un minimum à faire, tout de même.
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Il la regarda encore quelques secondes, gêné, puis détourna le regard. Il ne s’attendait pas à plus de réactions de la part de l’employeuse, et encore moins comme ça. Il fut surpris lorsqu’elle lui sourit plus comme l’aurait une sœur que comme l’aurait fait celle qui embauche, et encore plus quand elle posa une main sur sa tête pour lui ébouriffer les cheveux. Il la regarda d’un œil étonné, tentant de saisir les intentions de la femme, de savoir ce qui se cachait derrière. Pourtant, il ne voyait aucun vice dans les yeux de l’algiz, et y percevait même de la bonté. Plus surprenant encore, elle lui assura même que ses soins ne seraient pas déduits de sa paye. Il se demandait même si en cours de route il s’était peut-être évanoui et qu’il ne l’avait jamais rejoint, et que toute cette histoire n’était qu’un rêve. Pourtant, cela était bien vrai, cette femme n’avait l’air de ne lui vouloir que du bien. Reconnaissant, il lui sourit, content de savoir qu’Aelin était aussi généreuse.

L’herboriste arriva finalement, avec un baume. Elle s’approcha de lui dans un silence de mort, et le lui appliqua, sans dire un mot, ou quoi que ce soit. Le silence ne le gênait pas vraiment, même s’il trouvait le comportement de cette femme étrange. Quoi que, après tout, il en avait vu, des visages, des visages bien pires que celui qu’elle affichait, alors au fond, cela ne l’inquiétait pas tellement, et c’était même tant mieux qu’elle ne pose pas de questions. Moins elle en savait, mieux c’était. Le silence devenait cependant pesant à mesure que le temps passait, et quand la femme eut terminé son travail, elle se redressa, toujours muette comme une tombe. Aelin osa finalement rompre le silence, lui demandant s’il se sentait mieux. Et bien, il était temps de le savoir. Il plia d’abord les genoux pour être dans une position assise sur la chaise, cessant de tendre les jambes, puis se leva lentement. Sa jambe lui paraissait moins lourde, et il sentait la douleur s’apaiser un peu. Et pour lui, c’était déjà beaucoup, sachant qu’au départ il n’espérait pas recevoir des soins de quiconque. Relevant la tête, il hocha la tête pour répondre à la jeune femme :

-Oui, ça va déjà mieux.

Il ne savait pas vraiment s’il devait s’adresser ou non à l’herboriste pour la remercier. Un peu de politesse ne faisait pas de mal de temps en temps, mais lui n’y était pas vraiment accoutumé, et avait l’habitude de garder une certaine négligence dans ses relations. Et cette femme n’avait pas l’air très ouverte aux conversations. Il préféra garder le silence, rejoignant Aelin, la laissant s’occuper de payer les frais, avant de quitter la boutique. Maintenant, ils pouvaient retrouver tout leur sérieux, et retourner dans le vif du sujet :

-Que veux-tu savoir en premier ?





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Le jeune homme se lève, suite à la question de la demoiselle aux cheveux roses, et fais quelques mouvements afin de voir si le baume fait réellement effet. La tenancière de la boutique, d’ailleurs, ne bouge pas d’un pour, attendant très certainement sa rémunération. Il faut reconnaitre qu’Aelin détient une petite fortune à présent. Ce n’est pas pour autant qu’elle accepte de payer la femme avant d’entendre Sohail annoncer qu’il va déjà mieux. Elle peut d’ailleurs remarquer sur ses traits que les grimaces ne sont plus présentes, ou très peu. Alors seulement elle paye la femme pour son travail et son baume. Elle leur tourne le dos et s’éloigne sans demander son reste. Bien étrange comportement pour une commerçante, mais qu’importe.

Avec son petit espion elle quitte la boutique. Ce n’est qu’une fois à l’extérieur qu’il se risque à lui poser une question. Elle regarde tout autour d’elle et s’assure qu’il n’y a personne dans les parages. Un peu plus loin elle aperçoit un banc et le désigne au blessé. Ce n’est pas parce qu’il va mieux qu’il ne faut pas qu’il laisse le temps à cette pauvre cheville de se reposer. « Allons-nous asseoir. » Elle s’y dirige déjà, lentement. Attentive aux entourages ; depuis combien de temps est-elle si méfiante de tout ? Elle suppose que tout cela est venu naturellement alors que son « empire » grandissait. Elle ne s’est pas vue changer.

Elle s’installe sur le banc, à côté du jeune homme. Elle en profite pour lui tendre le reste de baume. « Combien sont-ils ? » Elle avait entendu parler de cette petite organisation qui commençait à prendre de l’ampleur en ces lieux. Elle n’était pas fort craintive de la concurrence, surtout pas dans les contrées voisines, mais ceux-ci avaient eu le malheur de s’en prendre à un Algiz. Hors de question pour elle de laisser passer ça. Elle ferait justice, dans l’ombre. Le contexte le lui réclamait. « As-tu pu découvrir l’emplacement de leur planque ? » Avant d’agir, elle avait besoin d’informations. Ne pas agir à l’aveugle. Jamais.
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En entendant sa question, la femme tourna d’abord la tête pour regarder autour d’eux, guettant s’il y avait une présence aux alentours qui pourrait leur être gênante. Lorsqu’elle fut assurée qu’il n’y avait pas âme qui vive, ils marchèrent encore le long de la rue, jusqu’un banc où ils purent s’asseoir. Et même si la douleur était bien moins forte, elle était toujours présente au niveau de sa jambe, et Sohail fut plutôt content qu’ils puissent se poser, même s’il ne voulait pas ouvertement l’admettre devant l’algiz. Une fois confortablement assis, elle lui tendit le baume, qu’il prit en la remerciant d’un signe de tête, ne voulant pas mettre fin à l’atmosphère sérieuse qui s’était enfin installée entre eux.

La première question arriva bien rapidement, et Aelin lui demanda combien ils étaient. Même si la scène était encore toute fraiche dans son esprit, le jeune voleur tint à d’abord réfléchir et se remémorer les lieux dans sa tête pour éviter de dire quelque chose de travers ; il tenait à bien faire son travail, pour ne pas perdre leurs temps à lui et la renarde. Il se concentra quelques secondes de plus, puis finalement répondit :

-Ils étaient trois à discuter, et cinq autres surveillaient les alentours. Je pense que les trois sont les meneurs, ils parlaient de leurs affaires.

Il pensait bien que les trois ne devaient pas être les seuls membres principaux du groupe, mais le voleur ne comptait pas les gros bras parmi les principales menaces, sûrement ne devaient-ils pas être au courant du plus important dans les affaires des leaders. Aussitôt, la seconde question vint juste après que la première trouva sa réponse. Elle lui demandait s’il avait pu trouver le repère du petit groupe. Même si cela était dur à admettre, il secoua négativement la tête, avant de lui répondre de vive voix :

-Non, mais je pense pas qu’elle est loin de l’endroit où ils étaient.

Ils avaient du prendre quelques précautions nécessaires pour ne pas être trouvés du premier coup, mais Sohail pensait qu’ils étaient encore des amateurs en la matière. Une exploration plus poussée et ils n’auraient aucun mal à trouver la planque.





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Elle lui laisse, bien entendu, le temps de réfléchir un peu à la question qu’il vient de lui poser. A sa place, elle aurait fait de même. Elle a d’ailleurs été à sa place il y a de cela quelques années en arrière. Avant d’obtenir cette notoriété qui a fait d’elle la reine du marché noir, la maitresse des informations. A cette époque elle travaillait pour un type qui s’appelait Marcus. Elle ne sait d’ailleurs pas ce qu’il est devenu aujourd’hui. Sans doute n’aurait-il pas apprécié qu’elle devienne reine du marché noir, elle, la pauvre petit fille qui travaillait pour lui à une époque, s’il était encore dans les parages.

« Trois meneurs et cinq sous-fifres… » Susurre-t-elle davantage pour elle que pour Sohail. Elle prend le temps d’y réfléchir…Si ces trois hommes sont vraiment des meneurs il doit y en avoir d’autres. Peut-être que certains se chargeaient de diverses missions. Cela serait étrange, de toute façon, qu’ils se retrouvent tous au même endroit au même moment. « Est-ce que tu as entendus des brides de conversation sur leurs affaires ? S’ils marchandent, commettent des meurtres ? » Plus elle en saura et mieux elle sera préparée pour faire face à cette menace.

Leur planque ne devait, selon les dires de son informateur, pas être très loin de l’endroit où ils se sont retrouvés pour parler de leur plan. Oui, cela avait du sens, même si aucune certitude n’était faite. « Où était-ce ? » Elle n’a, après tout, aucune idée de l’endroit où il a pu les espionner. « J’irais faire des recherches moi-même. Je crains que l’endroit ne soit assez dangereux…Je ne vais pas te faire prendre des risques inutiles pour des affaires qui ne regardent que moi. » Elle lui adresse un léger sourire. Il l’a déjà beaucoup aidée en jouant les espions pour elle.
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La jeune femme était prudente, elle écoutait l’adolescent parler, prenant acte des informations données avec beaucoup de sérieux. Contrairement à certains employés qu’il avait pu rencontrer avant, l’algiz avait l’air de vraiment le prendre au sérieux, et c’était tant mieux. Il avait pu en rencontrer certains qui se permettaient de remettre en question les informations qu’il avait pu glaner, ou alors se retrouvaient insatisfaits de ce qu’il pouvait avoir. Comme si espionner autrui était une affaire simple. Les fins connaisseurs savaient que cela n’était pas aisé, et que le moindre détail pouvait être une perle une fois réunie avec les autres morceaux d’informations trouvés par ci par là. Aelin avait l’air de s’y connaître, ne se plaignant pas des informations qui n’étaient pas aussi précises qu’elle ne les aurait souhaités. Toujours sérieuse, la jeune femme lui demanda quelles étaient leurs activités. Là-dessus, il n’avait pas à réfléchir longtemps, les souvenirs de leurs conversations refaisaient surface aussi clairement qu’elles ne l’avaient été au moment où elles furent prononcées.

-Ils parlaient d’une cargaison en provenance d’Asmosa, vu comme ils avaient envie de la pister à la trace, je pense qu’ils veulent la prendre en embuscade et piller les marchands.

Elle lui demanda ensuite l’emplacement de leur repère, et là-dessus, il se concentra pour retrouver ses repères dans la nuit, remontant mentalement le chemin qu’il avait parcouru, comme s’il remontait ses pas, jusqu’à ce que lui revienne en mémoire le lieu où il s’était trouvé. Se remémorant l’endroit et les lieux alentours, lui vint une image dans la tête, une image claire dans son esprit et qui serait familière pour quiconque repasserait dans les environs.

-C’était dans un entrepôt, à l’angle d’une auberge qui avait un nom avec «Jasmin» dans son enseigne.

La jeune femme ajouta tout de suite après qu’elle ne devrait pas l’impliquer plus que ça et continuer ses recherches d’elle-même. Un moment il plissa légèrement les yeux, se disant que sans cette blessure, il aurait pu faire bien mieux que ça, et même si cela était risqué, il se sentait un peu déçu de ne pas pouvoir en faire plus, sentant comme si son travail n’avait pas été accompli comme il le fallait. Il ne put s’empêcher de répondre, haussant les épaules :

-Tu en es sûre ? J’peux toujours donner un autre coup de main, si tu en as besoin.

Il tenait à faire un meilleur travail, même si avec cette jambe, cela paraissait être au dessus de ses moyens.





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Peu acceptent d’employer des enfants. Il y a ceux qui ont des soi-disant états d’âmes (où est le mal à leur donner un travail qui les aidera à subvenir à leurs besoins ?- et ceux qui trouvent qu’un enfant n’est pas assez qualifiés. Tous ceux-là ne savant vraiment pas ce qu’ils perdent. Aelin ne fait pas appel à beaucoup d’entre eux, car elle a déjà ses hommes sur la plupart des terrains. Mais elle est ravie de l’efficacité du peu d’enfants avec qui elle travaille. Sohail en particulier est un élément avec lequel elle a grand plaisir à travailler. Elle n’est pas sure qu’elle aurait pu avoir ce genre d’informations avec quelqu’un d’autre. Il faut savoir adapter son personnel aux missions confiées.

Elle se demande bien ce qui peut intéresser ces bandits dans la cargaison qu’ils projettent de piller. De source sure, elle sait que leur but final est de s’en prendre à des Algiz. Il y a-t-il des armes ? Ou simplement de quoi s’offres hommes et équipements ? Dans tous les cas, elle ne peut pas les laisser agir…et puis on ne sait jamais, peut-être que quelque chose pourra également l’intéresser elle dans cette cargaison. Il ne faut jamais se fermer de porte.

Elle note dans un coin de son esprit les informations qu’il lui donne au sujet de cet entrepôt et de l’auberge. Elle ne connait pas bien les lieux mais pourra toujours jouer les pauvres demoiselles perdues et retrouver l’endroit assez facilement. Il est aisé de jouer la comédie pour manipuler les gens, depuis qu’elle l’a appris cette méthode a été utilisée plus d’une fois pour qu’elle parvienne à ses fins. Elle lui sourit finalement. « Oui, je suis sûre. Ton travail était de me rapporter des informations, et j’en ai plus qu’il ne m’en faut pour m’occuper de ce petit problème. Maintenant il faut que tu soignes ta cheville pour être de nouveau efficace le plus vite possible. » Elle lui adresse un clin d’œil.

Enfin, elle sort d’une de ses poches une petite bourse bien garnis, qu’elle donne au jeune garçon. « Ne t’en fais pas, nous nous reverrons très bientôt. » Il est doué. Bientôt, elle ne pourra presque plus se passer de lui. «[color=plum Prend soin de toi.[/color] »Lui dit-elle finalement avant de se redresser et de se mettre en quête de cette fameuse auberge.


HRP : On peut cloturer je pense non ? :3
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Sohail ;

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The Queen and the Thief




Il avait toujours ce sentiment que quelque chose manquait dans son travail, que l’incident aurait pu être largement évité, qu’il pouvait faire mieux que ça. Il lui était déjà arrivé de pister d’autres personnes de ce genre, et jamais il ne s’était fait repéré aussi aisément. Une autre voix quelque part dans sa tête lui disait que peut-être était-ce eux qui étaient plus doués qu’ils ne le paraissaient. Peut-être les avait-il sous estimé, finalement ? Il tourna la tête vers Aelin, qui prenait soin de se remémorer mentalement les informations qu’il venait de lui donner. Elle était intelligente et prudente, nul ne doute qu’elle y arriverait mieux que lui avec les moyens qu’elle avait. Après tout, elle était même son employeuse, donc, il était en soi, l’un des moyens qu’elle gardait à sa disposition. Un coup d’œil de biais et il voyait une femme sûre d’elle, qui avait déjà quelques idées derrière la tête. Cela ne le surprit pas, si elle engageait des espions et bien d’autres mains d’œuvre des domaines les moins propres, c’était que son esprit ne cessait d’avoir des idées fourbes pour tromper ses ennemis. Ce que Sohail ne considérait pas comme un défaut, puisqu’il lui arrivait bien souvent de devoir user de ruses pour se sortir de quelques problèmes.

C’est avec un sourire confiant qu’elle lui dit qu’il avait réalisé son travail et qu’elle allait maintenant prendre le reste en main. Au fond, il savait qu’elle y arrivera très bien d’elle-même, et qu’il ne serait dans cet état rien d’autre qu’un fardeau en plus. Quand elle lui adressa un clin d’œil, il répondit avec un sourire, tout en hochant la tête. Même s’il avait du mal à l’admettre, Aelin avait raison. Il devait se reposer et se remettre sur pieds. Il prit la petite bourse qu’elle lui tendit en la remerciant, et la rangea à sa ceinture. Il n’aurait pas à se faire de soucis pour son argent pour un petit moment, vu le poids qu’elle pesait. La renarde lui dit ensuite qu’ils se reverraient bien vite, et cela réjouissait le jeune voleur. Il aimait travailler pour cette femme, même si elle n’était pas une humaine, parce que toutes ces différences ne lui semblaient pas être importante. Et elle travaillait honnêtement, même si son travail était malhonnête aux yeux de la loi. Mais qui était-il pour juger de cela ?

-Toi aussi, fais attention.

Quand elle se leva pour quitter les lieux, prenant la direction d’où il était venu, il la regarda quelques secondes s’éloigner, avant de se lever à son tour et partir de son côté.

[HRP : Oui, finissons le ainsi ! :3 ]





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